Vendredi - 10 Juillet 2020

Paul Oliver / Pilier droit au Rugby Olympique Agathois


Photo Une Paul Oliver

Un jour qu’ils survolaient Nîmes, les Dieux du Rugby se penchèrent sur le berceau de cet homme qui venait de naître juste face aux Arènes, et c’est à ce moment précis qu’ils scellèrent son destin…

Et comme ça fait belle lurette que les Romains ont déserté la Cité Gardoise, ce n’est pas pour la carrière de gladiateur que Paul Oliver fut programmé, mais pour celle de rugbyman… Même si d’aucuns peuvent voir certaines similitudes entre ces deux activités, surtout quand elles concernent la tête de mêlée ! Si c’est à Cécile que revint la charge de lui faire faire ses premiers pas sous le maillot « Vert & Rouge » du R.C. Nîmes, c’est à Béziers que Paul prit son envol, jusqu’à connaître l’honneur dans ses jeunes années d’entonner la Marseillaise habillé du Maillot Bleu de France… Quelques années, plus tard, c’est sur un bord de touche Valentinois, sous le maillot du ROC cette fois, qu’il fera une magnifique rencontre, dont l’aboutissement vient de prendre corps il y a peu sous le nom de Juliette. Aujourd’hui, c’est à Agde, que le jeune papa pousse en mêlée, dans cet Hérault qu’il affectionne tant, entouré de ses potes avec qui il danse le Mia. Car pour lui, le rugby est avant tout une affaire d’amitié… Merci Paul !

 

Bonjour Paul… Ca c’est passé comment, le jour où pour la première fois tu as posé le pied sur la Planète Rugby ?

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Paul, à l’ère « prérugbystique » !

Je suis né à Nîmes, face aux Arènes, et c’est à 6 ans que j’atterris au Rugby Club Nîmois… A dire vrai, j’avais d’abord commencé par le foot, où j’avais suivi mes copains de l’école Charles Martel, avant qu’une méchante fracture au coude en pleine récré ne mette un terme à ma relation avec le ballon rond… Mon père, Thierry, ancien 3ème ligne dans sa jeunesse nîmoise, sautera sur l’occasion pour, dès ma blessure guérie, me guider vers le rugby… Le ballon ovale et moi, on ne va alors plus jamais se quitter, et aujourd’hui, ça fait 21 ans que ça dure !

 

 

Alors, depuis ces premiers pas dans l’arène nîmoise, quel chemin as-tu suivi sur cette planète ovale ?

 

logo rc nimesJe rentre donc au RC Nîmes en mini-poussin, et je me souviens parfaitement du premier jour où je suis arrivé à La Bastide, là où les jeunes rugbymen nîmois s’entraînent. C’est ma mère, Pascale, qui m’accompagne pour cette « première », et nous faisons la connaissance de Cécile Rouillon, qui sera mon éducatrice pendant mes premières saisons. On est plusieurs gamins à débarquer ce jour-là à l’école de rugby, au début tous plus timides les uns que les autres parce qu’on ne se connaît pas… Jusqu’au moment où Cécile nous mette un ballon dans les mains et que la « magie ovale » n’opère… Bien des années plus tard, beaucoup de ces gamins-là font aujourd’hui partie de mes meilleurs amis, comme Axel Chay (il a joué à Aix-en-Provence), Thibaut Bisman (actuel ½ de mêlée d’Albi), ou encore Bastien Villaret (revenu au RC Nîmes après avoir joué à Carcassonne).

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Mini-poussins 1996 du RC Nîmes : Paul est debout au 3ème rang, tout à droite. Cécile Rouillon est tout en haut à gauche.

 

Cécile est une vraie « mère-poule » pour les poussins que nous sommes à l’époque… Elle nous emmène aux entraînements, elle nous entraîne, elle organise nos goûters, elle nous emmène aux matchs… Bref, elle nous aide de belle manière à faire nos premiers pas dans ce monde merveilleux du rugby que nous découvrons.

En Benjamins, c’est Michel Escach, un Catalan, qui nous entraîne, et en Minimes Jean François Mauhourat et Cédric (dont je ne me rappelle plus le nom !) prennent le relais. C’est une époque formidable… On entre dans l’adolescence, et je me souviens qu’on partait tous ensemble à l’entraînement… On faisait le tour des collèges où on se filait rencard, et au fil des minutes, le troupeau grossissant, on prenait tous ensemble la direction du stade où on arrivait en meute.

Si aujourd’hui je joue en première ligne, figure toi que gamin, j’ai débuté comme… n° 10 ! A l’époque, j’étais toujours plus grand et plus costaud que les autres, et c’est moi qui courais le plus vite et qui avais le meilleur jeu au pied (ndlr : info à vérifier auprès de ceux qui ont partagé l’histoire…)… C’était suffisant pour que les coachs me fassent jouer tantôt devant, tantôt à l’ouverture… Jusqu’au jour où le poids m’ayant rattrapé, je ne sois définitivement fixé devant !

 

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Thomas Carré sonne la charge des Benjamins Nîmois… Paul (le plus grand en 2ème rideau) est au soutien !

 

Lycée jean moulin béziersEn Minimes, je suis pris dans la Sélection Départementale du Gard, et à cette occasion je suis repéré pour passer les tests d’entrée au Pôle Espoirs de Béziers, où je suis accepté comme pilier. Je suis Cadet 1ère année, et je vais là-bas en compagnie de Bastien Villaret, qui lui joue centre ou arrière. La semaine, je suis interne au Lycée Jean Moulin de Béziers, et le week-end, je suis chez des collègues de l’équipe qui me logent.

 

Cote de boeu - Fotolia_43787124_XSJe suis coaché par Abraham Tolofua, qui s’occupe des avants, tandis que Jean-François Estaque, alias « Jeff », s’occupe des arrières. En arrivant à Béziers je rencontre bien sûr plein de nouveaux potes, et je suis particulièrement bien accueilli par Arnaud Boutonnier (¾ centre) et sa famille, qui m’héberge bon nombre de week-ends… Je dois dire que j’ai adoré aller chez eux, car les Boutonnier, outre leur gentillesse, ont la bonne idée d’être une famille de bouchers, installée à Lignan-sur-Orb, un village situé à moins de 10 kms au Nord-Ouest de Béziers… Autant te dire que chez les Boutonnier, outre l’accueil, la table est… Excellente ! Je profite de ce Portrait « Puissance 15 » pour leur adresser un gros clin d’œil et les remercier encore de leur hospitalité durant mes jeunes années biterroises.

 

Logo as beziers héraultC’est à cette époque que je rencontre également Guillaume Gleizes, chez qui je vais aussi souvent le week-end… Pierre, son père, sera plus tard un de mes entraîneurs emblématiques.

Je ferai un 8ème de Finale du Championnat de France avec les Cadets de Béziers, qu’on perdra contre La Voulte après avoir éliminé Grenoble et Colomiers… Ironie de ma propre histoire de rugby, quelques années plus tard, lorsque je signerai au R.O.C. (ndlr: club issu de la fusion de La Voulte et de Valence), je jouerai avec certains de ces Voultains qui un jour m’avaient battu en Cadets… Et ils ne se sont pas privés de me chambrer à ce sujet durant les 3 années que j’ai passées là-bas… Un en particulier… Ludovic Allègre !!

 

logo comité languedocEn Cadets 2ème année, je participe aux Sélections Régionales avec le Languedoc Roussillon, et j’ai la chance d’être pris en Equipe de France -16 pour aller disputer le Tournoi de Millfield, en Angleterre, une sorte de Championnat d’Europe pour cette catégorie d’âge. Je joue pilier droit, et mes compagnons de 1ère ligne sont Mathieu Giudicelli (actuel pilier droit du Biarritz Olympique), Mickaël Ivaldi, et Anthony Maury (pilier gauche à Nevers). Dans cette équipe on retrouve aussi Kevin Gourdon et Jérémy Sinzelle… Tous 2 Rochelais aujourd’hui.

 

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2008 : Paul porte le Maillot Bleu des -18

En 1ère année Crabos, je suis toujours au Pôle Espoirs de Béziers, et je suis entraîné par Diego Minarro (ancien talonneur de la grande époque de l’AS Béziers), Eric Motta et Pierre Beixera. Si on n’a pas des résultats extraordinaires en équipe (on n’arrive pas à sortir des poules pour se qualifier!), je suis quand même pris en Sélection Régionale du Languedoc Roussillon, avec laquelle je perdrai en ½ finale des Comités, à Marcoussis, contre le Midi-Pyrénées. La même saison, je suis également appelé en Equipe de France -18, et je pars 15 jours en Irlande pour participer au Tournoi des VI Nations, en compagnie de gars comme Teddy Iribaren (l’actuel ½ de mêlée du Racing 92), Mickaël Ivaldi (actuel talonneur du L.O.U.), Xavier Chiocci (le pilier Toulonnais), Joris Archimbaud (2ème ligne à Hyères Carqueiranne)… Ce ne sera pas une campagne très glorieuse pour les Bleuets que nous sommes… On perd tous nos matchs, sauf contre l’Italie !

 

Plus tard, Une rupture des croisés anéantira mes espoirs d’être appelé en Equipe de France -20, et je clôturerai ma « carrière » internationale en janvier 2013 par une Sélection en Equipe France Universitaire qui ira défier le Portugal sur ses terres.

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2013 : Paul (3ème joueur debout en partant de la droite) est avec l’Equipe de France Universitaire à Lisbonne

 

En 2008, j’intègre le Centre de Formation de Béziers alors dirigé par Philippe Escalle, l’ancien ailier biterrois, avant que Diego Minarro ne prenne sa succession … J’y resterai 5 ans… Mes années Reichel et Espoirs… Et ce sont de très bons souvenirs pour moi, car je vais vivre des supers moments avec mes collègues… Bastien Villaret fait encore partie du décor, et Thibaud Bisman nous rejoint… Le « Clan des Nîmois Historiques » est bien vivant !

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2009 : le Crabos biterrois Paul Oliver (à gauche) face au Crabos perpignanais Sébastien Taofifenua… Chaud devant!

Pour les jeunes joueurs que nous sommes à l’époque, le Centre de Formation, c’est plutôt sympa !… On est une douzaine de joueurs, confortablement installés dans nos petits logements juste en face du Stade de la Méditerranée, on s’entraîne tous les jours, on travaille dur sur le pré et dans la salle de musculation, on commence à goûter au professionnalisme, on fait la fête ensemble… Bref, de sacrés liens se tissent entre nous, et ça se ressent sur le terrain.

C’est dans ces années-là que je ferai la connaissance de Mathieu Cambérabéro, arrivé en Espoirs à Béziers, en provenance du L.O.U… Je me souviens, on était les « petits jeunes » qui s’entraînaient avec l’Equipe 1ère, ce sont de bons souvenirs.

 

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2010: Paul avec les Espoirs Biterrois. Au second plan, Sébastien Max.

Viennent ensuite mes années Espoirs… Ce sont toujours des années un peu compliquées les années Espoirs… Je m’entraîne avec la 1ère, le dimanche je joue des fois avec les Espoirs, des fois avec la 1ère… On rentre un peu plus dans le professionnalisme… Des collègues sont partis découvrir d’autres horizons… Certains gars de l’Equipe 1ère descendent faire quelques matchs en Espoirs… Bref, c’est un peu une succession de va-et-vient perpétuel entre Equipe 1ère et Equipe Espoirs, et au passage, on perd un peu de cette notion d’amitié qu’on a connue jusque là…

En 2011, j’ai 21 ans, je suis donc Espoirs, et je fais mes premiers matchs de Pro D2 avec le maillot de l’A.S.B.H… Au total, je serai sur 5 feuilles cette saison-là. On est entraîné par Philippe Benetton et Andrew Mehrtens, et c’est contre Mont-de-Marsan, au Stade de la Méditerranée, que j’ouvre le bal… Moment intense dont je me souviens très précisément !

 

logo rocAprès avoir fait une quinzaine de matches en PRO D2, je quitte Béziers en 2013. Je privilégie alors les liens de l’amitié et de l’affectif, et c’est en compagnie de Simon Villaret (le frère de Bastien !) que je prends la direction de La Voulte-Valence… Je signe au ROC (Rhône Ovalie Club), qui vient de monter en Fédérale 1 et qui, surtout, est entraîné par Eric Tissot, un Nîmois qui me connaît depuis mon plus jeune âge… La corde sensible nîmoise a donc beaucoup joué dans ma décision ! Eric est l’un des entraîneurs qui m’a le plus marqué… C’est un phénomène… Avec lui, c’est tout au mental que ça marche !

Le ROC a de grandes ambitions, et le club fait cette année-là un gros recrutement, comme par exemple les Roumains Alexandru Manta (3ème ligne) et Pietru Balan (pilier gauche), tous deux très expérimentés. Personnellement, j’apprendrai énormément en première ligne aux côtés de Pietru… Il m’a beaucoup apporté.

Au total, je reste 3 saisons au ROC, au cours desquelles Jaray Russel, en provenance de Montpellier, succédera à Eric Tissot au poste d’entraîneur. Sur le terrain, on ne se qualifie pas, mais on arrive à assurer le maintien en Fédérale 1.

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Paul sous le maillot du ROC (Photo Jacques Paris – jacparisports.com)

 

En 2016, j’ai envie de retrouver le Pays Biterrois, où j’aime vivre, et tous les amis que j’ai de longue date ici… Je quitte le ROC et je signe à Agde. J’arrive dans une équipe où je connais tout le monde… On n’a pas tous le même âge, mais on est beaucoup à avoir joué à Béziers, et comme le Rugby Olympique Agathois est un club hyper-famille, je me retrouve dans une super ambiance de collègues !

Pour la première fois de son histoire, le club, qui jusqu’alors jouait toujours pour le maintien, se qualifie en 2017… On perd en 1/8ème de finale de Fédérale 1 contre l’AS Mâcon, équipe qui ira ensuite jusqu’en finale.

 

Si tu devais nous faire partager quelques « grands moments » de ton parcours en Pays de Rugby, des trucs pour lesquels tu gardes un souvenir bien particulier… Ce serait lesquels ?

 

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2011: Paul et l’ASBH affrontent Brive en PRO D2.

Mon premier match en PRO D2, joué avec le maillot de Béziers, contre Mont-de-Marsan, reste pour moi un de ces « grands moments »… Avant le match, Philippe Bénetton me dit : « Bon, Polo, tu rentreras en fin de match… »… Je commence donc à regarder la rencontre depuis le banc, puis de derrière les poteaux où je m’échauffe avec mes potes Biterrois… J’observe en particulier le pilier gauche adverse… Alexandre Menini… C’est du lourd… La tension monte (surtout la mienne !)… La mi-temps arrive, et là, le coach me dit : « Bon, Polo, maintenant… A toi de prouver… Tu rentres. » !!! Et logo PRO D2c’est comme ça que, adoubé par les « anciens », Jean-François Pedesseau (pilier gauche), Philippe Martin et Yohann Carpentier (2èmes lignes), je fais mes grands débuts en 1ère à Béziers, et ça se passe très bien. Notre mêlée prend le dessus sur la mêlée montoise, et on gagne le match !

 

drapeau français pixabayUn autre grand moment, c’est la première « Marseillaise » que j’ai chantée avec sur le dos le maillot de l’Equipe de France -18, juste avant d’affronter l’Ecosse… Ca, c’est toujours quelque chose de très fort !

 

 

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Les Minimes Nîmois contre Narbonne… Paul est en fond d’alignement

Au temps de mes jeunes années, en Minimes, j’ai ce souvenir bien ancré en moi du Tournoi de Nîmes… C’est le dernier de l’année et le plus important pour nous, car il se déroule sur 2 jours et on joue à la maison. Le soir de la première journée, une « ferrade » est organisée… Cette tradition camarguaise consiste à lâcher de jeunes taurillons que les participants doivent arrêter et maintenir tandis qu’on les marque au fer. Tous les gamins des clubs présents participent aux festivités, on a 14 ou 15 ans, et c’est une des premières occasions pour nous de faire la fête en buvant quelques bières entre copains… Et le lendemain, on bat l’U.S. Tyrosse en finale… Magnifique souvenir !

 

 

Je garde aussi de superbes souvenirs de mon passage au Centre de Formation de l’A.S. Béziers, et en particulier de mes 2 saisons en Juniors Reichel, grâce notamment à l’ambiance et aux liens très forts que nos 2 entraîneurs, Pierre Gleizes et Bruno Lafon ont su créer entre nous, sur, et en dehors du terrain… Vraiment, ils se sont remarquablement occupés de nous. Dans cette équipe Reichel, je suis en compagnie de gars comme Charly Malié (aujourd’hui arrière de Pau), Fred Quercy (3ème ligne à Nevers), Vincent Calas (3ème ligne à Albi)… Une belle génération de joueurs !
Ces années-là, c’était aussi pour nous l’occasion de voyager chaque fin de saison pour aller disputer des tournois à 7 ou de Beach Rugby… De sacrées parties de rigolades et de joutes sportives dont nous sommes revenus pas mal de fois vainqueurs et des étoiles plein les yeux…

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2012 : le Centre de Formation de Béziers gagne le Tournoi des Sables d’Agadir au Maroc… Capt’ain Paul Oliver (accroupi, au centre) tient le trophée dans ses mains.

 

Et voilà donc maintenant 2 saisons que tu portes le maillot du Rugby Olympique Agathois… Tu nous parles de ton club ?

 


Agde, Hérault (34)


 

logo rugby agdePrésidé par Thierry Dominguez, patron du restaurant « Au bout du Quai » au Cap d’Agde, le Rugby Olympique Agathois est un club jeune à l’échelle du temps, puisqu’il n’a été créé qu’en 1969. Il est aujourd’hui en Fédérale 1, ce qui est sans doute le maximum auquel on puisse prétendre compte tenu de notre budget, qui est l’un des plus petits à ce niveau.

Nos couleurs sont le « Jaune & Bleu », le Manager du club est Damien Bès, et nous sommes entraînés par Michel Dieudé (qui m’a déjà entraîné à Béziers) pour les avants, et Anthony Estruch pour les ¾. Philippe Gallard, l’ancien pilier international biterrois, s’occupe de la mêlée.

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Le Rugby Club Agathois, cru 2017/2018… Paul est le 6ème à gauche, rang du milieu

 

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Paul en action, ici contre Hyères-Carqueiranne (Photo : Loïc Dupin-Belleville)

On joue au Stade Michel Millet devant un public composé d’irréductibles supporters, avec une équipe qui compte essentiellement des gars de la région… Ici, pratiquement tout le monde a joué à Béziers ou à Montpellier ! Notre capitaine est César Astruc, 3ème ligne et joueur emblématique du club… Et des joueurs emblématiques, des gars qui tiennent la baraque « Jaune & Bleu » depuis plusieurs saisons, il y en a d’autres… Pour ne citer que quelques compères de la Première Ligne Agathoise, parce que malheureusement je ne peux pas citer tout le monde, j’évoquerai John Ragno, pilier gauche et véritable « guerrier » du club, et Laurent Ferret, alias « Loule », un talonneur qui à lui tout seul est un sacré « phénomène »… Loule, c’est un gars qui ne craint rien ni personne… Un bosseur fou… Et c’est lui qui prend le capitanat quand César n’est pas là.

Je salue aussi particulièrement Matthieu Cossia, avec qui je partage le poste de pilier droit… Car on partage également quelque chose d’autre avec Matthieu… Le fait d’être récemment devenus des « papas » tous les 2 !

 

Pour finir sur le Rugby Olympique Agathois, je résumerai les valeurs de notre club avec les mots suivants : Courage – Vaillance – Famille… Oui, je crois vraiment que c’est ça notre ADN ! Et je profite de ce portrait « Puissance 15 » pour saluer chaleureusement tous mes coéquipiers et tous ceux qui œuvrent dans le club… Dirigeants, entraîneurs, bénévoles, joueurs… Sans oublier nos supporters.

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Un clin d’œil de Paul aux compagnons de 1ère ligne, ici : Mathieu, Laurent et John (Photo : Loïc Dupin-Belleville)

 

Tu es pilier… Quelle perception as-tu de ce poste, et quels conseils peux-tu donner à un jeune qui se prépare à faire carrière en première ligne ?

 

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« No scrum no win ! » (Photo Marine Rodriguez)

Je lui dirai de ne jamais rien lâcher, car c’est connu, le poste de pilier, il est assez ingrat ! On est les travailleurs de l’ombre, ceux qui réalisent des tâches qui ne sont pas forcément perçues par les spectateurs, et on est rarement mis en valeur…

Mais dans l’équipe, les « premières lignes », on est les seuls à être en confrontation directe avec nos adversaires… Ca veut dire qu’on a les cartes en main… On sait ce qu’on vaut, réellement… Quand ta mêlée avance, tu en retires une certaine fierté et vraiment, c’est un bonheur fou ! Et quand tu recules… C’est une énorme remise en question, alors tu t’accroches pour que ça ne se reproduise pas…

Pour être un bon pilier, il faut avoir beaucoup de fierté, beaucoup d’orgueil, de la vaillance, du courage… C’est un poste qui, à l’usage et au fil du temps, apporte beaucoup de choses, beaucoup de valeurs.

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Paul et la mêlée Agathoise… Prêts pour avancer! (Photo : Loïc Dupin-Belleville)

Quand ils nous parlent dans les vestiaires d’avant-match et qu’on rentre sur le terrain, je sais que mes coéquipiers ont beaucoup d’attente vis-à-vis de moi et de mes compagnons de première ligne… Si nous on vacille, c’est toute la mêlée qui vacille… Et si la mêlée vacille, c’est toute l’équipe qui vacille… Bref, on est le début de l’histoire ! Comme disent les Anglais : « No scrum no win »… Pas de mêlée, pas de victoire !

En fait, pilier… C’est un poste où tu as énormément de responsabilités !

 

Tu as poussé à Nîmes, tu habites à Béziers… Alors le Gard et l’Hérault n’ont sans doute pas trop de secrets pour toi. Qu’aimes-tu particulièrement dans ces 2 « pays » ?

 

La Maison Carrée de Nîmes

La Maison Carrée de Nîmes

Déjà, il y a quelque chose d’essentiel pour moi que je retrouve dans ces deux pays, c’est le climat… Il y fait souvent beau temps, et ça joue vachement sur le moral !

Par contre, les mentalités des deux villes sont différentes… Je dirai que Nîmes est un peu plus « bling bling », un peu à l’image de ce que tu peux retrouver à Montpellier ou à Aix, alors qu’à Béziers, on est un peu plus terroir, un peu plus « à l’ancienne », un peu plus populaire… Sans être du tout péjoratif bien sûr quand je dis ça.

Pour moi, cette différence se retrouve par exemple dans les ferias… A Pentecôte pour Nîmes et le 15 Août pour Béziers… Deux évènements que je ne rate personnellement jamais chaque année ! La feria de Béziers est beaucoup plus « simple » et décontractée… Tu peux y aller en short de rugby et tee-shirt, tout se passe dans la rue et tu peux rentrer partout habillé comme ça… Alors qu’à Nîmes, je dirai que c’est plus « select », le code vestimentaire est plus cadré, pour accéder par exemple à des bodegas privées.

 

La cathédrale Saint-Nazaire de Béziers

La cathédrale Saint-Nazaire de Béziers

J’aime vraiment ces deux villes… J’adore l’Histoire, alors avec Nîmes, je suis servi, avec Les Arènes, la Maison Carrée et tous les vestiges de l’époque Romaine… J’attends avec impatience l’ouverture imminente du Musée de la Romanité, destiné à succéder au musée archéologique de Nîmes en 2018. De façon plus globale, je trouve que Nîmes est une ville qui vit de plus en plus, j’adore aller m’y balader, et m’arrêter boire un coup sur la Place aux Herbes dont j’aime bien l’ambiance, au croisement des rues piétonnes, ou encore déguster une superbe glace maison à « La Dolceza », sur la Place du Marché, à côté des Arènes, un glacier qui appartient aux frères Villaret, mes amis d’enfance… Nîmes, j’y retourne avec d’autant plus de plaisir que j’y ai poussé et que j’ai ma famille là-bas.

Quant à Béziers, un de ses atouts, c’est d’être tout près de la mer… L’été on y est très souvent fourré, et on profite des nombreuses petites guinguettes qui foisonnent sur les plages, ou au bord de l’Orb ou du Canal du Midi. Et quand je veux me faire un bon restau là-bas, je vais au restaurant « Les Louis », situé face à la Cathédrale Saint-Nazaire… C’est une excellente table !

 

Il y a un mois, tu as reçu un beau cadeau qui a changé ta vie… Tu nous racontes ?

 

paul et JulietteAh oui alors, tu l’as dit… Un cadeau magnifique que m’a fait Manon, ma compagne… Juliette a pointé le bout de son petit nez le 23 octobre… Et ce jour-là je suis devenu « papa » !

IMG_0839Avec Manon, qui est Valentinoise, on s’est rencontré un jour au bord du terrain quand je jouais au ROC… Elle a vraiment bien fait de venir nous voir jouer ce jour-là ! Et aujourd’hui, quelques années plus tard, la maman qu’elle est devenue a rendu très fier le papa que je suis maintenant grâce à elle…

 

C’est Mathieu Cambérabéro qui t’a fait la passe « Puissance 15 »… A qui transmets-tu le ballon à ton tour ?

 

Je remercie beaucoup Mathieu pour cette passe symbolique qui m’a fait super plaisir ! Il porte cette année le maillot du C.S Vienne et on est dans la même poule de Championnat. On a récemment perdu le match aller à Vienne… Mais c’est sûr, on aura notre revanche en avril prochain à Agde !

 

logo us la seyne rugbyEt maintenant, ce ballon « Puissance 15 », je vais le transmettre à un garçon que j’ai connu jeune au Centre de Formation biterrois… On s’est suivi ensuite au ROC, et aujourd’hui il joue à la Seyne-sur-Mer… Romain Asensi, qui lui aussi évolue en première ligne, mais à gauche… On a souvent été compères de mêlée tous les deux, que ce soit à Béziers ou à Valence, et je suis vraiment heureux de lui faire cette passe aujourd’hui.

 

Ah, et puis, bien sûr ! Je profite du moment pour adresser aussi une passe plus que symbolique à mes plus fidèles supporters historiques, les plus « ultras » de mes fans… Voilà longtemps que ces 3 là me suivent de près dans mon épopée rugbystique !

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De gauche à droite : Thierry, Lucie, Paul et Pascale Oliver !

 

 

Et comme au rugby on se quitte rarement sans chanson… Tu nous fais écouter quoi ?

Ah, des chansons, j’en aurais plusieurs à te faire écouter, ça dépend de l’atmosphère ! Entre autres, j’aime bien « Petit biscuit », et aussi « IAM »… « Je danse le Mia »… J’adore cette chanson… Allez, c’est parti !


ICONE-VIDEOIAM – Je danse le Mia


 

ICONE-WEB Site Internet du Rugby Olympique Agathois

 

ICONE-CREDITS

Interview : Frédéric Poulet

Photos : Photo de « Une » de Paul: PO / Photos rugby de Paul : Archives de Paul, Association USAP, Sport +, Loïc Dupin-Belleville, Jacques Paris, Marine Rodriguez / Equipe I RO Agde : Site Internet RO Agde / Arènes Nîmes et panneau : Fotolia 37372707 / Côte de boeuf : Fotolia 43787124 / Panneau Agde : Fotolia 112376373 / La Maison Carrée à Nîmes : Fotolia 74163501 / La Cathédrale Saint-Nazaire à Béziers : Fotolia 142221710 /

Eu égard aux droits qui leur seraient associés, nous nous engageons à enlever les illustrations présentes dans cet article, sur simple demande de leurs auteurs.


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