Lundi - 03 Août 2020

Christophe Monteil / Directeur Commercial à Grenoble


photo christophe montagne (2)

Quand gamin il prenait le car à Lyon avec ses copains et son instituteur pour aller faire ses premiers pas de rugbyman au Stade de l’ASPTT à Bron, il ne se doutait pas qu’il gravirait un jour, dans la capitale Iséroise voisine, les plus hauts sommets d’Ovalie…

C’est à Villeurbanne, dans son club formateur de l’ASVEL Rugby, cher à son coeur, que Christophe Monteil fit, très jeune, ses premières armes de flanker en 3ème division, avant d’être « appelé » à rejoindre le puissant pack grenoblois, alors coaché par le charismatique Jean Liénard. Et c’est donc en « Rouge & Bleu », les couleurs du FC Grenoble Rugby, qu’il connut ce qu’un homme de rugby peut attendre de meilleur de ce jeu… De magnifiques victoires, comme par exemple, celle du Challenge Yves du Manoir en 87, et des amis de combat sur qui on sait pouvoir compter… Merci Christophe !

 

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Bonjour Christophe, le rugby et toi, ça commence où, quand, et dans quelles circonstances ?

pins asptt lyon rugbyJe suis originaire de Lyon, et le rugby entre dans ma vie en CM2, par l’intermédiaire de mon instituteur, Monsieur Cuny, qui était féru de rugby et lié à l’ASPTT Lyon. Ce club était très bien organisé au niveau logistique et un service de cars nous emmenait jouer à Bron… C’était bien pratique !

Mais une fois au collège, ne pouvant plus bénéficier du précieux ramassage par le car, il a fallu trouver un autre club, et celui qui était le plus près de l’endroit où nous habitions (à la lisière entre Lyon et Villeurbanne), c’était l’ASVEL Rugby… Où je suis donc arrivé en benjamins, avec déjà 2 années de rugby dans les jambes. Au passage j’embarque avec moi Olivier, mon frère aîné, dans la planète « rugby ». Quand j’arrive à Villeurbanne, je suis entraîné par Marc Pradel, un homme qui m’a énormément transmis de sa passion ovale.

 

A partir de là, quels chemins as-tu suivis ballon en main ?

logo asvelC’est donc en « Vert & Noir », les couleurs de l’ASVEL, que je vais effectuer toute mon école de rugby et mes catégories Jeunes, jalonnées de quelques sélections du Comité du Lyonnais en Minimes, Cadets et Juniors. Gamin, j’ai plutôt commencé à jouer derrière, pour finalement m’installer en 3ème ligne, qui sera par la suite mon poste de prédilection.

Arrivés en Juniors, nous n’étions pas assez nombreux de la génération 60/61, et après avoir commencé la saison, on a été obligé de faire un forfait général… Du coup, on est tous allés jouer avec les Seniors, et c’est comme ça que je me suis retrouvé, avec quelques uns de mes potes, à batailler en 3ème division alors que je n’avais pas encore 17 ans !

Et puis, après 4 saisons passées en 3ème division dans cette « jeune » équipe Villeurbannaise avec laquelle on a toujours réussi à se maintenir (et même fait un tour de phases finales la dernière année !), j’ai été contacté par Grenoble… J’ai 20 ans à l’époque, et je prends la décision de rejoindre la capitale iséroise voisine, où je pars non seulement jouer au rugby, mais également faire mon armée, à Varces, en banlieue grenobloise.

logo fcg rugbyCoaché par Jean Liénard, certainement l’entraîneur qui m’a le plus marqué par son charisme et sa connaissance du rugby et des hommes, j’attaque alors en 1982 une grande aventure rugbystique dans un club prestigieux, le FC Grenoble… Là je découvre un autre monde que celui que j’avais connu jusque là… Un monde où tout va beaucoup plus vite, où tout va beaucoup plus fort, et quand tu débarques de 3ème division… C’est assez compliqué ! J’effectue ma 1ère saison en « Rouge & Bleu » avec l’Equipe B, mais je fais quand même 3 matchs en « Une »… Un grand honneur et un grand bonheur pour moi !

Et puis, petit à petit, je gagne ma place en 1ère, au poste de flanker, et je participe à la belle épopée du FCG dans la décennie 80, sous la houlette de Jean Liénard, assisté d’André Rimet puis de Jean de La Vaissière, et de Michel Ringeval… Une finale du Challenge Yves du Manoir en 86, le gain de ce même Challenge l’année suivante, en 87 (victoire 26-7 contre Agen à Narbonne), et chaque année une qualification pour les phases finales du Championnat de France, dont un 1/8ème de finale en 1988, deux ¼ de finale en 89 et 90, et une ½ finale en 92, contre Biarritz.

fcg victoire challenge yves du manoir 87

1987 – Le FCG vient de gagner le Challenge Yves du Manoir. Christoph est en haut, au centre de la photo.

us vinayJe quitte le FC Grenoble en 93, pour aller jouer à Vinay, à une quarantaine de kilomètres de là. L’US Vinay venait alors tout juste de monter en Groupe B, et on est arrivé à se maintenir.

Et puis en 96, à 35 ans, je re-signe au FC Grenoble ! J’avais encore envie de jouer, et je dis à Jean de la Vaissière, qui coachait l’équipe, que je reprendrais bien du service avec la B… Finalement je ferai le premier match en B, et tout le reste de la saison en 1ère ! Je tirais ainsi de belle façon le rideau sur ma carrière de rugbyman, en jouant cette saison là mon dernier match, un 1/8ème de finale du Championnat de France, perdu contre Agen aux pénalités après un match nul au tableau d’affichage !

 

Bien des années plus tard, quand tu repenses à ton « épopée rugbystique », quels sont les 3 ou 4 meilleurs souvenirs qui te reviennent là, maintenant ?

christophe action 2

Christophe, une carrière de flanker…

Comme je n’ai finalement jamais quitté Grenoble depuis que j’ai arrêté de jouer, j’ai l’occasion de revoir régulièrement beaucoup de mes anciens co-équipiers du FCG, et bien sûr, on ne manque pas de se rappeler quelques-uns des sacrés moments qu’on a passés ensemble sur, et en dehors des terrains. Et bien entendu, parmi les souvenirs glorieux il y a, entre autres, ce Challenge du Manoir gagné en 87, ainsi que les phases finales. Il y a aussi quelques bons souvenirs de joutes endiablées, de matchs joués à Toulon, à Clermont… Je me souviens de ces formidables instants de cohésion entre nous avant d’entrer sur le terrain… Quels moments que ces moments de préparation d’avant-match !

Je garde aussi en mémoire mon 1er match en « Une » avec Grenoble, à Clermont-Ferrand…

Un sacré cadeau qu’on avait fait au jeune « ex-Villeurbannais » que j’étais. Je suis allé au combat en étant bien entouré, avec les Jean-Marc Romand, Michel Perrin, Alain Lorieux, Willy Pepelnjack, Gilles Claret, Frédéric Boutin, Pierre Pommier, Patrick Mesny, Robbie Deans, et tous les autres… Des gars dont la plupart avaient fait la ½ finale du Championnat de France la saison précédente… Je peux te dire que c’est le genre de truc qui te marque à 20 ans !

Mais au-delà des « titres de gloire » que le rugby m’a offerts sous le maillot du FC Grenoble, je me rends compte aussi que plus le temps passe et l’âge avance, plus je repense à mes débuts… à l’ASVEL, mon club formateur… Et par exemple, j’ai un truc qui me revient… Je ne saurais même pas te dire en quelle année c’était, et contre qui on allait jouer… Je me souviens juste que ce jour-là, c’est le dernier match de Championnat, et, nos adversaires et nous, jouons pour le maintien en 3ème division… Celui qui perd, descend. Et je ressens encore aujourd’hui cette émotion dans le vestiaire, avant le match… Notre capitaine, Eddy Pradel (le fils de Marc, mon premier éducateur) a dit ce jour là les mots qu’il fallait, et nous avons gagné 6 à 3… Le score je m’en souviens… Un match de « tranchée » ! Tu vois, ce n’est pas le plus haut niveau auquel j’ai joué, mais c’est un magnifique souvenir pour moi.

... Toujours au cœur du combat !

… Toujours au cœur du combat !

J’ai aussi une autre anecdote avec Villeurbanne, qui me fait toujours autant marrer quand j’y pense. Je t’ai expliqué plus haut comment, faute d’équipe Juniors, je me suis retrouvé à 16 ans en 1ère à l’ASVEL, ce qui a donné lieu à des situations assez cocasses entre nous, les joueurs, comme celle-là par exemple : Je suis né le 31 décembre 61, et mon ami Didier Lenoir, 3ème ligne comme moi, tout début janvier 62… En réalité on n’a donc même pas une semaine d’écart tous les 2 ! A l’issue de la catégorie Cadets, je « monte » donc directement en Equipe 1ère sans passer par la case « Juniors », alors que Didier, lui, reste en Cadets (puisqu’il est de 62 !)… Le seul petit « détail » de cette affaire, c’est qu’à l’époque, « Didier-le-Cadet » était physiquement 2 fois plus gaillard que « Christophe-le Senior », et ça c’était trop comique dans le « Landerneau » Villeurbannais!!

 

Quelle place le rugby tient-il encore dans ta vie aujourd’hui ?

Christophe reste un fidèle supporter du FCG Rugby

Christophe reste un fidèle supporter du FCG Rugby

Je ne me considère pas aujourd’hui comme étant véritablement « actif » dans le monde du rugby… Je suis simplement membre de l’Association du FC Grenoble Rugby, et à ce titre je croise bien sûr pas mal de monde. S’investir réellement en « acteur » (en tant que dirigeant par exemple) n’est pas simple, car c’est une activité très chronophage si on veut la faire sérieusement.

L’entreprise pour laquelle je travaille est partenaire du club, ce qui me permet d’aller régulièrement voir jouer le FCG. Il est vrai que le professionnalisme a quelque peu changé la donne du rugby… On est aujourd’hui beaucoup plus dans un rugby « spectacle », les relations avec les joueurs ne sont pas aussi fortes que jadis, et on a peut-être un peu plus de mal qu’avant à s’identifier à eux, ne serait-ce que parce que le turn-over est plus important… Mais on assiste à du beau spectacle et ce sont de toute façon toujours des moments très plaisants.

 

Quelle est ton activité professionnelle ?

Logo AEDJe suis Directeur Commercial d’une entreprise grossiste en matériel électrique, AED (filiale du Groupe Sonepar), dont le siège est à Grenoble et dont le dirigeant, Michel Martinez, est également homme de rugby et vice-président du FC Grenoble Rugby. Nous rayonnons sur l’Isère et la Savoie et nos clients sont essentiellement des artisans électriciens, des installateurs, des industriels, entreprises de second œuvre, des collectivités locales, des organismes de service public ou para-public.


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Site Internet d’AED


 

Tu vis en Isère, à Saint-Nazaire-les-Eymes, à quelques encablures de Grenoble en direction de Chambéry… Quand des amis qui ne connaissent pas cette région te rendent visite, tu leur fais découvrir quoi en priorité ?


Saint-Nazaire-les-Eymes, Isère (38)


Dent de Crolles - Wikipedia Kyro - Matthieu Riegler

La Dent de Crolles

En fait j’aime bien tout simplement leur faire découvrir les alentours, aller par exemple se balader sur les dessous de la Dent de Crolles, qui culmine à plus de 2000 mètres dans ce magnifique Massif de la Chartreuse qui borde l’endroit où j’habite, ou encore monter à La Bastille, accessible par différents sentiers et également par téléphérique, et qui offre un superbe panorama sur Grenoble.

 

C’est Dominique Mazille, ton ancien coéquipier au sein du FCG Rugby qui t’a fait la passe « Puissance 15 »… Vers qui envoies-tu le ballon à ton tour ?

J’envoie un amical salut à Dominique et le remercie pour cette passe symbolique. Maintenant que je l’ai, ce ballon, j’ai bien sûr envie de l’envoyer à plein de gens avec qui j’ai vécu de belles choses au fil des époques de ma vie rugbystique, et je pense en particulier à tous les Grenoblois avec qui j’ai gagné le Du Manoir en 87… Mais comme tu m’as dit qu’il faut le faire voyager pour aller à la rencontre d’autres territoires, je vais taper à suivre avec grand plaisir en direction de Lyon et de mes débuts à l’ASVEL, à l’intention de Didier Lenoir. Et pour aller plus loin encore, je vais aussi faire la passe à Bernard Vacchino, avec qui j’ai joué à Grenoble, et qui est aujourd’hui installé à Hyères.


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Site Internet de l’ASVEL Rugby


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Site Internet du FC Grenoble Rugby


ICONE-CREDITSInterview : Frédéric Poulet
Photos : Photo « Une » et bureau de Christophe : CM / Photos « rugby » de Christophe: Archives Christophe, Dauphiné Libéré / Dent de Crolles : Wikipédia – Kyro Matthieu Riegler

 


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