Vendredi - 25 Juin 2021

Gap // Histoire


Les très rares témoignages de l’époque préromaine sont constitués par les vestiges d’un oppidum situés au sommet de la colline de Saint-Mens, avec quelques traces visibles d’un dolmen mis au jour en 1866 et d’un ancien cimetière au lieu-dit Pré Camargue.

Antiquité

Gap était à cette époque habitée par des tribus celto-ligures, de langue celtique. A la période romaine, la région fait partie du territoire des Voconces, peuple gaulois romanisé lors de la conquête de la Narbonnaise en 125-124 av. J.C., dont les capitales étaient Luc-en-Diois et Vaison-la-Romaine. Vers 20 av. J.-C., Cottius, un chef de tribu de la vallée de Suze, allié à Rome, entreprit sous l’ordre d’Auguste l’édification d’une voie de communication dans la vallée de la Durance, ce qui nécessita la soumission des différents peuples concernés par le tracé.

Cette voie, édifiée entre 14 et 6 av. J.-C., reçut le nom de Via Cottia per Alpem et reliait Turin à Sisteron. La ville de Gap fut fondée à partir de l’une des 6 stations qui jalonnaient cette via. En 22, le site de Gap fut également le départ d’une voie romaine en direction de Valence. À cette époque, l’emplacement de la future ville se résumait à un camp romain de 360 hommes environ, protégé par un mur terrassé entouré d’un fossé. C’était la plus importante fortification entre Montgenèvre et Sisteron, et sa mission était de protéger les usagers des voies romaines contre les pillards.

Plus tard, avec la création d’une nouvelle voie vers le Champsaur, le site de Gap prend de l’essor et devient un important axe de communication. L’économie est alors principalement pastorale. Puis, durant les premiers siècles de notre ère, la population s’accroît de façon importante. Vers la fin du IVe siècle est édifiée une nouvelle fortification, dont les remparts comptent onze côtés et onze tours qui protègent les villageois des invasions barbares. La superficie enclose est de 2 hectares, et fait de Gap un gros bourg.


Moyen-âge

Au Moyen-Age, Gap fait partie du Comté de Provence constitué à la fin du Xe siècle, puis du Comté de Forcalquier qui s’en est détaché au XIIe siècle. À la mort du dernier comte de Forcalquier en 1209, les régions d’Embrun et de Gap étaient transmises au Dauphiné tandis que celles de Forcalquier et de Sisteron retournaient au comté de Provence. Ceci explique pourquoi le blason actuel de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur porte le blason du Dauphiné. En 1349 le Dauphin de Viennois Humbert II transmit sa principauté au fils ainé de Philippe VI de France, le futur roi de France Charles V. De 1349 à 1457 le Dauphiné demeura une principauté séparée de la France, dont le prince était le fils ainé du roi de France.

En 1457 Charles VII mit fin à ce statut et intègre la province au royaume de France. Au XIVe siècle, la ville profite de l’installation des Papes à Avignon, ce qui lui apporte un passage plus fréquent de voyageurs pour développer un artisanat de laines et de peaux qui la fait prospérer. Grâce à sa position stratégique à l’intersection de plusieurs voies de communication, la ville devient ainsi au cours du Moyen Age un important centre d’échange des produits issus de l’agriculture et de l’artisanat, en particulier lors des quatre grandes foires annuelles. C’est aussi une étape pour les pèlerins de Compostelle qui arrivaient du Sud de l’Italie et rejoignaient Arles après avoir traversé les Alpes. Plus tard, Gap devient également la voie de passage obligée des troupes engagées dans les guerres d’Italie.


Renaissance & ère moderne

Les XVIe siècle et XVIIe siècles et leur lot de guerres de religion sont des périodes particulièrement sombres pour la ville. Gap est un fief catholique, alors que le Champsaur a basculé dans la « religion prétendument réformée ». Après diverses escarmouches, François de Bonne, chef des protestants, décide d’attaquer Gap, pourtant protégée par 20 tours. Dans la nuit du 3 janvier 1577, ses hommes réussissent à pénétrer par surprise dans la ville. La cathédrale est incendiée, les couvents pillés, les habitants dépouillés. De Bonne fait édifier une citadelle sur la colline de Puymaure, d’où il domine tout Gap pour la surveiller. Revenu au catholicisme en 1622 après avoir abjuré le protestantisme, il abandonnera toute prétention sur la ville.

Le 29 août 1692, les troupes du souverain piémontais Victor-Amédée II, Duc de Savoie, engagé dans la Ligue d’Augsbourg contre la France de Louis XIV, prennent, pillent et incendient la ville, abandonnée par ses habitants. En 1790, pendant la Révolution Française, la province du Dauphiné est scindée en trois départements : la Drôme, l’Isère et les Hautes-Alpes, dont Gap devient la préfecture.

En 1802, le baron Charles-François de Ladoucette est nommé préfet, et sous son administration, la ville Gap et le département des Hautes-Alpes vont connaître un essor significatif, avec notamment la construction de routes reliant Gap à l’Italie et à la vallée de la Drôme. De retour de l’île d’Elbe, Napoléon s’arrête à Gap le 5 mars 1815, y séjourne une nuit et y reçoit un accueil chaleureux de la population, dont il lui sera toujours reconnaissant. Il lègue au département des Hautes Alpes la somme de 50 000 francs, afin qu’il créée des refuges dans les montagnes, et donne à la ville le fanion des Tirailleurs Corses.

En 1875, l’arrivée du chemin de fer marquera l’entrée de la ville dans l’ère moderne, pour devenir au XXème siècle la principale agglomération des Alpes du Sud.


ICO-wikipedia Sources Wikipédia / Photo Wikimedia F.Latreille


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