Mardi - 28 Septembre 2021

Yves Garrigue / Professeur d’E.P.S. à Montauban


Ils ont pourtant joué de nombreuses années ensemble de l’autre côté du monde, mais cette fois, c’est à coup sûr la plus longue passe (205 kms entre Tarbes et Montauban !) qu’il n’ait jamais reçu de Jérôme Flous, pour l’inviter à rejoindre la « Mêlée Puissance 15 »…

Yves Garrigue est Montalbanais, et même s’il l’a fait un peu plus tard (allez savoir pourquoi !) que ce qui se pratique là-bas en Tarn-et-Garonne, il a bien sûr fini par porter et honorer (ô combien !), le maillot « Vert & Noir » des valeureux guerriers de Sapiac. Ce « Rugbyman et Citoyen du Monde », comme il se définit lui-même, retrace ici pour nous son parcours Rugby, et ce n’est que du bonheur… Merci Yves !

 

Envoyez un message à Yves Garrigue

 

Bonjour Yves… D’où es-tu originaire, dans quel contexte rugbystique as-tu poussé, et quel a été ton parcours dans le monde d’Ovalie jusqu’ici ?

collège Saint Theodard

Clin d’œil à St Théodard !

Je suis né à Montauban, et ce n’est finalement qu’en Cadets que j’ai commencé le rugby à l’US Montalbanaise, en même temps que je jouais en ASSU/Rugby dans un collège privé… Saint-Théodard.


Montauban, Tarn-et-Garonne (82)


logo us montaubanEn fait, malgré une tentative en benjamin, je ne supportais pas cette activité, au grand dam de mon père, André Garrigue, ancien joueur de l’USAP, ex Capitaine/Entraîneur de l’USM, Président du club à l’heure de gloire du Brennus en 1967 (remporté contre le CA Bègles), membre du staff des entraîneurs du XV de France lors du Grand Chelem de 1968, et ancien dirigeant de la FFR !

yves garrigue joueur 2

Yves en action à La Réunion

J’ai joué à l’US Montauban jusqu’en 1986 (avec une finale de Groupe B perdue contre Tyrosse !), puis une saison à Castelsarrasin en 2ème division, et j’ai fini ma carrière de joueur à… La Réunion, où j’ai joué jusqu’en 1999.

J’avais à La Réunion d’autres fonctions « rugbystiques » que celle de joueur: Président de la Commission Sportive, Entraîneur de la Sélection minime, puis de la Sélection des – de 26 ans au niveau du Comité Régional, et c’est là-bas que j’ai commencé à toucher à l’arbitrage, en passant le niveau Fédéral.

 

 

logo ceretDe retour en métropole en 2000, j’ai continué à arbitrer pendant 6 années, jusqu’au niveau Pro D2 et FIRA groupe B. J’ai ensuite entraîné une saison le Céret Sportif, alors en Fédérale 1, puis les Cadets Alamercery de l’USM pendant 2 saisons.

blason nouvelle caledonie wikipediaGrand voyageur, je suis reparti dans les îles, cette fois en Nouvelle-Calédonie, où j’ai été pendant 4 ans responsable de la Section Rugby d’un collège, à Canala. Les gamins étaient à 100% des Kanakes, et j’étais très fier des filles qui jouaient à VII… de vraies guerrières !

Et maintenant, installé à nouveau à Montauban depuis mon retour de Nouvelle-Calédonie, mes principales « activités » rugbystiques sont, bien sûr !, de suivre l’USM en ProD2, et de monter une équipe UNSS Rugby dans le collège où j’exerce comme prof d’EPS, à Grisolles, à une vingtaine de kms d’ici.

 

On ne peut évoquer l’US Montauban sans évoquer le Stade de Sapiac, surnommé « la Cuvette », citadelle réputée pour être particulièrement difficile à prendre… Qu’est-ce qu’il représente pour toi ce stade, et quels souvenirs personnels à son sujet peux-tu nous confier ?

Stade Sapiac - WikipediaAh ! Il est vrai que Sapiac est profondément inscrit dans l’imaginaire de la grande famille du rugby, ce qui fait de notre stade un haut lieu d’Ovalie ! « Sapiac » vient tout simplement du nom du quartier où le stade est implanté, et quant à son surnom de «La Cuvette », il le doit à la configuration du terrain, beaucoup plus bas que les tribunes, et quelquefois inondé jusqu’à la barre transversale, lors de grosses colères du Tarn !

Sapiac a en effet longtemps été une « citadelle imprenable », surtout dans les années 60, 70, et 80… Le Grand Béziers, le Grand Toulouse, le Grand Toulon, le Grand Biarritz… Tous y ont laissé des plumes ! Et aujourd’hui, même si il y a plus de hauts et de bas, c’est une place forte qui est toujours très difficile à prendre…

Des souvenirs personnels, dans ce stade, j’en ai plein la tête et plein les yeux… :

– Fin des années 60, j’étais gamin, et je me souviens de « l’Ogre biterrois », l’AS Béziers de Raoul Barrière, imbattable à l’époque, qui se présente sur le pré du vieux Sapiac rempli à bloc… Un match héroïque de nos « Vert & Noir » en défense leur permet d’arracher un nul inoubliable !

yves garrigue joueur 1

Yves ballon en main – USM / Pau dans les 80’s en Groupe A

– 10 ans plus tard, un de mes tous premiers matchs en 1ère , avec le n° 6 dans le dos, contre le Stade Toulousain des Rives, Skrela, Spanghero… Les « Rouge & Noir » sortirent « rougis » de Sapiac !

– Et puis, dans les années 80, j’étais aussi sur le pré quand ce fut au tour du Grand Toulon, celui d’André Herrero aux manettes de l’équipe, et de Jérôme Gallion aux commandes de la mêlée, de sortir vaincus, par un vent d’Autan terrible… Le « Pilou Pilou » était en deuil !

Incontestablement, mon temps à l’USM fait partie d’une partie merveilleuse de ma Vie !

 

Tu as également été arbitre, était-ce par vocation ? Que retiens-tu de cette expérience, et peux-tu nous confier 1 ou 2 moments forts que tu as vécus à ce poste ?

siffletNon ce n’est pas par vocation, que je me suis lancé dans l’arbitrage, mais plutôt pour tenter une expérience, me donner un nouveau challenge (un de plus) dans ma vie !

C’est René Hourquet, ancien arbitre du « Panel » pendant les années 80, et ancien Président de la Commission Centrale des Arbitres, qui, en visite à la Réunion, me voyant arbitrer, me demanda, si, en tant qu’ancien joueur de Haut Niveau, je ne voudrais pas tenter une « carrière » d’arbitre en France… Après réflexion et discussion avec mon épouse (on était super bien installés à la Réunion !), on a dit banco !

Après a voir demandé ma mutation, je démarre alors dans le Roussillon, en Séries, puis en Fédérale 2. J’arbitre mon 1er match de Fédérale 1 à Villefranche-de Lauraguais, puis j’accède à la Pro D2 et aux matchs de FIRA en Israël, en Moldavie, au Portugal, en Espagne, et je m’offre quelques finales : une finale du Championnat Honneur du Roussillon (Pollestres / Roussillon Côte Vermeille XV en 2006), et quelques finales de Championnat de France en catégories Jeunes.

OLYMPUS DIGITAL CAMERAJe me suis vraiment régalé pendant tout ce temps, malgré des matchs parfois compliqués ! J’adorais l’adrénaline que me procurait le fait de servir le rugby « de l’autre côté », sifflet en main, et je ne peux que conseiller cette expérience à des joueurs de niveau moyen qui voudraient quand même « faire carrière » dans le rugby. L’exercice demande bien sûr une connaissance parfaite du jeu, une condition physique irréprochable, beaucoup de charisme (une grosse « paire » !), et un sens aigu « du juste milieu », celui qui te permet de mettre en harmonie la règle et le jeu…

 

De mon épopée d’arbitre, je retiens en particulier un grand moment… Un moment « d’Homme » : J’arbitrais un match de Fédérale 2, Pézenas / Annonay, à Pézenas. Annonay gagne, se qualifie, Pézenas descend et… Ton serviteur, sous la vindicte et le courroux populaire, sort indemne du terrain et du stade, non sans avoir eu à faire front… Oui vraiment, un grand moment !

 

Tu as effectué une étape de ta vie dans les îles, qu’en retiens-tu de plus essentiel ?

Ile de La Réunion - Fotolia 32390815_XS - Beboy

De l’Ile de La Réunion…

Suite à une mutation, j’ai vécu à Réunion de 1989 à 1999… 10 années de rêve et très intenses, durant lesquelles j’ai été en poste à Saint-André, au Port, puis à Trois Bassins.

La Réunion, c’est réellement le pays de la communion des peuples, des religions, des coutumes, des cuisines… Le Pays de la Diversité acceptée ! Mes meilleurs amis sont là-bas, et les 10 ans de ma vie que j’y ai passés furent aussi intenses que ceux passés à l’USM.

wikipedia - Canala - Nouvelle Calédonie

… A la Nouvelle-Calédonie (ici Canala)

J’ai également vécu 4 ans en Nouvelle-Calédonie, de 2008 à 2012, en poste au fin fond de « la brousse », à Canala, et j’y ai aussi des souvenirs inoubliables, mais des bons comme des mauvais. J’y étais parti plein d’espoir quant à mon implication dans le Rugby Calédonien… Malheureusement ce fut impossible, hormis à mon Collège de Canala ! J’en suis revenu, on dira… Frustré, mais très heureux d’avoir séjourné dans cette zone du Pacifique. J’étais présent à l’Eden Park lors de cette fabuleuse finale de la Coupe du Monde 2011. Et d’ailleurs, j’ai redemandé ma mutation pour Nouméa… Encore un Challenge pour moi !

 

Tu vis à Montauban, qu’est-ce que tu apprécies particulièrement sur ce territoire ? Et si on vient te voir là-bas, tu nous fais visiter quoi en priorité ?

Place Nationale, Montauban / SdfrankreichMontauban, c’est la ville où je suis né, où j’ai fait ma scolarité, où j’ai commencé le rugby et où j’ai fait une partie de ma vie.

Montauban, proche de Toulouse, avec d’un côté un accès direct sur Bordeaux et vers l’Atlantique, et de l’autre sur Narbonne et la Méditerranée !

Montauban, et ses 2 zones industrielles très actives, au Nord et au Sud de la ville.

Montauban, une cité chargée d’histoire, avec un centre-ville qui mérite aussi qu’on la nomme « ville rose », avec le Musée Ingres, le Pont Vieux, ses rues piétonnes, sa magnifique Place Nationale… Mais quant à moi, ce que je fais toujours visiter en premier, c’est Sapiac et son stade mythique.

 

Et après ça, tu nous emmènes déjeuner où, et pour y manger quoi ?

A midi je vous emmène au « Raymond », un super café où on pourra manger vite fait, et très bien fait, et saluer le boss, Eric Mendez, dit « Pépone ».

Et le soir, on ira chez Joël Garrigues (lui, c’est avec un « s » !), au « Passage 45 », un restaurant dans lequel on dégustera dans une superbe ambiance d’anciens plats goûteux des campagnes: joues, lapins, rognons, riz de veau, langue de bœuf…

 

Yves, c’est Jérôme Flous qui, depuis Tarbes, t’a envoyé le ballon « Puissance 15 »… Toi qui as beaucoup joué avec lui à La Réunion, peux-tu nous indiquer un secteur du jeu dans lequel il était « énorme » ?

Enorme… Non ! Mais terrible … Oui ! Sans hésitation… La défense sur l’homme !

 

Bon, j’entends déjà que ça bouge du côté de Tarbes… Et avant qu’on se quitte, tu fais la passe à qui, toi ?

Je passe mon ballon avec une profonde et sincère amitié à Patrick Vianco. Patrick est un Montalbanais qui fut un des dirigeants bénévoles les plus proches des joueurs de l’USM des années 80, qui l’adoraient, et à une époque difficile de ma vie, il a été l’un des rares à ne pas me fermer sa porte.

Il a l’amour de l’USM, du Rugby, de la « cuvette de Sapiac », chevillé au cœur, ce qui l’amena par la suite à la Présidence de l’ex « MTG XV », alors en Top 14.

Directeur Régional Nord-Ouest de la société STEF (spécialiste de la logistique du froid), il est aujourd’hui basé à Caen… Je tape donc un immense coup de pied à suivre dans sa direction, tout là-haut vers le nord !


ICONE-WEB

Site Internet de l’US Montauban


ICONE-CREDITSInterview : Frédéric Poulet
Photos : Photo “Une” d’Yves : YG / Collège St Théodard : site du collège / Photos Yves joueur : Archives YG / Stade Sapiac et visuel Nouvelle-Calédonie: Wikipédia / Arbitre et Vues Réunion et Montauban : Fotolia


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Un commentaire
  1. christophe

    19/09/2015 à 14:02

    merci mr Garrigue pour ce que tu as apporté au RC stPaul grace à toi j’ai étais champion de la Reunion en équipe minime et aussi sélectionné en équipe Reunion…que de bon souvenir.
    Le meilleur entraîneur que j’ai pu avoir dans ma vie (rugbystique).

    Répondre

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