Mercredi - 14 Avril 2021

Viktor Didebulidze / Entraineur des avants du RC Massy Essonne


Même s’ils vous font quitter les tatamis prématurément, certains “poisons” sont néanmoins bons à la santé, et ont, qui plus est, un effet « à perpétuité ». Celui qu’a ingurgité Viktor Didebulidze, il y a déjà bien longtemps du côté de Tbilissi s’appelle « Rugby », et il est de ceux-là !

Viktor a porté des dizaines de fois le maillot des « Lelos », l’Equipe nationale de Géorgie, en 2ème ou en 3ème ligne, et quand il inculque sa science aux avants du RC Massy Essonne, il sait de quoi il parle. D’autant plus que le terrain, qu’il soit de jeu ou pas, il l’a étudié de long en large et il le connaît par cœur, lui qui est géologue de formation. Rencontre avec un « Géorgien de Massy », qui, ballon en main, fit d’abord escale au sud, et en premier lieu à Tarbes, avant de rejoindre l’Essonne. Un Géorgien qui aime profondément son pays et qui aime aussi Massy… Merci Viktor !

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ICO-ville-2 Côté Rugby


Bonjour Viktor, quel âge avais-tu quand tu as touché pour la première fois un ballon de rugby, et c’était où ?

Vue de TbilissiJ’avais 16 ou 17 ans, c’était à Tbilissi, la capitale de la Géorgie, c’est là où je suis né. J’étais judoka, je sortais d’une blessure, et des copains m’ont emmené avec eux au rugby. Ca m’a plu tout de suite, et ce jour là, je crois bien que j’ai été « empoisonné » par le rugby… car depuis, je suis toujours resté rugbyman ! J’ai toujours eu une passion énorme pour ce sport que je n’ai jamais pu quitter, et c’est pour ça qu’après avoir été joueur, je suis devenu entraîneur. Pour moi, le rugby, c’est pour la vie, on ne peut pas s’arrêter au milieu du chemin.

Et ensuite, quel a été ton parcours rugbystique, qui t’a mené jusqu’à Massy ?

Tout est allé très vite, car j’ai progressé assez rapidement grâce peut-être à ma formation de judoka qui m’a beaucoup aidé. J’ai été formé en n° 8, et j’ai donc longtemps joué en 3ème ligne… Ensuite, en prenant de l’âge, on a tendance à se rapprocher du cœur de la mêlée et j’ai joué en 2ème ligne !

A l’époque, quand j’étais jeune on jouait encore le Championnat d’URSS, avant qu’on devienne indépendant en 1989. C’est à partir de ce moment là que la Sélection Géorgienne s’est mise en place, et c’est en 1993 que j’ai goûté à ma première sélection nationale, j’avais alors 23 ans.

logo tarbesJ’ai définitivement quitté la Géorgie assez tard, à 29 ans, car à cette époque, les rugbymen Géorgiens n’étaient pas encore très connus en France et dans le rugby mondial. J’ai été parmi les premiers à partir en France, avec Levan Tsabadze, George Raphava et quelques autres. On a pu le faire grâce à Claude Saurel, qui entraînait alors l’Equipe nationale de Géorgie. Fin 97, J’avais fait une première expérience de 3 mois à Montpellier, qui était en PRO D2 à l’époque, à l’issue de laquelle j’étais retourné en Géorgie. Et j’ai ensuite définitivement quitté mon pays en 1999, pour rejoindre Tarbes, qui jouait aussi en PRO D2. J’ai fait 3 saisons là-bas, ensuite je suis parti une année à Nîmes, puis une autre à Valence d’Agen, avant d’arriver à Massy en 2004 comme joueur, puis comme entraîneur à partir de 2008.

Au sein de l’équipe technique du RC Massy Essone, tu as la responsabilité de l’entrainement des avants. En quoi l’entrainement des avants est-il différent de celui des lignes arrières ? Et au niveau des avants, justement, quelle est la « marque de fabrique » massicoise ?

Logo-massy-rugbyBien sûr, nous les avants on va d’abord mettre le paquet sur la puissance, mais surtout, ce qui est vraiment différent, c’est que le rugby ça commence par nous : la mêlée, la touche, la conquête, que ce soit en phase offensive ou défensive. Si on est forts devant, ce sera plus facile pour nos trois-quarts de mettre leur jeu en place, par contre, si on est faibles devant, nos arrières ne vont pas être bien… C’est donc une très grosse responsabilité qui repose sur nos épaules.

La puissance, la tactique, le mental sont des choses essentielles pour nous, et depuis 3 ans que l’on connaît le monde professionnel, je crois que le pack de Massy est reconnu comme étant rugueux, bien en place, surtout en mêlée, bien en place en ballon porté.

Pack Massy 4 - Crédit Bata

 

Le RCME, tu le connais bien… Qu’est-ce qui te plait le plus dans ce club ? Et quel est le meilleur souvenir que tu en gardes, juste là ?

Ce qui me plaît, c’est la convivialité, l’amitié entre les joueurs. L’aspect humain est très important ici, on est tous solidaires, dans tous les moments, même dans les moments de faiblesse. On met « l’homme » en première place, et on se comprend tous là-dessus. On vit une vraie convivialité familiale.

Le meilleur souvenir « flash » qui me vient à l’esprit, c’est la première montée en PRO D2, ça a été énorme… Ca faisait 3 ans qu’on bataillait pour y arriver, qu’on tapait fort sur la porte pour qu’elle s’ouvre, et elle s’est ouverte ! Vivre ce moment a été formidable.

Victor - Bonheur victoire - Crédit BG

 

Combien de fois as-tu porté le maillot de l’Equipe de Géorgie ?

J’ai porté 50 (ou 49 !) fois le maillot de la Sélection Géorgienne. Ma première sélection remonte à 1993, c’était chez nous, contre l’Ukraine, j’étais remplaçant, je suis rentré et j’ai joué une trentaine de minutes, je m’en rappellerai toute ma vie.

Avec la Sélection et les “Lelos” (ndlr : En Géorgie, avant même de jouer au rugby, on jouait au “lelo”, sorte de rugby moyenâgeux qui mêle lutte et jeu de gagne-terrain dans une ambiance franchement virile), j’ai gagné plusieurs fois le Tournoi des VI Nations B, le premier en 2000, puis plusieurs autres fois, et j’ai participé aux Coupes du Monde de 2003 en Australie et de 2007 en France.

Et dans tout ça, finalement, pour toi, Viktor, le rugby, ça représente quoi ?

Victor - Bonheur victoire 2 - Crédit BG

 

Le rugby, ça représente tout… Et rien.

S’il n’y a pas de respect humain, ce n’est rien.

Par contre, si tout le monde est bien en place, c’est… Tout !

 


ICO-ville-2 Côté Ville


Que peux-tu nous dire de ton pays natal, la Géorgie ?

Cathédrale Tbilissi GéorgieMon pays, la Géorgie, c’est le plus beau pays du monde ! C’est là où je suis né, où j’ai grandi, c’est mon « Païs » comme disent les gens du sud… C’est ma langue maternelle, celle de mes parents. J’y pense très souvent et j’y retourne chaque année, pendant mes vacances en été.

Quand j’étais joueur et que j’étais sélectionné je partais plus souvent et pour de plus longues périodes, mais maintenant j’y passe malheureusement moins de temps.

Qu’apprécies-tu le plus, ici, à Massy et dans la région parisienne ?

J’ai vécu dans le sud de la France de 1999 à 2004, et je me suis rendu compte que les « sudistes » n’avaient pas forcément une bonne image de la région parisienne et de la banlieue, où il n’y a soit disant pas beaucoup de convivialité et où les gens sont un peu « froids ».

Et donc j’ai été très agréablement surpris, en arrivant ici, dans le club, mais aussi en dehors, de constater que les sudistes se trompaient (sans doute parce qu’ils ne connaissent pas assez bien) : les gens ici sont hyper chaleureux et accueillants. Massy est une ville moyenne, à dimension humaine, où il y a une grande convivialité. Et je me suis très vite intégré ici, avec l’aide du club, qui fait un énorme boulot de formation des jeunes, et ce boulot réalisé sur les terrains de rugby se constate aussi quand tu te ballades dans la ville et que tu discutes avec les Massicois.

En dehors de ta carrière de joueur, puis d’entraîneur, as-tu exercé, ou exerces-tu, une activité professionnelle ?

Quand j’ai arrêté de jouer en 2008 j’ai donc été confronté à la nécessité de trouver du travail, et grâce au club, j’ai été engagé chez un partenaire du RCME, la société Yprema, spécialisée dans les matériaux utilisés dans les Travaux Publics. J’y ai évolué vers un poste d’Adjoint de Chef de site, et j’y ai travaillé pendant 6 ans, avant de devenir entraîneur professionnel dans le rugby, au RC Massy Essonne.

En dehors du Rugby, as-tu un hobby particulier ?

géomètreJe suis Ingénieur géologue et géomètre de formation, et j’aime beaucoup réaliser des schémas topographiques, qu’on exécute par exemple dans la construction des ouvrages d’art.

J’ai une passion pour ce type de travail, mais malheureusement le rugby ne me laisse plus trop de temps pour ça.

 

Et pour finir en musique ou en chanson Viktor, tu nous fais écouter quoi ?

« Mzes Velodebi », de Ucnobi… Une chanson qui parle de mon pays, la Géorgie. C’est une chanson un peu nostalgique, qui veut dire “J’attends le soleil”, elle me transporte chez moi quand je l’écoute.


ICONE-VIDEOMzes Velobdi – Ucnobi


ICONE-WEB

Site Internet du Rugby Club Massy Essonne


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ICONE-CREDITSInterview : Frédéric Poulet
Photos Rugby : RCME – BG / Portrait Viktor : FP / Vues Géorgie: Fotolia /


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