Dimanche - 01 Août 2021

Michel Daragon / Le destin ovale d’un Gersois de Faget-Abbatial


C’est sans doute parce qu’il aime la nature que les Dieux du Rugby s’amusent à chamailler cet homme en lui faisant régulièrement croiser la route de quelque sanglier imprudent…

Et s’il est né dans un (relatif) désert rugbystique du Sud-est gersois, c’est à Madame Bru et à Monsieur Bonnet que Michel Daragon doit d’être entré en Ovalie du côté de Lombez et de Samatan… un pays qui compte toujours au moins un Sudérie dans ses rangs dès qu’il s’agit de jouer au Rugby. Plus tard, alors qu’il portera le maillot du F.C. Auch, le Toulousain Julian Fiorini lui fera admirer la Tour d’Armagnac et la Cathédrale Sainte-Marie d’un inattendu point de vue. À Foix, c’est en répondant à l’appel du « Tòca-i se gausas » qu’il défendra avec succès le célèbre château qui domine la cité. C’est aussi là-bas que le Gersois tombera amoureux de l’Ariège avec la complicité de « Lulu » et de tant d’autres qui lui feront découvrir la sublime « vallée verte », celle de la Barguillère. À Revel, il touchera à nouveau le planchot, mais bien plus que ça encore, il y gagnera le cœur d’Élodie pour une belle œuvre commune prénommée Lola. Et parce qu’un sanglier gersois ne meurt jamais, c’est à l’âge où beaucoup d’autres ont déjà remisé leurs crampons depuis des lustres qu’il s’offre aujourd’hui une nouvelle jeunesse avec une sacrée bande de copains, sur le pré de Caraman… Merci Michel !

 

 

Bonjour Michel, dis-moi… c’est vrai qu’un jour tu as failli devoir établir un constat avec un sanglier ? Raconte-moi ça…

Ah ça… c’est vrai qu’un jour, enfin… une nuit plutôt, sur les hauteurs, entre Sauveterre et Pellefigue, je me suis emplâtré un sanglier avec ma mobylette… En fait, je dirais que c’est plutôt lui qui m’a emplâtré. Ce con, il m’a percuté par l’arrière, heureusement sans grave conséquence pour moi, mais je te jure que ce soir-là, sur la route qui me restait à faire pour rejoindre la maison, je tremblais plus que le moteur de ma bécane !

 

Mais que foutais-tu donc sur ta mobylette en pleine nuit sur les hauteurs désertes du sud-est Gersois ?

J’avais 15 ans, et je rentrais de l’entraînement de Lombez, où j’étais Cadets 1ère année au sein du Lombez Samatan Club. À l’époque, je venais de rentrer en seconde au Lycée Agricole Beaulieu-Lavacant d’Auch. Une année compliquée pour moi car je suis interne, et donc bloqué toute la semaine à Auch. Je ne peux m’entraîner que le vendredi soir, et à peine arrivé chez moi, je saute sur ma mobylette pour parcourir les 20 kilomètres qui séparent Faget de Lombez. Ces trajets nocturnes me vaudront quelques retours assez épiques, souvent coursé par les chiens… et cette fois-là par les sangliers !

 

Blason de Faget-Abbatial

Tu as dit Faget… c’est où Faget ?

Faget-Abbatial… c’est un petit village du Haut-Astarac, un terroir du Gersois, un endroit planté au milieu de nulle part. Le premier stade de Rugby se trouve à 20 kilomètres ! Par contre, au-delà, il y en a plein : Masseube, Auch, Gimont, Lombez, Samatan, l’Isle-en-Dodon, Boulogne-sur-Gresse… Les terrains de jeu les plus proches de chez moi, c’était plutôt des terrains de foot, c’est ce qui explique que j’ai d’abord commencé par le ballon rond.

 

 

Faget-Abbatial, Gers (32)


 

Faget-Abbatial, c’est donc là où tu as poussé…

Michel au milieu des canards de la ferme familiale de Faget

Oui, je suis le fils unique d’une famille d’agriculteurs. Paul et Aline, mes parents, étaient à la tête d’une petite exploitation de polycultures et d’élevage, ce qui est assez traditionnel dans cette région. Si tu as vu le film « Au nom de la terre » de Guillaume Canet, eh bien je dirais que c’est un peu dans cette ambiance-là que j’ai grandi. Je ne suis pas particulièrement cinéphile, mais quand j’ai vu ce film, ça m’a vraiment rappelé l’ambiance de mon enfance et de mon adolescence.

 

Ça parlait sport à la maison ?

Non, à vrai dire, on ne parlait pas beaucoup de sport chez moi. Je n’irai pas jusqu’à dire que c’était un gros mot, mais disons que j’ai été élevé dans un contexte où, à la ferme, il y avait toujours beaucoup de travail, et en général on ne faisait et on ne parlait de trucs que s’ils étaient utiles. Les loisirs, ça n’était pas quelque chose d’ancré dans le mode de vie de mes parents, accaparés par le travail de la terre et par le soin à apporter aux bêtes.

Le sport principal qu’on pratiquait dans le coin et qui faisait briller les yeux des autochtones, c’était le « tir à la corde ». Les inter-villages qui se disputaient entre autres lors de la fête de Faget étaient très prisés et attendus par tous… c’était nos Jeux Olympiques à nous.

Et puis il y avait aussi une autre activité physique à laquelle on s’adonnait avec mes parents et les voisins, c’était le lancer de bottes de paille sur la remorque… Et ça, je peux te dire que c’est du vrai sport !

Photo 1 : Michel sur son tracteur, et au fond, Marc, le grand-père, auprès de ses vaches / Photo 2 : Aline, la maman / Photo 3 : Paul, le papa

 

Pourtant, tu vas te mettre au foot…

Le foot faisait partie du cursus « normal » des gamins de mon village. Nous étions grosso modo une dizaine à fréquenter les bancs de l’école communale de Faget, jusqu’à ce que, faute de combattants, elle ne ferme ses portes. J’ai alors dû aller faire mon CM2 sept kilomètres plus loin, à Saramon, là où se trouvait la « grande école » du canton, mais aussi le catéchisme et… le foot. École, catéchisme, foot… à cette époque et dans ce coin, c’était le tiercé gagnant !

J’ai donc joué au foot par mimétisme et solidarité avec mes copains, mais sincèrement, je n’étais pas très bon… enfin… disons que c’était pas trop mon truc. On m’avait mis arrière latéral et j’avais donc déjà un numéro 2 ou 3 dans le dos … chiffres prémonitoires pour ce qui m’attendrait plus tard dans le Rugby. En fait, je n’avais pas vraiment la morphologie du footballeur modèle… J’étais plutôt râblé et grassouillet, et si j’arrivais à faire quelques trucs ballon au pied, je pêchais au niveau de l’endurance… Bref, je me suis assez rapidement rendu compte que je n’étais pas fait pour le foot… et vice versa !

 

Et alors, comment le Rugby vient-il à toi ?

C’est par le collège Beauregard (rebaptisé depuis « Simone Veil ») que je fréquente à Masseube que le Rugby va entrer dans ma vie, grâce à deux de mes professeurs : Madame Bru (la maman de Yannick Bru, l’ancien talonneur international toulousain), qui était ma prof de Français et d’Histoire-Géo en 5ème, et Monsieur Bonnet, mon prof de Français en 4ème. Bien évidemment, Madame Bru connaissait très bien le Stade Toulousain, et Monsieur Bonnet était un féru de sport. Tous les deux me parlaient souvent de Rugby et m’y intéressaient, jusqu’au jour où Madame Bru m’a offert un poster du Stade Toulousain, signé par toutes les stars de l’époque… c’était mon premier trophée pré-rugbystique et ça a été un déclic pour moi !

 

Donc, ils sont arrivés à te convaincre, Madame Bru et Monsieur Bonnet ?

J’ai bien sûr commencé à parler de Rugby à mes parents et évoqué mon envie d’y jouer, jusqu’au moment où, je ne sais plus trop dans quelles circonstances, je me suis retrouvé au milieu des Benjamins du Lombez Samatan Club. Je me souviens très bien qu’en cette année 1995, année de Coupe du Monde de Rugby en Afrique du Sud, toutes les écoles de Rugby de Midi-Pyrénées avaient été invitées le 11 novembre au Stadium pour assister à un test match France – All Blacks… c’était la première fois de ma vie que j’assistais à une grande rencontre de Rugby !

 

Quelles sont les premières personnes que tu vois quand tu arrives au Lombez Samatan Club Rugby ?

Michel rejoint les Benjamins du Lombez Samatan Club, coachés par Claude Bellard (à gauche) et Daniel Macary (au centre)

Je suis accueilli au LSC par Jean-Claude Carde, alors Responsable de l’École de Rugby, un homme d’une générosité incroyable. Mes parents n’ayant pas beaucoup de moyens, je me demande encore aujourd’hui qui de lui ou du club a payé ma licence. Claude Bellard, un instituteur, et Daniel Macary sont mes premiers entraîneurs, des types extraordinaires, qui guident avec bienveillance mes premiers pas en Ovalie. Grâce à eux, et contrairement à ce que j’avais vécu au foot, je ressens pour la première fois cette sensation d’être utile sur un terrain et au sein d’une équipe.

Je vais aux entraînements en bus, qui passe à 5 kilomètres de la ferme, et dans lequel je retrouve Christophe Lafforgue, David Whittingham, Bruno Beyria, Antoine Vanhove… . Et dans cette équipe de Benjamins, nous rejoignons entre autres Renaud Perez, Mathieu Roumiguié, Mathieu Gourdin, Ludo Sudérie (il y a toujours un Sudérie dans une équipe de Lombez Samatan !), les frères Puntis, Chancholle, Grégory Moulis et plein d’autres que je ne peux pas tous citer… Une génération 82/83 comptant pas mal de joueurs qui quelques années plus tard feront les beaux jours du Lombez Samatan Club.

 

Comment se passe ton apprentissage ovale sous le maillot de Lombez Samatan ?

Je découvre le monde du Rugby et j’y prends vraiment goût. Compte tenu de mon physique un peu « râblé », je prends au fil du temps de plus en plus confiance en moi et de plaisir à aller taper dans la couenne, ce qui me vaut grâce à Claude le surnom « d’autobus » au sein du groupe de gamins.

En Minimes nous avons la chance d’être entraînés par Henry et Pierre-Henry Broncan, l’actuel entraîneur du Castres Olympique, qui était alors le demi-de-mêlée de Lombez. Henry, son père, surnommé « le sorcier gersois » et qu’on appelait affectueusement et avec respect « le vieux », entraînait la Une du LSC et s’occupait aussi des équipes de jeunes, avant qu’il n’aille par la suite connaître les succès que l’on sait à Auch, Agen et Albi.

Grâce à Jean-Michel Goupil, Michel sera « pilier lanceur » en Ovalie (Photo Serge Gonzalez)

Ce fut pour moi une époque fondatrice, qui m’a permis d’entrer avec bonheur dans ma « deuxième famille », car nous évoluions dans une ambiance très paternaliste et bienveillante. Moi qui venait d’un monde où le labeur était une valeur-clé de la vie, je retrouvais là des personnes qui donnaient du mérite au travail… des gens vrais, qui m’ont aidé à courber l’échine pour être plus performant sur le pré. Car bien sûr, on ne me faisait pas jouer derrière, et pour moi, c’est en première ligne que ça s’est passé, dès le début de mon apprentissage rugbystique… J’ai très rapidement trouvé ma place de pilier gauche !

Sur les conseils avisés de Jean-Michel Goupil, qui faisait lui aussi partie du staff des éducateurs, j’ai aussi été formé au lancer au cas où il faille que je passe au talonnage, et ça m’a permis d’être plusieurs fois « pilier lanceur » dans la suite de ma carrière. Maîtriser ce geste m’a valu de longues séances d’entraînement seul devant des mâts plantés devant moi… essayant de les viser en imitant les attitudes des « grands » de l’époque, comme Patrick Soula, Yannick Bru ou Raphaël Ibanez.

 

Des moments particulièrement forts pour toi durant cette période ?

À Lombez Samatan on était élevé dans la culture du « petit rebelle » par rapport aux grosses écuries avoisinantes, comme celles d’Auch ou de Toulouse, mais c’est là-dedans qu’on puisait notre force et notre fierté pour tenir la dragée haute à tout ce beau monde. Je me souviens d’un tournoi à Bagnères-de-Bigorre où on avait réalisé l’exploit de battre le Stade Toulousain à l’arrache… Cette victoire, on la devait surtout à notre volonté de terrasser un géant, galvanisés par un discours d’avant-match homérique dont Henry Broncan avait le secret. Rien que de t’en parler maintenant, j’en ai encore des frissons.

C’est aussi en Minimes que j’ai connu ma première sélection dans l’équipe départementale du Gers. Je me souviens que c’est Jean-Michel Goupil qui m’avait amené à Auch pour la journée de détection. Le petit gars de la campagne que j’étais et qui n’avait même pas deux ans de Rugby derrière lui était impressionné de monter à la grande ville et d’aller se confronter au « gratin » gersois. J’avais notamment été impressionné par Romain Friand et Anthony Salle-Canne, avec qui je jouerai plus tard à Auch. Me concernant, j’y étais allé un peu sur la pointe des pieds, mais j’ai été retenu, ce qui m’a permis de faire partie du groupe qui allait ensuite disputer le tournoi interdépartemental à Béziers. Grâce à l’aide et à la bienveillance de mes éducateurs et de tous ceux qui nous encadraient, cette expérience m’a permis de gagner de la confiance en moi et dans mes capacités… J’étais complètement et définitivement gagné par la passion du Rugby !

 

Et cette passion t’amène même à rêver d’un projet fou pour Faget-Abbatial…

Oui, j’avais tellement pris goût au Rugby du côté de Lombez-Samatan que j’entretenais un rêve… Celui de voir un jour un terrain, des poteaux de Rugby et un club house dans mon berceau natal, sur un pré tout plat que j’avais repéré à côté de la coopérative et du café Strucviel, à Héréchou, dans le bas du village… J’y voyais déjà les valeureux « tireurs à la corde » de Faget, tous de solides gaillards, courir avec joie, un ballon ovale dans leurs mains.

 

 

Mais à tes 15 ans, cette passion est à deux doigts de tourner court…

Le « Café des Sports » Suderie… incontournable pour les rugbymen du LSC

J’ai 15 ans et arrivent mes années Cadets. C’est l’âge des premières sorties avec les potes du Rugby… tu vas boire un coup chez Sudérie, au « Café des Sports » … une institution à Samatan, tu vas rôder du côté de la discothèque à Lombez… bref tu découvres la vie et ses multiples facéties! Malheureusement, alors que tout pour moi est insouciance, une mauvaise nouvelle m’est annoncée par le Docteur Porterie à Auch, qui me dit : « Michel… il faut que tu arrêtes le Rugby… ». Il me diagnostique une épiphysite de croissance au niveau du dos. Pour moi, c’est un coup de poignard que je reçois… On ne parlait pas trop de dépression à cette époque, mais sincèrement, je crois que j’ai vécu un truc de ce genre.

Mais à grands coups de kiné et équipé d’un corset, je m’accroche et je bosse dur pour me renforcer le dos. Si bien qu’au bout de six mois, je suis autorisé à reprendre du service. Je vis alors une seconde naissance tellement je suis heureux… même si quelques chiens et autres sangliers continuent à me courser en pleine nuit au retour des entraînements !

 

Pendant cette période où tu ne joues pas, à quoi occupes-tu tes week-ends ?

Je vais voir jouer mes potes le samedi ou le dimanche, et je me mets à la belote avec mon père ! On écume tous les concours du vendredi soir de la région, et ma foi… on n’était pas trop mauvais !

 

Une fois remis, tu enquilles ta 2ème année Cadets à Lombez-Samatan ?

Non… les contraintes auxquelles je suis confronté pour gérer la logistique dans le triangle « Auch / Faget-Abbatial / Lombez-Samatan » deviennent trop lourdes, alors pour simplifier tout ça, je rejoins les Cadets d’Auch. Cette même année, Henry Broncan et plusieurs joueurs de Lombez-Samatan rejoignent aussi le F.C. Auch qui vient de monter en Élite 1, ce qui fait que je ne suis pas perdu quand je débarque dans la préfecture gersoise. D’autant plus que, poussé par leur père, Denis, mon docteur, je retrouve aussi là-bas les frères Brousse, ainsi que des copains de lycée, comme Mickaël Ronchi et Guillaume Anglade, avec qui je me chambrais gentiment jusque-là puisque je jouais à Lombez et eux à Auch… Désormais on allait porter le même maillot !

On est entraîné par Marc Coma et Robert Ferrero, et notre équipe est composée d’un noyau auscitain bien sûr, mais aussi de gars qui comme moi arrivent d’un peu partout dans le département… de Lectoure, de Vic-Fezensac, de Condom, de Mirande, de Nogaro… Il fallait que l’amalgame se fasse, car on ne rencontrait que des gros bras, comme Toulouse, Perpignan, Pau, Mont-de-Marsan etc… Ça piquait un peu et on n’a pas gagné beaucoup cette saison-là ! Je me souviens d’un match contre Toulouse où pour une fois j’avais joué à droite pour remplacer mon pote Yannick Bonnassies qui s’était blessé dans la semaine. C’était ma première en pilier droit et je tombe contre Julian Fiorini… J’ai passé l’après-midi les pieds au-dessus du sol, à regarder la Cathédrale Sainte-Marie et la Tour d’Armagnac à l’envers !

La Tour d’Armagnac et la Cathédrale Sainte-Marie d’Auch comme les a vues Michel un certain jour grâce à Julian Fiorini… à l’envers !

 

Et tes années Juniors ?

Autant l’année Cadets avait été difficile, autant la montée en Crabos se passe super bien. On garde les mêmes entraîneurs, on se qualifie et on joue un 1/8ème de finale contre Nice et Delon Armitage. En Reichel, je suis entraîné par Joël Rocca, un des plus grands piliers du F.C. Auch. Quand tu joues à la pile et que tu es coaché par un gars comme ça, tu n’as plus qu’à écouter et essayer de faire ce qu’il te dit. On en a passé des heures au joug sur le terrain de Rive-droite… j’adorais ça!

Mes années Juniors à Auch, ce sont sans doute mes plus belles années de Rugby. On est une sacrée bande de copains, sur le pré et en dehors, et on arrive à embarquer nos parents avec nous dans l’aventure. Ils nous suivent sur tous les matchs (et à l’apéro) et ils sont devenus potes entre eux… C’était assez incroyable. Je me souviens qu’un soir, toute l’équipe décide de partir en boîte… quand on arrive là-bas, nos parents sont déjà tous là, accoudés au bar !

Michel (premier joueur en maillot debout à droite)) avec les Crabos du F.C. Auch avant d’affronter Nice en 1/8ème de finale du Championnat de France

 

Donc tu t’éclates bien au sein des Juniors Auscitains… au point d’en oublier quelques fondamentaux du code de la route à ce qu’il paraît…

Ah… je vois que tu as de bonnes sources ! Il est vrai que nous baignions dans une super ambiance sur et en dehors du pré, grâce à des dirigeants et des bénévoles qui nous chouchoutaient. Les anciens nous préparaient les repas avant matchs… tu sais, ces personnages hauts en couleur et essentiels que l’on retrouve à peu près dans tous les clubs… des figures qui sont nées dans le stade et dont tu ne peux pas les dissocier tellement ils font partie des meubles… Ils sont aussi âgés que les tribunes, et ils sont toujours là, quoiqu’il arrive, fidèles au poste pour faire tourner la baraque. Traditionnellement ils nous préparaient le sempiternel mais ô combien apprécié « poulet pâtes » au club house, mais pour quelques occasions particulières, les dirigeants nous amenaient à la Hournère, un restaurant réputé situé à Marsan, à proximité d’Auch.

Et c’est justement en se rendant à la Hournère pour s’y restaurer avant de rencontrer Tyrosse, qu’un jour je fais un truc stupide avec Philippe Rhodes (dit « la Galette ») : on se tire la bourre sur le trajet en prenant des routes parallèles, style le premier qui arrive au Moulias a gagné… Vraiment un truc con de gamins cons ! Tellement con d’ailleurs, qu’à un moment du trajet on se rejoint à un rond-point, et que ni lui ni moi ne veut céder… Bingo, on s’accroche ! Je t’avoue que j’étais un peu penaud parce qu’il était (légèrement) arrivé avant moi dans le sens giratoire… Après toutes ces émotions, on est finalement arrivé ensemble au stade, et à temps pour le match !

 

Et après, c’est quoi la suite pour toi ?

J’ai la chance de vivre une belle année le dans Championnat de France Reichel. On se qualifie et on passe un ou deux tours, je ne sais plus, avant d’être stoppés par Clermont-Ferrand. C’est aussi en 1ère année Reichel que je fais la connaissance de Pierre Durand, qui vit maintenant en Australie… Une profonde amitié va très vite naître entre nous et toute sa bande de copains issue du lycée agricole qu’il fréquentait à Toulouse et qu’il me fait connaître, les « Gorets d’Auzeville », que je considère encore aujourd’hui comme des frères…

1ère année Reichel à Auch… Michel est le 1er debout à droite, Pierre Durand le 7ème en partant de la gauche

 

Côté études, je suis à l’IUT de Génie Biologique, toujours à Auch, et côté Rugby, j’ai vraiment envie de progresser et de passer un nouveau cap au sein des Espoirs Auscitains. Mais je n’arrive pas bien à gérer la dualité Études / Rugby, et au final je m’égare un peu dans tout ça… petit à petit je commence à perdre du terrain côté Rugby. Je pars ensuite suivre une Licence de Biologie à Toulouse. On est plusieurs du F.C. Auch dans ce cas, et le club organise spécialement pour nous une plateforme d’entraînement pendant la semaine dans la Cité Rose avec Fufu etc… Durant cette période cruciale pour mon avenir, le Rugby reste bien sûr toujours très important pour moi, mais finalement je ne me donne pas vraiment les moyens de passer ce fameux cap… et puis, la concurrence est rude !

 

Ton aventure auscitaine va donc se terminer ?

Une fois ma Licence de Biologie en poche, les rencontres font que je décide de partir en Ariège, où les opportunités professionnelles me semblent alors mieux correspondre à mon cursus universitaire. Je prends contact avec Pamiers et Foix… À Foix, je retrouve mon ami Yannick Bonnassiès qui était parti jouer là-bas, et je fais une magnifique rencontre, celle d’Alain (dit « Lulu ») Piquemal, alors Président de l’Union Sportive Fuxéenne… Lulu Piquemal, un homme d’une très grande générosité et qui m’aide énormément à mon arrivée à Foix, tant au niveau professionnel que logistique. Grâce à lui, je suis logé à Garbet, dans la Vallée de la Barguillère, un lieu magnifique qui m’a fait découvrir et aimer l’Ariège, tant par ses paysages que par les personnes que j’y ai rencontrées et avec lesquelles j’ai gardé beaucoup d’attaches. Je reste aujourd’hui viscéralement accroché à cette vallée, et parce que j’y ai beaucoup d’amis, j’ai ensuite eu l’honneur de porter le maillot de l’AS la Barguillère à 2 ou 3 occasions mémorables.

 

Michel, dans la vallée verte de la Barguillère, avec Laguite, Serge, Blondin, Jean Ba et tous les autres!

 

Michel à Foix… hop hop hop cadrage débordement…

J’arrive à Foix pour la saison 2004-2005, le club est en Honneur, avec une équipe en reconstruction et un sacré duo d’entraîneurs, Jean Arnaudin pour les avants et Jean-Michel Ferré pour les trois-quarts… Jean est un stratège, réfléchi, un leader et un meneur d’hommes, dur avec lui-même et avec les autres, juste… et Jean-Michel un instituteur, poète du Rugby, qui rêve de beau jeu et qui n’a de cesse de faire envoyer le ballon à l’aile, et qui te parle de Rugby avec des mots choisis et beaucoup de passion. Un duo d’entraîneurs détonnant et complémentaire, qui m’a appris beaucoup de choses… des choses que j’ai toujours essayé de reproduire par la suite.

 

Quel sera ton parcours dans la Cité Fuxéenne ?

Je fais six saisons sous le maillot « Sang et Or » de l’U.S.Foix, des couleurs frappées de la célèbre devise de la ville : « Toca-i se gausas » … « Touches-y si tu oses » … Cinq mots qui valent bien plus qu’un long discours ! Le Château de Foix est visible de partout là-bas et les Fuxéens sont prêts à tout pour défendre la forteresse. Mon intégration en Ariège se fait très vite, facilitée par quelques fêtes de village et des rencontres de personnages exceptionnels qui me font découvrir et aimer leur pays. Et comme dans tous les terroirs de France et de Navarre, je prends vite conscience là-bas des guerres de clochers entre les cités voisines : Foix, Pamiers, Lavelanet, Tarascon-sur-Ariège, Saint-Girons, Laroque-d’Olmes, Villeneuve-du-Paréage… et moi je débarque en première ligne là-dedans pour participer à la fête !

… et tac tac tac… essai pour Foix !

Victorieux de Balma, on est Champions des Pyrénées en 2006, mais on ne montera pas cette année-là. Par contre, la saison d’après, mystère des règlements, on n’est pas Champions, mais on monte en Fédérale 3 ! Lors des phases finales du Championnat de France, on sort un peu plus loin de nos terres pour aller rencontrer les Audois, les Catalans, les Toulousains… Ça frictionne encore un peu plus sur le pré et on a vit des déplacements mémorables.

 

2006 : Michel et l’U.S. Fuxéenne de Lulu Piquemal (en cravate) sont Champions Honneur des Pyrénées… Le Château de Foix aura été chèrement défendu par les « Sang & Or » … « Toca-i se gausas » !

 

 

Côté Professionnel, les postes du Parc Régional Naturel des Pyrénées Ariégeoises sur lesquels je pensais pouvoir me positionner ne s’ouvrant finalement pas, je dois m’adapter et faire plusieurs boulots… C’est ainsi que je suis tour à tour facteur, pion, banquier … des jobs hétéroclites qui m’éloignent trop de ma véritable vocation et de mon parcours de formation, alors je pars faire une formation de Technicien à la Fédération Nationale des Chasseurs, à Mirande, dans le Gers, à l’issue de laquelle j’effectue un stage à la Fédération Départementale des Chasseurs de l’Ariège. C’est à cette occasion que je rencontre Évelyn Marty, quelqu’un qui me guidera énormément dans mes choix professionnels et qui m’aidera à m’épanouir dans ce que j’aime vraiment.

Je vais alors me perfectionner en me formant à Toulouse dans la Cartographie Numérique et les Systèmes d’Information Géographiques grâce à mon ami Mathieu Déjean et à Michel Ferret, alors président du Rugby Club Revélois et qui a de très fortes accointances avec l’organisme de formation. Me voilà ainsi invité à rencontrer les dirigeants et les entraîneurs du club, Stéphane Simon et Olivier Richard. Ces deux hommes vont jouer un rôle essentiel dans ma décision de signer à Revel, à une époque où ma vie personnelle est difficile. Pour l’anecdote, le jour où je signe à Revel, je ramasse sur la route du retour, vers Plavilla,  un… sanglier !… Va savoir, peut-être un de la lignée de celui que j’avais percuté en mobylette entre Sauveterre et Pellefigue en rentrant de Lombez quand j’étais gamin !

 

 

Revel est donc la prochaine étape de ta destinée ovale ?

Michel (en mode sanglier!) au R.C. Revel (photo Serge Gonzalez)

Oui… Je quitte l’U.S.Fuxéenne, Foix et l’Ariège en 2009, direction Revel et le Rugby Club Revélois, en Haute-Garonne. Et là, immense bonheur, pour fêter mon arrivée, on est Champions Midi-Pyrénées Honneur en mai 2010, en battant l’US Canton-de-Saint-Lys. On monte en Fédérale 3, avec un super groupe… On n’est sûrement pas les meilleurs, mais on est une vraie bande de copains, avec des gars issus du terroir Revélois, d’autres qui y reviennent après avoir tenté une expérience ailleurs… et moi qui suis le « Gersois » de l’équipe !

 

Et tu trouves que c’est bien d’avoir du Gersois dans son équipe ?

Ben oui, bien sûr, que c’est bien ! si tu remarques bien, il faut toujours du Gersois dans une équipe pour qu’elle gagne… Regarde l’Équipe de France : Pierre Bourgarit, Grégory Alldritt, Anthony Jelonch et Antoine Dupont… tous formés dans le Gers ! En fait, c’est comme dans une bonne salade, si tu ne mets pas du gésier ou du magret, c’est pas pareil !

 

Tu vis quoi avec le maillot « Rouge & Noir » du Rugby Club Revélois ?

À mon avis… le 15 est cuit ! (Photo Serge Gonzalez)

Je joue au total sept saisons, avec des yoyos entre Honneur et Fédérale 3. Je file un coup de main aux entraîneurs des Cadets et des Juniors du club, pour apporter mes connaissances au niveau des touches et des mêlées. Et au fil du temps, ces gamins grandissant, j’ai l’immense plaisir de les retrouver en Seniors et de jouer avec eux (en tant que surveillant de “la Garderie”), soit en Une, soit en Réserve. Ça, je peux te dire que ce sont des moments super bons à vivre. C’est l’horloge du temps qui fait son œuvre… Tu les aides à entrer dans le monde des « grands », et eux ils t’aident à le quitter peu à peu, tranquillement… et tout ça dans la bienveillance et la bonne humeur !

Un autre évènement déterminant pour moi va se dérouler à Revel… C’est en effet le soir de la finale qu’on vient de gagner, le 9 mai 2010, jour mémorable, que je rencontre Élodie, ma compagne. Ce jour-là j’ai vraiment tout gagné, bien plus que le planchot… Depuis, Élodie et moi, on ne s’est plus jamais lâchés, et aujourd’hui nous avons le bonheur d’avoir fait ensemble une petite Lola.

 

Élodie, Lola, Michel et… le bouclier de Brennus ! … Avec la complicité de Laurent LABIT, natif de Revel et Manager du Racing, Champion de France en 2016

 

Tu m’as dit avoir fait un faux départ du Rugby Club Revélois…

Oui, figure-toi que j’ai fait deux jubilés de départ avant de quitter Revel… Le premier avec la Réserve chez les Catalans d’Elne. Je marque un essai cinq minutes avant la fin de ce qui devait être mon dernier match sous le maillot Revélois. Pour l’occasion (ce n’est pas souvent que je marquais !), Pumpil’s, Aziz et mes potes me disent : « T’as marqué… allez, va le transformer ton essai ! ». Je tente, et ça passe ! … Sauf que chez les Catalans, un pilier adverse qui vient de marquer et qui transforme… ça ne se fait pas… question de fierté ! Il restait cinq minutes à jouer… ça a été les plus longues de ma vie ! Je les ai passées avec les rétroviseurs en permanence. Au coup de sifflet final, les gars d’Elne ont rapidement su que c’était mon dernier match, et on a fait tous ensemble une sacrée troisième mi-temps arrosée de vin chaud autour du jambon de la bourriche !

Et puis à l’intersaison de nouveaux entraîneurs arrivent, des jeunes montent en Seniors… « Allez Mitch, reste… » … Donc je reste, et j’enquille une nouvelle saison, ce qui me permettra de faire un deuxième jubilé, contre Vic-Fezensac cette fois. Suite à quoi j’arrête de jouer, pour me consacrer à ma petite famille et à la maison qu’on vient d’acheter.

2010 : Cette fois, c’est avec Revel que Michel (5ème en bas en partant de la droite) est Champion Honneur Midi-Pyrénées !

 

C’est donc à ce moment-là, à 35 ans, que le petit gars de Faget-Abbatial met un terme définitif à sa carrière de Rugbyman ?

Penses-tu! Au bout de deux ans loin du terrain, j’ai à nouveau vraiment besoin de Rugby et j’ai envie de me rapprocher de quelques copains que j’envisage de rejoindre au « XV du Refuge » à Toulouse. Et puis un jour, mon pote Clément Banquet, dit « La Banque », me laisse un message : « Hey Mitch, avec François Coustel, Lionel Pradelles, Maxime Gras et Adrien Ourliac (tous des anciens de Revel), on se dit qu’on irait bien jouer à Caraman… Ça te dit ? ». Mon ancien n°8 de Revel, Bébert Alibert, avait déjà signé à la JSC la saison d’avant… Camaran est à 7 kms de chez moi… Alors je n’hésite pas très longtemps et je dis « Banco ! » à « La Banque » un soir au détour d’un zinc à Albiac !

Et comme on a besoin d’entraîneurs à Caraman, on appelle ce soir-là Lilian Cancian, qui nous avait entraînés à Revel… On le harcèle jusqu’au moment où il cède. C’est ainsi qu’on arrive en bande au sein de la Jeunesse Sportive Caramanaise pour aborder la saison 2019/2020…

En direct d’Albiac… la photo qui a fait basculer la destinée de Lilian Cancian du côté de Caraman !

 

Michel, maintenant en « Rouge & Blanc » avec la J.S. Caraman

Et dans ce groupe transfuge de Revel, il y a aussi une bestiole…

Oui ! j’apporte dans mon sac « Marthe-la-martre » à Caraman, une bestiole que j’avais amenée à Revel quand je bossais à la Fédération des Chasseurs de l’Ariège. Elle avait été piégée au cours d’une étude menée pour évaluer la population de martes en Ariège, via un processus de « capture-marquage-recapture ». « Marthe » trouvant que l’appât était bon, revenait souvent mettre son museau dans la gamelle, jusqu’au jour où elle a malencontreusement et bêtement été victime du dispositif (bien sûr non létal, faut-il le préciser) … du coup, punie par le péché de gourmandise, elle a été empaillée. Comme te l’ont expliqué Clément et Florian, elle est devenue la mascotte de la J.S. Caramanaise, et tient compagnie aux « Cagolins » qui se succèdent semaine après semaine.

 

Qu’as-tu trouvé en arrivant à Caraman ?

J’y ai retrouvé l’esprit du Rugby des villages gaulois, celui que j’affectionne particulièrement et que j’ai finalement vécu un peu partout où je suis passé… Lombez-Samatan, Auch (même si à l’époque le FCA évoluait à haut-niveau, c’était toujours le Petit Poucet par rapport aux Géants qui l’entouraient), Foix, Revel… des cités-villages où le clocher n’est jamais bien loin du Stade de Rugby. Alors oui, bien sûr, du haut de mes 38 ans, je me sens très bien au sein de la Jeunesse Sportive Caramanaise, de ses joueurs, de ses dirigeants et de ses bénévoles !

Caraman, le Rugby des villages… celui que Michel affectionne tout particulièrement

 

Que penses-tu de Clément Cassan et de Florian Thuriès, les deux jeunes coprésidents-joueurs de la J.S. Caraman qui t’ont fait la passe « Puissance 15 » ?

Clément et Florian ont vraiment tout mon respect. Quand je suis arrivé en 2019, la J.S. Caraman fêtait ses 50 ans, et aidés des anciens et de leurs copains, ces deux jeunes ont géré d’une main de maître l’évènement organisé pour l’occasion. Ils ont réussi à rassembler ce jour-là la garde et l’arrière-garde du club, ça fait du monde, et ils ont fait un magnifique discours, dans lequel personne n’a été oublié. Et chez eux, les discours sont toujours suivis de faits… ils sont humainement bons ces gamins.

C’est beau ce qu’ils ont fait pour leur village, alors qu’ils n’avaient que 18 ans et qu’ils auraient pu aller jouer ailleurs. Ils ont réussi à composer une belle partition qu’ils jouent avec les jeunes et les anciens du cru, et à laquelle sont venus participer avec plaisir des gars d’un peu plus loin, comme moi.

Même si on a vécu deux saisons complètement hors-norme et tronquées à cause du Covid, j’ai trouvé à Caraman tout ce que j’avais envie de retrouver en me remettant au Rugby. Alors j’essaie d’apporter ma pierre à l’édifice, comme joueur tant que je le peux encore… Allez, j’ai vraiment envie d’en refaire une, avec de jeunes énergumènes comme les Néroc’, Coustel, Pilou etc…, et peut-être même de vieilles surprises… on ne va quand même pas s’arrêter sur un Covid, merde !

On lâche rien… on met le Covid à 10 mètres et on remet ça… La J.S. Caraman a de beaux jours devant elle!

 

Michel, quittons un instant le Rugby… Tu fais quoi dans la vie ?

Je travaille pour la société « Élément 5 », un bureau d’études pluridisciplinaire en environnement et développement durable. Dirigé par Alexandre Derrez (que j’avais essayé de mettre au Rugby … à 13 !… quand nous étions tous deux au Lycée Agricole à Auch), le siège est situé en Alsace, mais je suis basé à Auriac-sur-Vendinelle. Nous sommes une équipe de 6 personnes et nous réalisons des expertises environnementales dans différents domaines : Gestion des milieux naturels (inventaires faune / flore, hydrologie, restauration et renaturation de milieux dégradés…), Développement durable (déclarations – autorisation ICPE, gestion des déchets, études d’impact, dossiers loi sur l’eau…), Urbanisme et aménagement du territoire (PLU, approche environnementale…). Au sein de l’équipe, j’occupe pour ma part la fonction de Technicien faune et de Géomaticien cartographe… On traque le hamster, on inventorie les zones humides, et plein d’autres choses encore!

 

Au travail aussi, Michel reste un homme de terrain…

Qui sont vos donneurs d’ordre ?

Nos clients sont l’État, les collectivités (régions, départements, communautés de communes, communes etc…), les aménageurs, des associations, des privés. Dans la grande majorité des cas, on répond à des marchés publics.

 

Qu’est-ce que tu aimes particulièrement dans le poste que tu occupes ?

C’est le fait qu’il me fait pas mal voyager dans l’hexagone, et découvrir de nombreux terroirs avec des caractéristiques écologiques particulières et spécifiques, et de bons fromages aussi, notamment entre le Gers, l’Ariège et le Lauragais… des pays qui me sont chers.

 

Entre Rugby et boulot, je crois que tu veux adresser un clin d’œil particulier…

Oui, à David Clavé, un autre ami du Lycée Agricole Beaulieu, avec qui j’ai joué à Auch et grâce à qui j’ai pu concrétiser plus tard un projet d’élevage de poissons migrateurs en pisciculture… Un projet qui me tenait particulièrement à cœur. Aujourd’hui, David a repris la boulangerie de son père à Pinas, où il produit les meilleures tourtes des Pyrénées (entre autres) du Plateau de Lannemezan !

 

Pendant tes moments de loisirs, tu aimes faire quoi ?

Ce sont toujours des activités en relation avec la nature, c’est sans aucun doute lié à mes origines rurales… Comme la pêche par exemple, que j’ai pratiquée très jeune avec mon grand-père, et puis plus tard avec mes potes des « Gorets d’Auzeville », avec qui on partait avec nos cannes deux ou trois jours dans les lacs de montagne pyrénéens, coupés du monde…

Michel pour une partie de pêche en montagne, en compagnie de quelques « Gorets d’Auzeville »…

J’aime ces moments hors du temps. J’ai aussi toujours été attiré par le domaine de la chasse, bien que je ne la pratique pas. C’est d’ailleurs pour ça qu’à une époque j’ai suivi une formation de technicien cynégétique…

 

Peux-tu éclairer ma lanterne… c’est quoi un technicien cynégétique ?

C’est une personne qui contribue au développement durable de la chasse, et qui suit et gère les populations de gibiers et leurs habitats afin de contribuer à la mise en place d’une exploitation rationnelle et durable des espèces.

 

Tu nous fais écouter une chanson avant qu’on se quitte ?

Ah ! C’est un choix difficile à faire pour moi… des chansons que j’aime, il y en a tellement. J’ai toujours aimé chanter en 3ème mi-temps… peut-être mal, faux et très fort… mais j’ai toujours adoré ça ! J’aime les chansons de Nadau, les éternelles chansons françaises de soirées d’après-matchs… les Joe Dassin, Michel Sardou, Michel Delpech… les oies sauvages… et en avant la musique !

Mais puisqu’il faut en choisir une seule ici, je vais faire un clin d’œil à ma petite Lola… « Le refuge », un chant pyrénéen d’Edmond Duplan, que je lui chantais pour l’endormir lorsqu’elle était toute petite.

 

ICONE-VIDEO« Le refuge »

 

 

Et la passe Puissance 15… tu vas la faire à qui ?

Je voudrais la faire à tous ceux que le Rugby a eu la bonne idée de me faire partager de merveilleux moments… mais il y en a trop, ça ferait une gigantesque mêlée ouverte.

Alors puisque là aussi il ne m’est possible de faire qu’une seule passe, je vais la faire avec un plaisir énorme à Virgil Véron, quelqu’un que j’aime par-dessus tout. Virgil a eu un accident de Rugby à 16 ans… et depuis le Rugby ne l’a jamais quitté, il est traversé par son amour. C’est une belle personne, très investi dans différents projets, et je sais qu’il aura beaucoup de choses à te raconter.

Michel et Virgil en mêlée… pour faire vivre l’Esprit Ovale !

 

 

ICONE-CREDITS

Interview : Frédéric Poulet

Crédits Photos : Photos Rugby : archives personnelles de Michel (crédits identifiés indiqués dans légendes des photos, notamment celles de Serge Gonzalez lorsque Michel jouait à Revel) / Blason Faget-Abbatial : Wikipedia – Etxeko – CC BY SA 4.0.

Eu égard aux droits qui leur seraient associés, nous nous engageons à enlever les illustrations présentes dans cet article, sur simple demande de leurs auteurs.


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