Vendredi - 25 Juin 2021

Jean Tardy / Bénévole au Rugby Club Massy Essonne


Comme beaucoup de dirigeants du Rugby Club Massy Essonne, c’est en accompagnant son poussin de fils à l’école de rugby que cet homme est entré, il y a 44 ans (pile poil l’année de la création du club !), dans la grande famille « Noire & Bleue », famille qu’il n’a depuis jamais quittée.

Jean Tardy incarne une valeur essentielle sans laquelle le sport (mais aussi multe autres activités humaines) ne pourrait vivre : le bénévolat à l’état pur… Une valeur qu’il met en œuvre au quotidien avec beaucoup de ceux qui font « tourner la boutique » du RCME (depuis la naissance du club pour certains, et là, impossible de ne pas faire un gros clin d’œil à Roberte et à Alain !). En lisant les lignes qui suivent, d’où que vous soyez et quelles que soient les couleurs que vous chérissez, vous retrouverez certainement dans l’histoire rugbystique de Jean celles d’hommes et de femmes que vous connaissez… Ceux qui, bénévolement, additionnés les uns aux autres, participent grandement à faire « tourner la boutique » du rugby français. Tous ensemble, adressons leur un grand « Bravo ! »… Merci Jean !

Envoyez un message à Jean Tardy

 

Bonjour Jean, depuis quand le rugby accompagne-t-il ta vie ?

descente infernaleJe suis arrivé dans le monde du rugby en septembre 1971, en accompagnant mon fils Franck, alors âgé de 9 ans, que ma femme avait inscrit au « Rugby Massicois ». Ca fait donc déjà un bon bout de temps, et mes souvenirs de cet instant là se sont un peu estompés…Toutefois, je me souviens bien que quelques pratiques m’ont rapidement interpellé à l’époque: d’un côté le sérieux qui régnait aux entraînements et aux matchs, et de l’autre les troisièmes mi-temps, où les débordements festifs étaient courants.

ballon de rugby be rugbyIl est vrai que j’avais pratiqué le cyclisme amateur « 1ère catégorie », où nous avions des années d’avance sur l’hygiène et la diététique sportive, mais là, côté festif, je dois dire que me suis très vite laissé prendre par le rugby, ce sport nouveau pour moi, que j’ai trouvé très attirant !

 

Le Rugby Club Massy a été créé en 1971, il y a donc 44 ans, et tu as assisté à sa naissance… Comment s’est présenté le bébé, qui était dans la salle d’accouchement, et comment se sont passés les « débuts » ?

Jean tardy maison du rugbyEn fait, quand je suis arrivé au club pour le premier entraînement de mon fils en septembre 71, le “bébé” venait tout juste de naître, et tout était déjà organisé, car le « Rugby Massicois » a officiellement vu le jour le 16 juin 1971… Il est devenu par la suite, au fil du temps, le « Rugby Club Massy », puis le « Rugby Club Massy Essonne » en 2004.

Le premier président fut M. Grossard, épaulé par une équipe très solide de « pionniers », avec Roberte Derose, Alain Peuchamiel, André Combes et Jacques Chagnaud (je salue Roberte et Alain qui après toutes ces années sont aujourd’hui toujours présents au club, et j’adresse un grand merci particulier à Roberte qui m’a aidé à retrouver les dates clé des débuts du RCM).

Le Rugby Massicois a été créé à la suite d’une scission avec le club omnisports de Massy, le M.A.S. (Massy Athlétic Sport). La section rugby du M.A.S. évoluait alors en Honneur, et tous les dirigeants et joueurs de l’époque ont rejoint le Rugby Massicois. Pour contrer cette « offensive », le M.A.S. a gardé une section rugby fantôme (qui a fait un forfait général en cours de saison), nous obligeant à repartir depuis le plus bas de l’échelle, en… 5ème série ! (pas de chance… Ce fut la seule année d’existence de cette série !).

Logo-massy-rugbyLes couleurs du club ont été décidées en fonction de celles de la Ville de Massy, qui sont « Bleu, Noir & Jaune ». Le M.A.S. étant en « Jaune & Bleu », nous avons adopté le « Noir & Bleu ». Le premier siège du club était au Centre Omnisports, qui venait d’ouvrir ses portes.

Nous avons donc entamé cette fameuse « 1ère saison » 71/72 en 5ème série. Pour démarrer l’aventure, nous avions déjà une bonne structure de dirigeants et d’accompagnateurs, tous bénévoles évidemment, et des équipes dans toutes les catégories : l’effectif du club se composait alors de 45 seniors, 25 juniors, 28 cadets, 27 minimes et 20 benjamins / poussins… Dès les tous débuts d’existence du club, un de ses premiers “gros chantiers” a été le développement de l’école de rugby. On savait que c’est ce qui nous sauverait sur le long terme, et je pense que cette empreinte initiale nous a permis, année après année, de forger notre réputation de club formateur.

Les matchs se déroulaient sur un terrain sans nom, devenu par la suite “Maurice Lamarre”, en hommage à Maurice, ancien président de la Commission des Jeunes du club. Dans les premières saisons, les scores des matchs étaient très flatteurs pour nous, car n’oublions pas que nos joueurs, venant du M.A.S., avaient le niveau Honneur, alors que nous jouions en Séries…

OLYMPUS DIGITAL CAMERALe club a donc très vite pris ses marques et a rapidement franchi les échelons : 2 finales de championnat de France en Séries, en 1973 et en 1974, puis montée en Honneur en 1975, en 3ème division en 1977, en 2ème division en 1978 (soit 7 ans après la création du club !).

 

 

La montée en Honneur en 1975 a vraiment été un tremplin pour nous, avec l’apport de nouveaux joueurs, et elle a été accompagnée d’un essor important de l’école de rugby… On peut dire que le club était vraiment bien lancé à partir de cette saison là, et qu’il avait gagné un certain statut dans le Comité Ile de France (où régnaient à l’époque le Stade Français, le Racing, le CASG, le PUC, les PTT, la Police…)… Partis de la 5ème, on sortait enfin des Séries !

 

Et donc, Jean, 44 ans après, tu es toujours là… Raconte nous quel a été ton parcours au sein du Rugby Club Massy, devenu entre temps « Rugby Club Massy Essonne ».

Jean tardy avec partenairesMon parcours au sein du club a été très simple : ne connaissant pas le rugby dans sa profondeur, je suis arrivé sur la pointe des pieds. Mais j’ai vite été repéré par les responsables de l’école de rugby, et ils m’ont immédiatement intégré au groupe, ce qui a été pour moi un véritable plaisir.

En fait, j’ai suivi mon fils dans toutes les catégories, depuis les poussins jusqu’aux Seniors, ce qui m’a permis de voir, d’apprendre, et, surtout, de participer et de m’investir activement dans la vie du club. Dans cette épopée, « mes » éducateurs (en réalité ceux de mon fils !) principaux ont été Jacques Chagnaud, patron des Seniors, mais qui œuvrait sur tous les fronts, et Léarque Mussio, qui était le spécialiste des avants, et un formidable éducateur, adoré des enfants.

Les années passant, j’ai acquis pas mal d’expérience du « terrain », et j’ai donc pris plus de responsabilités, surtout à partir des Juniors, où je faisais partie des cadres de l’équipe: aide aux entraînements, organisation générale, déplacements, stages… Mais aussi remplacement du kiné, mise en place d’un suivi médical avec le service des sports de la Ville, etc…

jean tardy préparation repasJe suis ensuite passé dans l’encadrement de l’équipe I des Seniors : suivi de l’équipement, aide à la préparation des repas d’avant match, déplacements, arbitre de touche (à l’époque où c’était les dirigeants qui faisaient la touche !)… Cela pendant une dizaine d’années. Membre du Comité Directeur et du Bureau, je faisais partie de l’organisation de toutes les manifestations sportives ou festives du club, et Dieu sait s’il y en a ici !

Pendant une période, j’ai ralenti mes activités pour des raisons professionnelles et familiales, mais la retraite arrivée, j’ai pu reprendre du service, dont, en particulier, la responsabilité de la nouvelle Maison du Rugby de Massy, pendant 2 saisons. Puis je suis reparti avec l’équipe Seniors, auprès de qui j’ai participé à la montée en Pro D2 en 2012.

L’âge venant, à 77 ans, j’ai quitté le Comité Directeur et le Bureau l’année dernière, mais je reste licencié et je suis tous les jours à la Maison du Rugby, où je trouve toujours une occupation. Entre autres, je m’occupe de la logistique liée à l’hébergement des joueurs.

Jean tardy en tribune

 

Jean, tu as donné, et tu continues de donner, beaucoup au rugby… Tu le regrettes ou pas ?

OLYMPUS DIGITAL CAMERAOui bien sûr j’ai donné, sinon à quoi servirait-il de s’engager dans une association ?… Mais j’ai également énormément reçu de joie et d’émotions, comme seul le sport peut en donner. Compte tenu de la très longue histoire que j’ai avec le club, j’ai aussi connu des peines immenses, avec la disparition de joueurs et de dirigeants qui ont marqué leur passage dans la famille “Bleue & Noire” et qui laissent un grand vide.

Aujourd’hui, j’espère encore avoir quelques années à vivre dans cette ambiance magnifique, sur les stades où évoluent nos équipes et dans cette Maison du Rugby que je connais si bien, et boire quelques bières avec les copains après les boules du vendredi soir !

 

Tu habites Massy de très longue date… Quel métier exerçais-tu avant d’être à la retraite, et qu’est-ce que Massy évoque pour toi ?

En effet, je suis Massicois depuis 1961, ça fait donc un bail maintenant ! Menuisier de formation, j’ai d’abord travaillé dans le privé, avant d’effectuer une carrière de Technicien Territorial en Bâtiment, dans différentes mairies : entre autres Massy, où j’ai débuté, et Chilly Mazarin, où j’ai tenu mon dernier poste, comme Directeur-Adjoint du Service Technique.

OLYMPUS DIGITAL CAMERAMassy est une ville dynamique où le sport et la culture sont avantageusement représentés. Je suis très fier que le Rugby Club Massy Essonne ait su y trouver une place prépondérante, grâce aux résultats (8 titres de Champions de France au total) obtenus par ses équipes, des poussins aux seniors, sans oublier les féminines, mais aussi grâce à son engagement citoyen dans la cité, dans laquelle nous avons, je pense, un impact social important.

 

 

 

Et si je te demande ce que le Rugby représente pour toi… Tu me dis quoi ?

Ma rencontre avec le rugby est peut-être un retour aux sources, car je suis né à Coulommiers (c’est d’ailleurs là que j’ai gagné ma première course cycliste !), où mon père a joué dans les années 30.

Pour moi, le rugby a été un merveilleux dérivatif, une activité de loisirs dans laquelle je me suis pleinement engagé, dans un esprit de pur bénévolat. Grâce à lui j’ai vécu, et je continue de vivre, une expérience passionnante, qui m’a donné l’occasion de côtoyer des personnes intègres qui ont fait grandir le club par leur compétence et leur dévouement.

 

Et pour finir, si une chanson ou une musique devait accompagner ton portrait, ce serait laquelle ?

Je crois que La chanson qui illustrera le mieux mon portrait, c’est « La vie en rose », d’Edith Piaf, accompagnée d’une maxime qui m’est chère : « Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir ! ».


ICONE-VIDEOEdith Piaf – La vie en rose


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Site Internet du Rugby Club Massy Essonne


ICONE-CREDITSInterview : Frédéric Poulet
Photos : Photo de Une : Lionel Négrier / Autres photos de Jean : Jean-Daniel Lapèze / Photo cyclisme : Fotolia


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Un commentaire
  1. riwan

    28/05/2015 à 17:16

    Bravo Jean pour nous faire partager, comme depuis 44 ans, les valeurs qui te sont chères et que tu contribues si efficacement à cultiver. Merci également pour m’avoir permis de retrouver le temps d’un article “Léarque Mussio, qui était le spécialiste des avants, et un formidable éducateur, adoré des enfants” à qui je dois entre autres choses mon amour de la mêlée.

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