Samedi - 31 Juillet 2021

Clément Bärtschi / Du Rugby à la vigne du Bugey…


C’est parce qu’ils ont été créés à l’image des hommes et que ce sont donc de bons vivants, que les Dieux du Rugby ont confié une sainte mission à cet homme…

Ainsi Clément Bärtschi sera-t-il producteur de « Manicle », cru d’excellence élevé au pied d’une falaise et à la confluence de deux vallées dont l’existence n’a rien à voir avec le hasard dans ce beau pays du Bugey… Le Bugey, cette partie orientale de l’Ain dont Clément arpente les prés, les bois et les vignes depuis son plus jeune âge en venant y retrouver Henri, son grand-père… Henri, grâce à qui il aura aussi l’immense honneur de porter à 34 reprises le maillot de la « Nati », l’Équipe de Suisse de Rugby, avec laquelle il vivra sans aucun doute ses moments les plus exaltants sur la Planète Ovale… Une planète qu’il découvrira floqué du numéro « 3 » du côté de Villeurbanne, à une époque où les Jeunes de l’ASVEL rivalisaient avec le gratin national. Pilier de devoir, Clément portera fièrement avec ses potes de toujours les couleurs « vert & noir » sur les terrains de la Fédérale 1, avant de rejoindre les Damiers de Romans et leurs supporters vignerons… l’appel de la vigne continuait son œuvre… Merci Clément !

 

Le Bugey… un des « pays » de l’Ain

Bonjour Clément… c’est où le Bugey ?

C’est une région située principalement dans le département de l’Ain, grosso modo dans le triangle formé par Lyon, Genève et Aix-les-Bains.

 

C’est une région que tu connais bien ?

Oui, depuis tout gamin, car c’est là que mes grands-parents paternels étaient établis, et avec mes parents et ma sœur, Blandine, on y passait toutes nos vacances et la plupart de nos week-ends. On vivait à Villeurbanne, dans le tumultueux contexte de l’agglomération lyonnaise, et pour nous ces escapades dans le Bugey étaient un bon moyen de nous ressourcer à la campagne.

 

Vous y faisiez quoi là-bas, à la campagne ?

Clément avec Blandine dans les prés du Bugey !

On était en prise directe avec la nature et la terre, au milieu des vignes à soigner, des prés à faucher, du bois à couper… L’activité en plein air a toujours été quelque chose d’important dans ma famille, et l’aide à l’entretien de la propriété des grands-parents, où il y avait toujours quelque chose à faire, était un bon moyen de se dépenser physiquement.

 

C’est là-bas que le jeune citadin que tu es alors a pris goût à la terre ?

Oui, sans aucun doute ! Je sais que c’est dans ce Bugey, qui très tôt a complètement fait partie de mon univers, que s’est forgé en moi au fil du temps cette volonté de vouloir un jour travailler la terre pour en récolter ses fruits, en particulier dans le domaine de la vigne…

 

Nous y reviendrons plus tard… Pour l’instant, dis-moi plutôt comment un jour tu t’es retrouvé sur la Planète Ovale…

Blason de Villeurbanne

J’ai toujours été costaud, avec un gabarit un peu « hors-normes » par rapport aux gamins de mon âge, et à l’école, les sports où j’étais plutôt bon, c’étaient les sports de combat : la lutte, le Rugby… Je dois bien avouer que j’aimais les occasions qui m’étaient données de pouvoir me confronter aux autres… Couper du bois et faucher de l’herbe chez le grand-père, ça m’avait forgé une charpente et une âme de bûcheron !

 

 

On peut donc dire que tu avais des prédispositions pour jouer au Rugby ?

C’est ça ! Beaucoup de personnes qui me connaissaient ou qui me côtoyaient quand j’étais gamin me disaient : « Hé Clément… toi… gaillard comme tu es… je te verrais bien au Rugby ! ». Et donc un jour, sur les conseils d’une institutrice dont la famille était dans le milieu du Rugby, j’ai poussé la porte du club qui était le plus près de chez moi : l’ASVEL (Association Sportive de Villeurbanne et de l’Éveil Lyonnais)! Une longue histoire entre lui et moi allait alors s’installer…

 

Aujourd’hui, tu regrettes de l’avoir poussée, cette porte ?

Ah… sûrement pas ! Lorsqu’à l’époque j’arrive à l’école de Rugby de l’ASVEL, je ne connais personne. Aujourd’hui, un peu moins de 30 ans plus tard, tout mon cercle d’amis les plus proches est composé de gars que j’ai connus là-bas… Des gars qui constituent une part essentielle de ma famille de cœur. C’est donc bien sûr un club qui compte énormément pour moi.

 

Tu as connu de belles choses avec l’ASVEL ?

Des choses extraordinaires sur le plan humain, et tout aussi extraordinaires sur le plan sportif : Avec l’ASVEL, j’ai eu la chance de jouer en Cadets A, en Crabos A, en Reichel, soit le plus haut niveau dans les catégories Jeunes… C’était la magie de ce « petit » (mais grand par l’esprit !) club, dont l’Équipe Une était en Fédérale, mais qui misait énormément et intelligemment sur la formation et ses jeunes. Arrivé en Seniors je jouerai en Fédérale 2, division à laquelle le club avait accédé depuis peu, puis assez rapidement en Fédérale 1… On a tous été tellement fiers de porter le maillot « vert & noir » villeurbannais à ce niveau !

 

Te souviens-tu de ton tout premier jour d’entraînement ?

Oui, comme si j’y étais encore… Je me rappelle du jour où j’ai débarqué à l’école de Rugby au milieu des mini-poussins. Mon gabarit a été un facteur d’intégration assez « facilitateur » ! Sans même m’avoir vu à l’œuvre sur le terrain (à l’époque je ne connaissais pas grand-chose de ce jeu et de ses règles), je me rends vite compte que mes nouveaux petits camarades ont l’air très heureux de compter parmi eux une nouvelle recrue de poids… À cet âge-là, les gamins sont toujours très contents de voir arriver un costaud dans l’équipe… Ça rassure !

 

Clément (2ème debout en partant de la droite) avec les Benjamins de l’ASVEL, coachés par Robert Bruyère

 

Et j’imagine que les éducateurs n’ont pas dû tergiverser trop longtemps… ils t’ont mis devant, non ?

« 3 »… sera le chiffre d’or de Clément en Ovalie !

Bingo ! Bien que dans les catégories « très jeunes » il n’y ait bien souvent pas de poste vraiment affecté, va savoir pourquoi, j’ai pour ma part tout de suite été étiqueté « pilier » … Une étiquette qui me collera tellement à la peau que c’est à ce poste, en pilier droit, que j’effectuerai toute ma carrière de Rugbyman, à l’exception d’une période de quelques mois au cours de laquelle je jouerai en n°2 pour remplacer un talonneur blessé… Mais ça oui, c’est sûr… c’est bien à la pile que j’ai tout de suite été placé !

 

 

Qui sont tes premiers éducateurs à Villeurbanne ?

Robert Bruyère a été mon tout premier entraîneur… À l’époque c’était lui le taulier des poussins et des mini-poussins du club ! Il avait un fluide extraordinaire avec les gamins à qui il savait parfaitement inculquer l’Esprit Rugby… un véritable éducateur. Et il y avait aussi Serge Batayer, qui était le Directeur de l’École de Rugby… Quand on le voyait arriver, pour nous c’était comme si on voyait le Père Noël ! Ce sont des personnages comme eux, avec la complicité d’autres bénévoles bien sûr, qui ont su créer un « effet groupe » entre nous les gamins, et qui ont permis à des amitiés de se construire sur le long terme. Je pense aussi notamment aux parents de Gérald Gambetta, « Dédé et Yvette », qui ont tenu le club-house de l’ASVEL pendant de nombreuses années…

 

Justement, parmi ces gamins, quels sont ceux avec qui tu vas vivre cette longue amitié depuis les tous débuts ?

Ils sont nombreux et je ne pourrai pas tous les citer, mais il y en a un qui compte particulièrement et qui a été mon « poisson-pilote » (et vice versa) durant tout ce parcours… c’est Arthur Millot ! On est tous les deux de la génération 85, on a donc toujours joué ensemble, depuis les premiers pas jusqu’en Seniors, en passant par les sélections Jeunes et le Sport-Études. On a toujours formé un super binôme durant toutes ces années, avec des physiques à l’opposé, style « Laurel & Hardy » … moi en pilier, et lui en… demi-de-mêlée… poste qu’il a très longtemps occupé, avant de finir sa carrière à l’aile, où il a excellé!

Dans ces mini-poussins, il y avait aussi Gérald Gambetta, qui sera international dans les Équipes de France Jeunes et fera ensuite une belle carrière au L.O.U. en Pro D2 et en TOP 14.

 

1989 : Section Sports-Études du collège Grignard à Lyon. Clément est le 4ème debout à droite. Arthur Millot : accroupi devant le ballon. Clin d’œil à Eugène N’zi, 3ème debout à droite.

 

Un entraîneur qui t’a particulièrement marqué dans ton épopée villeurbannaise ?

Je citerai Jean-Henri Tubert, qui m’a entraîné lorsque j’étais en Sport-Études au collège Victor Grignard à Lyon… C’est vraiment grâce à lui que j’ai eu un déclic par rapport à la rigueur et à la recherche de la performance, deux éléments essentiels qui m’ont aidé à progresser.

 

Tu m’as dit plus haut que tu as eu l’opportunité avec l’ASVEL de jouer au plus haut niveau dans les catégories Jeunes… Tu peux revenir un peu là-dessus ?

Les générations 80 à 85 du club ont été de sacrés millésimes, avec des finales de Championnat de France Crabos et Reichel jouées contre des clubs prestigieux comme le Stade Toulousain, la Section Paloise, ou encore la réputée école de Massy… Les jeunes Villeurbannais étaient carrément des OVNIS dans le paysage ovale national, car le club ne venait « historiquement » de nulle part à ce niveau de la compétition, et il était invité à jouer les tous premiers rôles face aux plus gros bras français.

Je fais partie de la génération 85, celle qui est donc arrivée à la fin de ce cycle de folie qu’a vécu l’ASVEL avec ses équipes Jeunes, mais j’ai quand même eu la chance d’en profiter. En Crabos par exemple, les « petits » Villeurbannais que nous étions jouaient dans la même cour que les « grands » du LOU, de Bourgoin, de Grenoble, de Toulon et d’ailleurs… et ont même réussi à faire quelques tours en phases finales en sortant Toulon en 1/8ème. Encore aujourd’hui, quand on se retrouve entre nous, on évoque toujours avec plaisir ces faits d’armes !

 

Clément (3ème en partant de la gauche ligne du haut) au milieu des talentueux Crabos de l’ASVEL qui se reconnaîtront !

 

Comment peut-on expliquer que pendant toutes ces années le « petit » ait pu tenir la dragée haute aux géants ?

Il y avait une véritable culture de la formation au sein de l’ASVEL, et c’est ce qui a fait qu’on a pu jouer à ce niveau. Avec des entraîneurs comme Jean-Henri Tubert, ou encore Olivier Achaintre, le club se donnait vraiment les moyens de pouvoir assumer ce niveau, et du coup il devenait très attractif pour beaucoup de jeunes talents… C’est comme ça par exemple que des gars comme Florian Fritz, Rémy Vaquin, Mickaël Campeggia ou encore Romain Carmignani ont rejoint l’ASVEL en Juniors, avant de partir ensuite effectuer les carrières au plus haut niveau que l’on sait.

 

Après ces belles années Jeunes à l’ASVEL, tu arrives en Seniors… Contre qui joueras-tu ton premier match avec la Une, et combien de saisons vas-tu faire sous le maillot de l’Équipe Première des « vert & noir » ?

Je joue mon premier match en Une en Fédérale 2, pas très loin de Villeurbanne… à Ampuis. Et au total, je ferai six saisons en Seniors… une en Fédérale 2, deux en Fédérale 1, et trois à nouveau en Fédérale 2, où nous étions redescendus.

 

 

Des souvenirs particuliers de ta première année en Fédérale 2 ?

L’équipe est alors entraînée par Raphaël Saint-André. On monte de Juniors avec notre génération très soudée, et la mayonnaise prend bien avec les « anciens » … tellement bien même qu’on ne perd qu’un seul match en Championnat et qu’on finit premier de poule, ce qui nous donne le droit de monter en Fédérale 1… À l’époque le règlement était comme ça, le premier de poule montait. On a vécu une saison magnifique, emportés par une belle spirale positive : un buteur, Guillaume Jan, à 85% de réussite, le ballon qui rebondit toujours du bon côté… bref, tout nous sourit cette année-là ! Malheureusement, en phases finales, le rideau va tomber assez vite : on élimine Nice, mais au tour suivant on se fait sortir par… Bastia !

 

2009 : Clément dans la 1ère ligne de l’ASVEL en Fédérale 1

 

La charge de Clément ! (Photo Marc Galaor)

Et la Fédérale 1, ça a dû être encore autre chose en terme de combat…

Oui, on a eu fort à faire en se frottant à des clubs comme Massy, Chambéry, Chalon-sur-Saône, Dijon, Mâcon, Romans, Aubenas, Bédarrides, Châteaurenard, La Seyne-sur-Mer pour ne citer qu’eux… Ça a été une grande fierté pour moi de porter à ce niveau le maillot du club qui m’a formé et m’a vu grandir. C’est sûr qu’à chaque fois la motivation était bien là quand j’entrais sur le terrain, et en particulier à Lyvet.

 

 

Il y a un match dont tu te souviens très précisément…

C’est un de mes tous premiers matchs en Fédérale 1, et ça se passe à La Seyne-sur-Mer. Le capitaine de l’équipe adverse joue 2ème ligne et s’appelle Gérald Orsoni, et le pilier gauche qui me fait face répond au doux nom de Marc de Rougemont… C’est un de mes plus grands souvenirs de terrain, car moi qui avais commencé le Rugby au début des années 90, je jouais cet après-midi-là contre des monuments que j’admirais à la télé quand j’étais gamin.

 

Si tu devais évoquer quelques dirigeants dont tu as croisé la route et qui pour toi synthétisent bien « l’Esprit ASVEL », ce serait qui ?

Il y en a beaucoup et la liste serait trop longue, mais je vais en citer quelques-uns, pour honorer aussi à travers eux tous ceux que j’ai côtoyés :

Thierry Talercio, ancien première ligne, qui m’a pris sous son aile pour m’aider à aborder au mieux les nouveaux défis qui m’attendaient quand je suis monté de Juniors en Équipe Première en Fédérale, un niveau dont il faut vite comprendre les clés quand tu l’abordes jeune, notamment quand tu joues en première ligne! Ses conseils m’ont été précieux.

Didier Lenoir fait partie des dirigeants remarquables que j’ai eu la chance de connaître à Villeurbanne… C’est l’un des principaux artisans de cette prouesse remarquable qu’a réalisée l’ASVEL de permettre à ses équipes Jeunes de rivaliser avec ce qui se faisait de meilleur dans le Rugby français, grâce à une politique exemplaire de formation et d’accueil des joueurs.

Gérard Gabet, le Président avec lequel j’ai eu le plus d’affinités durant mon parcours en Seniors. Je me souviens du jour où il m’a dit les yeux dans les yeux, alors que j’étais en Crabos et le club encore en Fédérale 2 : « Tu verras Clément, un jour tu joueras en Fédérale 1 avec l’ASVEL… » … et il a eu raison !

 

Clément aura vécu une belle histoire sous le maillot de l’ASVEL…

 

Mais ce club que tu aimes tant, l’ASVEL, tu vas quand même finir par le quitter ?

Oui, à l’issue de la saison 2012/2013 en Fédérale 2, je décide de signer à Romans, qui évolue alors en Fédérale 1. Cédric Chaubeau, qui m’avait déjà coaché à Villeurbanne en Fédérale 1, y est entraîneur… J’ai 28 ans, et à l’époque je travaille déjà depuis quelques temps pour la maison M. Chapoutier à Tain-l’Hermitage. En rejoignant les Romanais, je me rapproche de mon boulot.

Mais pendant l’intersaison Cédric est appelé par le L.O.U. pour prendre la direction du Centre de Formation, ce qu’il accepte… Finalement il ne m’entraînera donc jamais à Romans, mais mon intégration au sein des « Damiers » drômois se passe quand même pour le mieux.

 

Clément (au 2ème plan !) sous le maillot des Damiers. (L’impartial de la Drôme du 25 sept 2014)

Qu’est-ce qui te frappe le plus en commençant à jouer à Romans ?

En quittant Villeurbanne pour rejoindre Romans, je suis passé du public de Fédérale 1 le plus petit en nombre, à l’un des plus grands de toute la région… À Villeurbanne, je crois pouvoir dire que nous, les joueurs, on connaissait tous les spectateurs par leur nom, ce qui n’était tout de même pas le cas à Romans où les chambrées étaient beaucoup plus importantes… le Rugby, là-bas, c’est une religion !

 

Comment ça se passe pour toi à Romans ?

Je vais y jouer 4 saisons, en effectuant les deux dernières sous le maillot de VRDR (Valence Romans Drôme Rugby) suite à la fusion de Romans et de Valence.

Le club est en Fédérale 1, et je fais pas mal de matchs en B, car mon boulot est très prenant et le club vise déjà à cette époque l’étage supérieur et à se professionnaliser complètement, et commence donc à limiter le nombre de joueurs pluriactifs (c’est-à-dire ceux qui cumulent un travail et un contrat avec le club, ce qui était mon cas). Disons que compte tenu de mon expérience passée à Villeurbanne en Fédérale 1 et de mon parcours avec la Nati Suisse, je tenais au sein du groupe un peu le rôle du « pilier-de-mêlée-sûr », sur qui la Une pouvait compter en cas de casse en première ligne. En fait, mon « profil » plaisait assez aux « anciens » afficionados des Damiers présents en tribune, ce qui me valait pas mal de sympathie de leur part…

 

Par qui seras-tu entraîné durant ton séjour Romanais ?

Je serai entraîné successivement par Arnaud Vercruysse, Olivier Nier, Grégory Tournayre et Nicolas Bouillet.

 

Olivier Nier, que tu retrouveras ensuite comme entraîneur de la Nati, l’Équipe Nationale Suisse…

Olivier Nier fait partie de mes coachs « clé » … c’est un gars qui m’a redonné confiance en moi, à une époque où je me suis vraiment remis en question… Une époque où je me suis demandé quelle était encore ma légitimité dans un Rugby de haut niveau qui avait évolué dans un sens où on demandait aux piliers beaucoup plus que de « tenir la baraque » en mêlée, avec des mêlées qui étaient de moins en moins nombreuses au cours des matchs. Courir, plaquer, être un virtuose du ballon en main… Pour un pilier comme moi qui avait construit tout son profil sur la solidité en mêlée, la donne avait sacrément changé !

Mais Olivier a su m’aider à lever mes doutes, en me disant que quel que soit le niveau, si tu commences à prendre l’eau en mêlée et que chaque en-avant devient une punition parce que tu ne sais pas comment ça va se passer derrière, c’est toute l’équipe qui perd confiance en elle…

 

À Romans, Clément alternera entre la Une et la B en qualité de pilier « sûr-à-l’ancienne », dans un club qui après l’association avec Valence donnera naissance au VRDR (Valence Romans Drôme Rugby) pour viser la PRO D2

 

Une anecdote sur ton parcours à Romans ?

Quand tu es vigneron et que tu joues au Rugby, la première chose que tu dis quand tu arrives dans un club, c’est : « Bon, les gars… de début septembre à fin octobre, il ne va pas trop falloir compter sur moi… ».

Lors de ma 2ème saison à Romans, bien que voulant limiter le nombre de joueurs pluriactifs en privilégiant plutôt des joueurs 100% professionnels, le club m’avait tout de même conservé. Cette année-là, au milieu des vendanges, je me sentais donc plutôt détendu vis-à-vis du Rugby, me disant que le club avait de toute façon pris ses dispositions en cas de coup dur en première ligne.

Et puis un jour, alors que je suis sur un quai en train de réceptionner du raisin, je reçois un sms des coachs : « Dis Clément… Tu te sens prêt physiquement ? On va avoir besoin de toi la semaine prochaine… » !!!

 

Tu leur réponds quoi ?

Que je peux me libérer pour venir faire un bout d’entraînement dans la semaine. Et le week-end suivant je me retrouve sur la feuille de match pour la réception de La Seyne-sur-Mer à Guillermoz. Au bout de 30 minutes notre pilier droit prend un rouge… et me voilà au charbon ! Et du coup, comme ça ne s’est pas trop mal passé, j’ai enchaîné le dimanche suivant…

 

Et pendant ce temps, la vigne n’a pas trop souffert… ?

Non, finalement ils s’en sont bien sortis sans moi ! C’est l’avantage de travailler dans une grande maison comme M. Chapoutier. Je suis entouré là-bas d’une super équipe, qui a bien assuré pendant que je ferraillais sur le pré !

Mais ça ne m’a pas empêché de me faire chambrer par de nombreux collègues vignerons qui gravitent autour du club de Romans : « Tiens Clément, comment ça se fait que tu joues… T’as laissé tomber le boulot de vigneron ??? ».

 

Clément (le joueur le plus en haut de la photo) au milieu des Romanais en 2015

 

Tu l’as évoqué un peu plus haut… Tu as aussi été international !

Oui, grâce à mon grand-père paternel, Henri, qui était Suisse ! Et donc par le jeu des filiations, ça m’a donné la légitimité de jouer avec la Nati, l’Équipe Nationale.

 

Comment ton épopée avec le « XV de l’Edelweiss » a-t-elle démarré ?

Ça a débuté jeune pour moi, dès la Sélection en -18 ans. J’étais à l’ASVEL et un jour j’apprends que Ludovic Le Cadre, un ancien du club qui à l’époque évoluait au L.O.U. et avait comme moi une filiation avec la Suisse, joue pour la Nati. Je me renseigne un peu et je m’aperçois que moi aussi je suis potentiellement éligible pour porter le maillot du XV de l’Edelweiss… Après contact avec les coachs Suisses, l’affaire était lancée !

 

Tu te souviens de ta première cape avec l’Équipe Nationale ?

Clément en 2017 pendant les hymnes contre l’Ukraine (Photo Marc Galaor)

Je m’en souviens parfaitement : En 2004, à l’occasion d’un tournoi en Pologne où les -20 se déplacent avec l’Équipe Nationale, il y a un problème de passeport pour un piler Sud’Af qui aurait dû être éligible à porter le maillot suisse, et qui finalement ne l’est pas… C’est comme ça qu’au pied levé je vais jouer mon premier match avec la Nati !

 

J’imagine que ça reste un beau souvenir pour toi…

Bien sûr… Hormis le fait qu’à 19 ans tu n’es pas forcément complètement armé pour batailler en première ligne contre des Polonais qui ont pratiquement deux fois ton âge, cette première reste pour moi un super souvenir.

 

Ce match contre les Polonais, vous le gagnez ?

Non ! Avant le match on se voit beaux… La rencontre est retransmise en prime time sur la télé polonaise, on est là avec toutes nos stars françaises… des mecs de Massy, de Mazamet, etc…

 

Et ?

Et au final on se fait taper… Une magnifique leçon d’humilité !

 

2016 : Clément est avec la Nati qui gagne à Zagreb contre la Croatie et devient Championne d’Europe CEN 2A

 

Combien de fois auras-tu l’honneur de porter le maillot de la Nati ?

2014 : Clément (n°3) et la Nati contre Israël…

34 fois… C’est déjà pas mal, mais aujourd’hui, avec le recul, je regrette un peu de n’avoir pas pu ou pas su l’honorer plus, notamment pendant mes années de Fédérale 1, que ce soit à Villeurbanne ou à Romans. Les clubs ne voyaient pas forcément toujours d’un très bon œil ces escapades avec l’Équipe Suisse, d’autant plus qu’à une époque la Nati était un peu dans le creux de la vague. Il a donc parfois fallu faire des choix, et c’est vrai que dans ces circonstances, c’est souvent le club qui a dû être privilégié par rapport la Nati… Mais bon, c’est comme ça !

 

Ton dernier match avec le « XV de l’Edelweiss » ?

Eh ben… pour la petite histoire… C’était en 2017, en Pologne, comme ça la boucle commencée 13 ans plus tôt était bouclée! C’était aussi le dernier match d’Éric Melville à la tête de l’Équipe Nationale Suisse avant qu’il ne nous quitte tragiquement quelques mois plus tard. Ce jour-là, alors que sur le papier on n’était pas favori, c’est sur une victoire (22 à 12) que je vais dire adieu à la Nati, après avoir vécu de superbes et mémorables moments avec elle. L’exploit humain et le moment étaient tellement forts qu’Eric Melville ne voulait plus sortir du vestiaire, il en est sorti deux heures après tout le monde…

 

Quelques coachs qui t’ont marqué pendant cette aventure avec la Suisse ?

Briefing d’avant match contre l’Ukraine en 2017. Clément est le 2ème depuis la gauche

Éric Melville, bien sûr. C’était à la fois le sélectionneur de l’équipe et notre sophrologue… Le pasteur qu’il était savait parler à nos cœurs et à nos âmes. Ses discours d’avant-match étaient exceptionnels, bien loin de ce que la croyance populaire peut imaginer d’un ancien Toulonnais !

J’évoquerai aussi Philippe Filiatre, qui a entraîné Colomiers et qui est aujourd’hui le Directeur de son Centre de Formation. Il nous a coachés au début des années 2010 et a été l’artisan de la « remise sur les rails » d’une équipe nationale qui était un peu à la dérive à l’époque. Il a été un entraîneur déclic, qui a posé les bases de ce qu’est devenue la Nati par la suite en consolidant sa place dans le « Rugby Europe Trophy », soit le 3ème niveau européen.

 

Tu retiens quoi d’essentiel de ces 14 années où tu as été International ?

Ces années m’ont permis de renouer des liens beaucoup plus serrés avec la Suisse. Avant, j’y étais déjà allé quelques rares fois, car nous avons encore un peu de famille là-bas. Mais clairement, ce que je connais aujourd’hui sur la Nation Suisse, c’est plus à mon expérience d’international que je le dois. J’ai passé là-bas plus de temps pour le Rugby que pour le reste. Je dirai que ça m’a permis de retisser le fil d’Ariane qui me relie à ce pays et qui préexistait, mais qui était jusque-là assez ténu.

Et puis, jouer pour une équipe nationale, quel que soit le niveau, je le souhaite à tout le monde. C’est comme jouer dans une équipe première dans un club, mais à la puissance 100 ! Tant que tu ne l’as pas vécu, tu ne peux pas savoir ce que c’est.

 

En 2017 contre l’Ukraine (Photo Marc Galaor)

Même si nous avions au départ tous des liens affectifs d’intensité différente par rapport à la Suisse, l’histoire commune vécue sous le maillot de la Nati pendant toutes ces années a été sublimée par le drapeau. D’où qu’on vienne, on s’est tous rangés derrière lui pour vivre ensemble quelque chose de formidable. On l’a fait pour nous, mais aussi et surtout pour toutes les personnes qui venaient nous supporter, pour ces gamins des écoles de rugby qui nous voyaient en héros. Et qui plus est, on a vécu tout ça dans un contexte humain et logistique ultra convivial… Ce sont des moments uniques dans une carrière de joueur !

 

 

2017, Varsovie : La « der » de Clément (7ème debout depuis la gauche) sous le maillot suisse…

 

Ah ben je comprends mieux maintenant pourquoi tu m’as dit tout à l’heure que tu regrettais de n’avoir pu honorer quelques sélections de plus avec la Nati !

Oui, et pour être franc, mes dernières saisons de Rugby, je les ai faites avant tout pour pouvoir continuer de jouer avec l’Équipe de Suisse. Disons que c’était le truc qui me faisait tenir un peu plus, même si à Romans j’ai vécu de super moments, avec un sacré public… Mes rendez-vous avec la Nati, c’était pour moi la cerise sur le gâteau… et allez, même, le gâteau sous la cerise !

 

Et puis il y a 3 ans, à 33 ans, tu décides d’arrêter le Rugby…

Je venais depuis peu d’être papa pour la seconde fois, et ça a été un déclic pour moi. Je me suis dit qu’il fallait que je consacre plus de temps à ma famille, et je n’ai eu ni l’envie ni le courage de repartir dans un club à un niveau inférieur, où les poussées en mêlée seraient limitées… Cela aurait été trop contre nature pour moi, et je ne voulais pas faire la saison de trop !

 

Maintenant que tu as raccroché les crampons, quelles sont les choses essentielles que le Rugby t’a appris ?

Clément… une belle histoire sur la Planète Ovale ! (Photo : Marc Galaor)

D’abord, qu’on n’est jamais rien sans les autres ! Ça, quand tu joues pilier, ça prend tout son sens. D’ailleurs c’est pareil dans le boulot, et quand tu réfléchis, de manière plus générale, dans n’importe quel domaine de la vie que ce soit, on est rarement le seul responsable de ses plus belles réussites ou de ses plus retentissants échecs.

Le Rugby m’a aussi inculqué le souci de l’excellence et la nécessite de se surpasser… valeurs que j’essaie aussi d’appliquer au quotidien dans mon boulot, car ce sont des facteurs-clé de succès dans le secteur dans lequel je travaille.

 

Justement Clément, si on passe côté boulot maintenant… quel a été ton parcours jusque-là ?

Après une licence de microbiologie à Lyon, je suis parti étudier à Bordeaux pour obtenir un diplôme national d’œnologue.

 

Et pendant ce temps tu continuais à jouer à Villeurbanne ?

Oui ! Pendant les 18 mois que j’ai passés en Gironde, j’ai pris l’avion tous les week-ends pour continuer à jouer avec l’ASVEL… J’ai été à cette époque un très gros utilisateur de la ligne EasyJet « Lyon – Bordeaux » ! Pendant la semaine, je m’entraînais avec l’équipe du Centre Universitaire de Bordeaux et je me concoctais des séances de préparation physique en solitaire… Se mettre des blocs de fractionné tout seul en semaine, je peux te dire que ça titille le mental ! Et le dimanche je jouais avec mes potes Villeurbannais, le plaisir de les retrouver compensait largement les contraintes logistiques liées à la distance.

 

Pourquoi es-tu parti étudier de l’autre côté de la France ?

Parce que L’École d’Œnologie de Bordeaux est vraiment l’école de référence en France, et je voulais absolument suivre cette formation. C’est pour ça que je n’ai pas hésité une seule seconde quand j’y ai été admis, même si cela allait m’obliger à traverser la France de nombreuses fois d’est en ouest.

 

À l’issue de ta formation, il se passe quoi ?

En grande partie grâce à la rubrique « Rugby » de mon CV (pas que… mais franchement, ça m’a beaucoup aidé), j’ai pu effectuer mon stage de fin d’études au très prestigieux domaine de la Romanée-Conti en Bourgogne, ce qui a tout de suite placé mon avenir professionnel sur une belle trajectoire.

Mon diplôme d’œnologue en poche, j’ai ensuite suivi une formation complémentaire en agronomie à l’ISARA (Institut Supérieur d’Agriculture Rhône-Alpes) à Lyon pour me perfectionner dans la culture de la vigne. J’ai effectué ce cursus en alternance chez M. Chapoutier, producteur et négociant en vins réputé installé à Tain-l’Hermitage. À l’issue de cette formation, j’ai été embauché par l’entreprise en 2012 pour diriger la partie vinification de son activité… poste que j’occupe avec toujours beaucoup de bonheur aujourd’hui.

 

Blason du Bugey

En parallèle, tu t’es lancé un autre défi professionnel…

Oui, en total accord avec ma direction, je me suis lancé dans un projet professionnel personnel, celui de produire mon propre vin, du « Manicle », une appellation AOC-AOP du… Bugey !

 

Ah tiens donc… voilà qu’on retrouve le Bugey, l’autre pays de ton enfance ! Parle-moi donc de ton « Manicle » …

Les « vins du Bugey » sont structurés en crus, dont le « cru Manicle », qui s’étend sur un petit terroir, une terrasse de vignes d’une dizaine d’hectares sur laquelle on produit un vin « tranquille » (terme qu’on utilise par opposition au vin « effervescent » comme le Cerdon par exemple). Manicle est une terre historiquement réputée, car cela fait plus de 600 ans qu’on y cultive la vigne… C’est « le » grand cru des vins du Bugey.

 

Le cru « Manicle » du Domaine Bärtschi !

Comment es-tu devenu producteur de Manicle ?

J’ai toujours eu en moi cette envie de m’installer un jour à mon propre compte, et puis j’ai appris il y a quelques années que des vignes se libéraient sur le terroir de Manicle… Le train passait à ce moment-là et risquait de ne pas repasser avant longtemps, alors je suis monté dedans et je me suis lancé… On était en 2019 et j’ai créé le Domaine Bärtschi, situé sur la commune de Boyeux-Saint-Jérôme, dans l’Ain.

 

Boyeux-Saint-Jérôme, Ain (01)


 

De quel contexte « géologico-climatique » le cru Manicle bénéficie-t-il ?

Les vignes de Clément, au pied d’une falaise…

Le terroir de Manicle se situe sous une falaise, à la confluence de deux vallées. En s’érodant, la falaise crée des éboulis qui avec le temps amènent un calcaire très spécifique au sol, qui ressemble à celui qu’on peut trouver par exemple en Bourgogne. Et la confluence des deux vallées amène des mouvements d’air et un climat eux aussi particuliers, un peu plus chauds qu’ailleurs dans la région. La connivence de ces phénomènes liés au sol et au climat fait qu’il se passe ici quelque chose de vraiment unique et de très sympa pour la vigne…

 

Quelles sont les couleurs du Manicle du Domaine Bärtschi ?

On produit du blanc, avec un cépage Chardonnay, et du rouge, avec un cépage Pinot Noir, qui est le cépage bourguignon par excellence. Je me suis tout de suite lancé dans un mode de production bio, et mon domaine est actuellement en phase dite de « conversion », une phase qui dure 3 ans (le temps que la terre se règle) avant que tu puisses mentionner le label « bio » sur les étiquettes.

 

Tu es entouré d’une équipe dans ton domaine ?

… et à la confluence de deux vallées… pour un microclimat idéal pour le “Manicle”!

Pour l’instant, je travaille seul, avec bien entendu un renfort à l’époque des vendanges qui sont un fabuleux prétexte pour réunir toute la joyeuse bande villeurbannaise très heureuse à l’idée de contribuer à l’activité du domaine. Certes, ça ne me coûte pas cher en main d’œuvre, mais beaucoup en charcuterie et en vin ! Sinon, durant l’année, mes proches me donnent un coup de main de temps en temps… Je viens de démarrer, alors il faut donner du temps au temps.

 

 

Finalement, avec tout ce que tu me racontes là sur le vin, tes activités chez M. Chapoutier, ton Manicle et ton domaine… en fait, ton boulot, ce n’est pas un travail… c’est une passion… Je me trompe ?

Clément en compagnie d’une sacrée triplette… Alix, Aurore et Emma !

Tu as tapé dans le mille ! Hormis Aurore, ma femme, et Emma et Alix, mes enfants, qui sont les trois merveilles de ma vie, j’ai deux passions : le Rugby et le Vin !

Le vin est un monde qui associe les sciences très pointues de l’agronomie comme la chimie et la microbiologie, à un côté paysan très terrien, laborieux, le tout sublimé par un élément essentiel qu’est la créativité… bref, tout ce que j’aime ! Alors oui, mon boulot est vraiment un boulot de passion, et c’est ce qui me fait lever le matin avec aucun regret de l’avoir choisi.

 

D’après ce que tu me dis, je ne suis pas loin de penser que l’alchimie qui préside à la production du vin ressemble un peu à celle qui préside aussi à la construction d’une équipe de Rugby… la science, la terre, le travail, la créativité…

C’est pas faux !

 

Comment fait-on pour se procurer du Manicle du Domaine Bärtschi ?

Par différents moyens : directement au domaine, par un réseau de cavistes à Lyon, via internet. On peut également retrouver mes vins dans certains restaurant de la région lyonnaise et Rhône-Alpes, à Paris aussi, en Allemagne, bientôt en Californie…

 

Clément… une communion de tous les instants avec sa vigne ! (Photo : Zorache Lazed)

 

Clément à la guitare… pour un tour de chants… basques !

Tu m’as aussi confié qu’à tes heures perdues, tu grattes la guitare !

Oui, et à l’ASVEL en particulier ça faisait partie des incontournables lors des après-matchs, surtout s’ils étaient victorieux…

 

Tiens, alors quelle chanson nous proposes-tu pour accompagner ton Portrait Puissance 15 ?

Un chant Basque qui s’appelle « Bagare »… C’est un chant populaire sur « l’union » que le groupe Ontuak reprend à merveille. J’entretiens depuis toujours des liens très forts avec le Pays Basque et sa culture. Le registre très fourni des chants basques et la guitare des après-matchs, ça a été pendant de longues années la marque de fabrique des 3èmes mi-temps de notre génération villeurbannaise ! Pour tout dire, aujourd’hui on me reparle presque plus de cette mi-temps-là que des deux premières…

 

ICONE-VIDEOOntuak – « Bagare »

 

 

C’est Jonathan Wullschleger, aujourd’hui joueur de l’U.S. Annecy, et avec qui tu as eu l’honneur de porter le maillot de la Nati, qui t’a adressé la passe « Puissance 15 » … Tu lui dis quoi à Jonathan ?

Jonathan fait partie de cette génération que nous, les plus anciens, on a vu arriver un peu comme des « gamins » dans l’Équipe Nationale Suisse, et qui ont rapidement et magnifiquement repris le flambeau. Malheureusement pour eux ils viennent de se taper pratiquement deux saisons blanches à cause de la Covid, et j’espère qu’ils vont vite retrouver la dynamique positive qui s’était installée dans le groupe.

Et comme on est tous locataires d’un maillot et qu’on n’en est jamais propriétaires, je voudrais associer mon vieux pote Nicolas Guyou, 2ème ligne droit avec lequel j’ai fait pratiquement toute ma carrière internationale, au message que j’adresse à toute la nouvelle génération Suisse : « Nous les anciens, notre bail est terminé… Le vôtre est en cours… On vous souhaite de pouvoir le transmettre à ceux qui vous succèderont au plus haut niveau possible ! ».

 

Qui sait ? La Nati est en train de conforter sa place dans le « « Rugby Europe Trophy », peut-être la verrons-nous dans les années qui viennent accéder à l’étage supérieur, le « Rugby Europe Championship », autrement appelé « Tournoi des 6 Nations B » …

 

Bon Clément, il est temps de se quitter… mais avant ça, dis-moi… Tu la fais à qui, toi, la passe « Puissance 15 » ?

Je la fais avec grand plaisir à mon vieux compère Arthur Millot, avec qui j’ai commencé le Rugby il y a bien longtemps. Après une reconversion, Arthur est devenu aujourd’hui un artiste reconnu, qui est en train de brillamment réussir dans le monde du dessin, de la peinture et du street-art… il aura de belles choses à te raconter et à te montrer.

 

 

ICONE-WEB Site Domaine Bärtschi

 

ICONE-WEB Page Facebook Domaine Bärtschi

 

 


ICONE-CREDITS

Interview : Frédéric Poulet

Crédits Photos : Photos Rugby : archives personnelles de Clément (crédits identifiés indiqués dans légendes des photos, notamment celles de Marc Galaor lorsque Clément jouait à l’ASVEL et pour la Nati) / Carte Bugey : site francofil / Chiffre “3” : Pixabay / Pictogrammes grappes de raisin : Pixabay / Drapeau Suisse : Pixabay / Blason Villeurbanne – Wikipedia – Yves – Travail Personnel – CC BY-SA 3.0 / Blason Bugey – Wikipedia –  Odeja – Travail Personnel -CC BY-SA 3.0 / 

Eu égard aux droits qui leur seraient associés, nous nous engageons à enlever les illustrations présentes dans cet article, sur simple demande de leurs auteurs.


ICONE-ESPACE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *