Mercredi - 21 Octobre 2020

Philippe Laborde / Entraîneur des Crabos de Provence Rugby


C’est du sang Audois, de Marcorignan et de Lézignan-Corbières, qui coule dans ses veines, et quand tout petit il arriva en Provence, il n’avait pas oublié d’emmener dans son berceau ses gènes rugbystiques…

Et c’est avec la complicité de son père, Jean-Paul, et de son oncle, Adrien, que Philippe Laborde entra très jeune dans la famille du rugby aixoise, qu’il n’a depuis, jamais quittée. Un parcours de demi-de- mêlée et d’entraîneur, mais avant tout d’amoureux du rugby, mené entre les 2 clubs de la ville du bon Roy René, l’Aix Rugby Club (qui deviendra PARC, puis récemment Provence Rugby), et l’Aix Université Club Rugby. Philippe symbolise, comme pas mal de rugbymen d’ici, un trait d’union important entre les 2 clubs aixois, qui font de cette terre de Provence, une terre de rugby… Merci Philippe !

 

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Bonjour Philippe, le rugby et toi, c’était une rencontre programmée ou pas ?

armes de l'aude - Wikipedia-Syryatsu

De l’Aude…

Ah oui, plus que programmée même ! Je suis issu d’une famille de rugbymen originaire de Marcorignan du côté paternel, et de Lézignan-Corbières du côté maternel, près de Narbonne, dans l’Aude.

 

Blason de provence

… à la Provence !

Mais c’est à Beauvais, dans l’Oise, où mon père avait été muté comme instituteur, que je suis né… Je n’y passerai que 2 mois, avant qu’une nouvelle mutation nous transporte à… Aix-en-Provence !

 

 

Les 3 Laborde au 1er plan : de g à d : Adrien, Philippe, Jean-Paul. D’autres se reconnaîtront…

Mon père, Jean-Paul, et mon oncle, Adrien (qui sera aussi entraîneur et Président du club), jouaient tous les 2 à l’AUC (Aix Université Club), et moi, dès l’âge de 2 ou 3 ans, j’étais au stade à les regarder, jusqu’au jour, où à 6 ans, ils m’ont emmené à l’école de rugby de l’ARC (Aix Rugby Club, « ancêtre » du PARC, lui-même devenu récemment Provence Rugby), car il n’y en avait pas encore à l’AUC… J’allais enfin pouvoir jouer à mon tour, et ne plus me contenter de seulement regarder !

 

Et alors, quels chemins as-tu empruntés sur la « Nationale Rugby » ?

logo provence rugbyFormé à la mêlée, j’ai joué à l’ARC jusqu’à 24 ans, avant de partir tenter ma chance à Istres, en PRO D2, où je suis resté 4 ans, une période émaillée de beaucoup de blessures et de peu de temps de jeu (la concurrence était rude !), à l’issue de laquelle je décide de faire un stop en tant que joueur, et de venir entraîner l’AUC Rugby avec mon oncle, Adrien. C’était le début des années 2000, et j’ai entraîné jusqu’en 2012 (avec, au fil du temps, Georges Gardiol et Lionel Lagrange qui sont venus m’épauler), avec quelques épisodes au cours desquels j’ai remis le maillot de joueur.

Je suis ensuite parti entraîner Manosque-Pertuis durant 2 saisons, avec Lionel Lagrange, et j’attaque maintenant ma 2ème saison comme entraîneur des Crabos de Provence Rugby, en compagnie de Cédric Despalles. Je m’occupe des trois-quarts et Cédric des avants, et depuis peu, notre duo a le plaisir de pouvoir bénéficier du renfort de Jeff Valverde. Je salue au passage mes 2 compères, ainsi que Véronique Vignaud, dirigeante de l’équipe… Sans oublier, bien sûr, tous nos vaillants Crabos qui s’apprêtent à débuter la saison avec déjà 2 grands rendez-vous au programme, Grenoble et Montpellier.

 

crabos provence rugby

Philippe (accroupi à gauche) avec les Crabos de Provence Rugby

 

Peux-tu nous faire quelques « moments forts » que tu as vécus durant tout ce parcours ?

J’ai joué pendant 18 ans sous les couleurs de l’ARC, et je m’y suis vraiment régalé,

depuis tout petit. J’ai la chance d’avoir toujours eu de très bons éducateurs, dans toutes les catégories…. Des gars comme Pierrot Cabardos, Claude Denat, Roger Desseint… Et puis, plus tard, en Seniors, j’ai eu le très grand plaisir d’être entraîné par un « duo » d’exception composé d’André (« Dédé ») Dupouy et de Thierry Fournier… Ils ont marqué toute une génération de joueurs, dont je fais partie… Des gars très compétents et qui, humainement, savaient faire vivre un groupe. Aujourd’hui, dans mon rôle d’entraîneur, je me sers souvent de ce qu’ils m’ont appris…

C’est en Cadets qu’on a commencé à « briller » un peu et à connaître des phases finales… Une belle équipe dans laquelle il y avait Antoine Rengnet, qui a joué très longtemps à Aix, Fred Bouillet, qui est ensuite parti à Toulon et à Istres, Cyril Roux, notre capitaine… On a été Champions de Provence, et on perd en ¼ de finale du Championnat de France contre Bourgoin.

Les années Cadets et Juniors ont été un moment formidable de ma jeunesse, mais il faut dire que ce sont en général des catégories qui te marquent : c’est le temps des premiers « vrais bons copains », des premières fêtes, des premières filles, des moments partagés au rugby, mais aussi en dehors. On était tout le temps ensemble, on partait en vacances ensemble… Mes copains du rugby, c’était vraiment mes potes dans la vie, j’en avais très peu en dehors, tant le rugby accaparait une grande partie de mon temps et de mon attention.

 

Je me souviens très précisément de mon premier match en 1ère, sous le maillot de l’ARC…

J’avais 19 ans, c’était à Aix, contre Montmélian, en Fédérale 2. Le mardi précédent, Dédé Dupouy, qui entraînait la « Une », m’avait dit : « Fifi, accroche toi, t’es pas loin… ». Le vendredi, il annonce l’équipe, et me voilà… Titulaire ! Ce soir là, après l’entraînement, je suis allé directement à la maison, sans passer par la case « Mistral »… A minuit, le sac était déjà prêt pour le dimanche matin, et j’ai dû arriver le premier au club house pour le réveil musculaire ! Je me retrouvais dans une équipe avec des gars qui avaient été champions de France de 3ème division en 86, comme Gil Blachet, des gars que j’avais « badés » quand j’étais gamin. Là, je me suis dit : « Ca y est, tu y es, tu joues avec eux ! ».

 

SUPERMAN AUCEnsuite, il y a tout ce que j’ai vécu avec l’AUC… Quand je suis arrivé au club, en 2000, on avait très peu de moyens… hormis la foi dans rugby, la camaraderie et le plaisir de se retrouver! On s’entraînait sur un terrain de foot, on n’avait pas de club house, et pour les réceptions, on démontait une porte pour la mettre sur 2 chaises… Et puis les choses se sont structurées, petit à petit. Les résultats ont commencé à venir (avec un déclic en 2007, où, avec l’arrivée de Georges Gardiol, on est monté en Honneur), à partir du moment où on a réussi à hisser le niveau de nos 1ères et 2èmes mi-temps à celui de nos 3èmes, pour lesquelles on était quasiment imbattables, y compris à l’extérieur… Il nous est souvent arrivé de partir de la buvette après les équipes qui nous recevaient !

FanfareA l’époque, on n’avait pas de club house, mais par contre, on était une des seules équipes en France à avoir un groupe de musique… Il s’appelait tout simplement « 3ème mi-temps »… Le bassiste, c’était un pilier, le batteur, un seconde ligne, et il y avait aussi un violoniste, un trompettiste… Et c’est « La Graule », Hervé Graulier, qui donnait de la voix… Ils étaient 5 et ils jouaient tous dans le pack !

 

Et puis, en 2011, ce fut l’année de la consécration sur le terrain… Aboutissement d’un long travail de 10 ans, dont le ciment était l’amitié. Nous sommes Champions de Provence Honneur et nous jouons une ½ finale du Championnat de France. Je connais alors mes plus belles heures de gloire comme entraîneur à l’AUC, en compagnie de Georges Gardiol et de Lionel Lagrange, qui nous avait rejoints pour nous prêter main forte.

2011, l’AUC est Championne de Provence… Capt’ain Laffet brandit le bouclier !

Partis des 32èmes, ces phases finales ont été une expérience exceptionnelle. C’était la première fois dans son histoire que l’AUC Rugby n’était pas barrée au premier tour, et arrivait enfin à passer ! Tous les anciens du club étaient à nos côtés à chacun des 5 rendez-vous qui nous ont menés en 1/2… Je me souviens que mon oncle, Adrien, et Georges Martinez (c’est son papa, Jean, qui a créé le club, il y a plus de 60 ans), figures emblématiques AUCistes, étaient avec nous, dans les vestiaires d’avant-matchs… Ces phases finales, c’était aussi les leurs, et on les a partagées tous ensemble.

2011 – Philippe (à gauche), avec les AUCistes à quelques minutes de leur ¼ de finale victorieux contre St-Sulpice.

 

Quelle est ton activité professionnelle ?

Je travaille chez Daltys, un grand groupe spécialisé dans le secteur de la distribution automatique. J’interviens essentiellement dans le secteur géographique de Fos – Martigues.

 

On dit souvent que le rugby est « une école de la vie »… Es-tu d’accord avec ça, et si tu devais retenir quelques choses essentielles que le rugby t’a appris, ce serait lesquelles ?

Je me demande bien ce qu’aurait été ma vie sans le rugby… Je suis né dedans, il fait totalement partie de mon existence, c’est tout! Pour moi, ce sport représente la convivialité, la camaraderie, la solidarité entre les hommes, sur, et en dehors du terrain. Je suis convaincu que le rugby nous apporte une force énorme dans nos vies, qu’il nous aide à nous dépasser quand les circonstances l’exigent.

Je ne sais pas vivre seul, j’ai vraiment besoin de mes copains du rugby. Je suis très famille, mais en plus de ma famille « naturelle », j’ai ma famille du rugby. En fait, ma femme et moi, on est des enfants uniques tous les 2, c’est peut-être pour ça qu’on a toujours beaucoup de monde à la maison!

philippe et ses 2 gars

Philippe et ses 2 garçons, Romain et Benjamin

Et d’ailleurs, l’autre jour, à la remarque que son grand-père lui faisait que je n’avais ni frère ni sœur, Benjamin, notre petit gars de 4 ans, lui a répondu : « Mais si ! Papa, il a des « copains-frères ! »… Il parlait bien sûr de mes copains du rugby.

Et puis, le rugby, ça permet des rencontres extraordinaires. Aix-en-Provence étant une ville étudiante très attractive, nous avons toujours eu la chance, à l’AUC, d’accueillir des joueurs qui venaient des 4 coins de France… C’est toujours très enrichissant.

 

 

 

Justement, tu connais bien Aix-en-Provence et le pays environnant… Quels sont les endroits que tu y apprécies particulièrement ?

Aix-en-Provence, du battant du Cours Mirabeau…

J’aime le centre ville d’Aix, me balader sur le Cours Mirabeau et les petites rues adjacentes, m’arrêter boire un coup, manger quelque chose, aller écouter de la musique… Quel que soit le jour de la semaine, il y a toujours du monde, et j’aime ce type de vie.

Et comment ne pas tomber sous le charme de la Sainte-Victoire ? J’ai 2 garçons, et on est déjà monté plusieurs fois au sommet ensemble, depuis qu’ils sont tout petits. C’est un endroit où on peut aussi faire du vélo, et pousser pour un pique-nique vers Le Tholonet, Beaurecueil… des endroits magnifiques que j’aime vraiment bien.

sainte victoire

… Au sommet de la Sainte-Victoire !

L’été, dans la région, on aime aussi aller dans les calanques ou dans le Verdon, du côté d’Esparron. Et l’hiver, en un peu moins de 2 heures on peut aller skier dans les Alpes du Sud… On a vraiment tout à côté.

 

C’est Jeff Teigneux, le « rêveur de rugby vécu » (et inversement !) qui a talonné pour toi le « ballon Puissance 15 » dans la mêlée que nous sommes en train de former avec l’aide d’autres territoires… Vers qui tapes-tu à suivre à ton tour ?

Avant de passer le ballon, je vais adresser un gros clin d’œil à un groupe de l’ombre, le « FIVA » (Front Indépendant de Valorisation des Avants), composé de 3 (ex)-joueurs de l’AUC (1 y joue encore…). Le FIVA a sévi dans la région aixoise en 2011, la belle année où on est allé jusqu’en ½ finales du Championnat de France Honneur, et il reste aujourd’hui de leurs « opérations » quelques vidéos que tu peux retrouver sur Youtube…


ICONE-VIDEOLe FIVA en action


Quant à ma passe “Puissance 15”, c’est avec un très grand plaisir que je l’adresse à Dédé Dupouy. C’est un « homme de rugby » qui m’est très cher… Quand tous les 2 on se met à parler de rugby, ça dure des heures et des heures… Dédé, c’est un « livre »… une « encyclopédie » du rugby… Il le connaît par cœur. En tant qu’entraîneur des Crabos de Provence Rugby, j’ai la chance de récupérer des gamins que Dédé a entraîné pendant 2 ans en Cadets… Inutile de te dire que je joue sur du velours !

Et puis, pour faire voyager le ballon « Puissance 15 » et l’envoyer en direction du pays de mes ancêtres, la région Narbonnaise, j’aimerais taper à suivre pour Gilles Belzons, ex 3ème ligne de Narbonne, qui a joué aussi à Montauban et à Béziers. Son père et le mien sont du même village, Marcorignan, dans l’Aude. Quand j’étais gamin, je passais toutes mes vacances là-bas, et Gilles, qui a 2 ans de plus que moi, était un peu mon « exemple ». Aujourd’hui, il tient avec sa famille un bar / grillades, « Chez Bebelle », aux Halles de Narbonne, un lieu haut en couleurs et en convivialité…

 


ICONE-WEB

Site Internet de Provence Rugby


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Site Internet de l’AUC Rugby


ICONE-CREDITSInterview : Frédéric Poulet
Photos : Photos de Une de Philippe: FP / Photos « rugby » : Archives PhL / Vues d’Aix-en-Provence et ballon + bouteilles : Fotolia

 


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