Mercredi - 25 Novembre 2020

Paul Gran / Entraîneur du Saint-Savin-Sportif


Si comme beaucoup vous pensez qu’il ne faut jamais forcer quelqu’un à faire quelque chose, vous changerez sans doute d’avis en découvrant le parcours de ce garçon…

Car imaginer un seul instant que Paul Gran, aujourd’hui entraîneur du Saint-Savin Sportif, ne soit jamais allé à « l’Ecole du Rugby » quand il avait 6 ans est tout simplement… Inimaginable ! Et avec lui, bien des années plus tard, nous ne pouvons que remercier son papa de l’avoir inscrit, sans (trop) lui demander son avis, au Racing Club de Mions où il fit ses premières armes avant de connaître un beau parcours sur le pré. Serge Marquet m’avait prévenu : « Paul, c’est un acharné du rugby »… Et j’oserai même dire plus : Paul, c’est un amoureux du rugby… Merci à toi !

 

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Bonjour Paul, le rugby et toi, ça a commencé comment ?

logo rc mionsJe suis originaire de Mions, dans le Rhône, et c’est là-bas que j’ai commencé le rugby à l’âge de 6 ans… C’était au Racing Club de Mions. En fait, je n’ai pas eu le choix, car mon père m’a obligé à m’inscrire à l’école de rugby, alors que lui-même n’avait jamais joué ! Il m’a raconté plus tard que c’est Gilles Delaigue, avec qui il était fréquemment en contact professionnel, qui l’avait persuadé de me faire faire du rugby…


Mions, Rhône (69)


Me retrouvant donc sur le pré « contraint et forcé », les tous premiers entraînements n’ont pas été des plus faciles… Mais aujourd’hui, avec le recul et tout ce que j’ai déjà vécu grâce au rugby, je suis bien obligé d’avouer que mon père a eu raison, et je lui suis très largement reconnaissant !

 

Et suite à cet « instant premier », quelles ont été les grandes étapes de ton « curriculum rugby » jusqu’à aujourd’hui ?

logo us meyzieuAyant finalement rapidement trouvé mon bonheur au RC Mions (club d’où est également originaire Patrick Ladouce, qui fut ½ de mêlée à Bourgoin et à Clermont), j’y reste jusqu’en Cadets, époque à laquelle je m’oriente vers le Centre de Formation de Villefranche-sur-Saône pour y suivre une filière Sport Etudes. Formé à la mêlée, mais jouant également de temps en temps à l’ouverture, je signe alors avec les Juniors de l’US Meyzieu, club dans lequel je ferai aussi mes premiers pas en Seniors, en Fédérale 3.

 

logo asvelJe fais ensuite une dizaine de saisons à Meyzieu, avant de rejoindre l’ASVEL Villeurbanne, également en Fédérale 3, où je jouerai 3 ans.

Puis je retourne à Meyzieu finir ma carrière de joueur. Suite à une blessure au genou en début de saison, dont mes croisés ont du mal à se remettre, c’est là que débute pour moi, durant ma convalescence, une carrière d’entraîneur. On me confie dans un premier temps l’entraînement de la Réserve… Quand je commence l’aventure avec cette équipe, on est dans les profondeurs de la poule en championnat, et cette saison-là, après n’avoir plus perdu aucun match, on jouera une ½ finale du Championnat de France !

Mon genou rétabli, je joue encore 2 saisons à l’US Meyzieu en Fédérale 2, au cours desquelles Nicolas Merle, qui à l’époque nous entraînait, me désigne comme son successeur pour entraîner la Une… Ayant raccroché mes crampons de joueur, c’est effectivement ce qui est arrivé la saison suivante.

logo sal saint priestJ’entraîne alors l’US Meyzieu en Fédérale 3 durant 4 ans, au cours desquels on fait chaque année les phases finales, jusqu’au jour où je suis contacté par le Stade Auto Lyonnais (SAL) Saint-Priest Rugby, qui évolue également en Fédérale 3. Etant au bout d’un cycle avec Meyzieu, j’accepte la proposition de Saint-Priest, que j’entraîne pendant 2 saisons. C’est alors que je suis sollicité par le Saint-Savin Sportif… Séduit par le projet qui m’est proposé avec un club qui évolue en Fédérale 2, qui plus est pour être co-entraîneur avec Stéphane Glas, je prends la décision de rejoindre les « Jaune & Noir » de Saint-Savin… Et aujourd’hui, je m’apprête à attaquer ma 6ème saison avec eux!

 

Peux-tu nous faire partager 3 ou 4 « fabuleux moments » que tu as vécus dans tout ce parcours ?

panneau romansJe me rappelle de cette époque à Mions où en Cadets, nous sommes en entente avec Saint-Symphorien d’Ozon et on joue contre Romans en lever de rideau d’un Romans / Biarritz (où évoluait Blanco). On était un « petit » club, mais on jouait dans la Cour des Grands en Cadets (c’était possible à l’époque car les championnats étaient organisés de manière différente qu’actuellement), car on avait dans notre équipe des joueurs de talent comme Olivier Arthaud, qui sera plus tard capitaine du LOU, Cédric Desbrosses, qui aura lui aussi la belle carrière qu’on connaît, et bien d’autres encore… Je me souviens très bien de l’intensité de ce match, joué devant des tribunes combles, dans une ambiance de folie. Quand tu es très jeune et que c’est la première fois, ça te marque !

Le 2ème « grand moment » qui me revient là, c’est avec Meyzieu, en Crabos, un ¼ de finale du Championnat de France contre le Racing. Notre talonneur est Jean-Pierre Sanchez, qui jouera plus tard au CS Bourgoin-Jallieu… On perd ce match sans le perdre, car il y a match nul (13-13) à la fin du temps réglementaire. Je me souviens que les Racingmen étaient mieux au courant des règles que nous, car au coup de sifflet ils sautent de joie… Et nous, on a eu beaucoup de mal à comprendre qu’on était privé de ½ finale parce qu’ils avaient marqué un essai de plus que nous…

équipe jeunes

Paul (accroupi devant le ballon) au temps des Juniors Crabos avec l’Union Sportive Meyzieu

 

Plus tard, il y aura cette montée en Fédérale 2 avec l’US Meyzieu,

une première pour le club. Le match de la montée se joue contre Dôle, et je me rappelle précisément de ces derniers instants, cette dernière mêlée où l’arbitre me dit : « C’est la dernière… ». On joue les arrêts de jeu, on est mené à ce moment là… J’introduis, et sur le lancement de jeu on marque en première intention… J’ai dû mettre 2 à 3 minutes avant de pouvoir revoir le jour… On était fous de joie !

 

Enfin, en tant qu’entraîneur, j’évoquerai bien sûr les phases finales faites chaque année avec Meyzieu et Saint-Priest et, depuis que je suis à Saint-Savin, quelques « belles » victoires à l’extérieur, chez des leaders de la poule… Des victoires qui m’ont particulièrement marqué. Comme celle au ROC (La Voulte – Valence) par exemple, ou celle à Carqueiranne, des équipes très solides et très bien équipées… Avec toujours à la fin de ces matchs là des instants particuliers qui sont enivrants parce que tout le monde s’est bien dépouillé et qu’à la sortie on est récompensé…. Ca reste des moments super bons !

 

Tu vas attaquer ta 6ème saison d’entraîneur du Groupe Seniors au Saint-Savin Sportif… Peux-tu nous présenter ce groupe dans ses grandes lignes, et nous dire comment vous êtes organisés pour le rendre le plus performant possible dans ce difficile Championnat de Fédérale 2 ?

logo saint savin sportifNotre groupe Seniors (Equipe I et Equipe B) compte 75 joueurs, et on a baptisé du nom d’ « Espoirs » notre équipe B, pour bien montrer que chez nous les jeunes ont totalement leur place. Cette équipe Espoirs est coachée par Patrick Petit, Christophe Teillon et Jean-Christophe Goy.

Nous sommes 2 coachs à la tête de l’équipe première : David Janin (ndlr : ancien ailier international du CS Bourgoin-Jallieu), qui a succédé à Stéphane Glas il y a maintenant 3 ans, et moi-même, et nous avons un regard permanent et très précis de l’ensemble du groupe Seniors, incluant donc l’Equipe Espoirs. David s’occupant plus spécifiquement des lignes arrières et moi des avants, on s’évertue à énormément communiquer entre nous et avec les coachs des Espoirs, et ça fonctionne bien.

seniors du st savin sportif

Le Groupe Seniors du Saint-Savin Sportif – Paul est accroupi au tout premier plan, à gauche

 

 

Sur le plan de la santé physique de nos joueurs, nous avons la chance d’être entourés d’un staff très performant, avec Arnaud Gouvernayre à la préparation physique, et une équipe médicale de choc, composée d’Olivier Rajon (docteur qui officie à la Clinique du Parc à Lyon), Bérengère Billet (Kiné) et Julien Brunet-Cadol (Osthéo). Et pour assurer la tranquillité d’esprit de nos joueurs (et la nôtre !), nous pouvons compter sur des dirigeants hors-pair qui s’occupent de l’intendance (avec notamment Serge Rinaudo), de l’administratif, des festivités et de la convivialité… Le Saint-Savin Sportif est un club où il fait bon vivre ! Je profite de la tribune qui m’est donnée ici pour remercier tous ces compagnons de route, que je ne peux malheureusement pas tous citer.

 

toucheAu niveau des joueurs, on a un effectif composé à la fois de très jeunes (20 ans) et de gars plus expérimentés, comme par exemple David Chabert ou Yann Labrit. On a également régulièrement 1 ou 2 garçons qui nous viennent de l’étranger, ce qui amène une touche sympa dans le groupe et nous oblige à une certaine ouverture d’esprit et, parfois, à devoir expliquer les choses plus précisément, ce qui est bénéfique pour tout le monde. Beaucoup de nos équipiers Seniors ont été formés au club, et pas mal d’entre eux ont eu une expérience à Bourgoin avant de revenir à Saint-Savin.

 

Quant au Championnat de Fédérale 2, oui, il est vrai que son niveau monte d’année en année, et qu’il devient donc de plus en plus difficile… Ce qui nous oblige à continuellement nous remettre en question.

Professionnalisme oblige aux étages supérieurs du rugby français, on voit en Fédérale 2 des joueurs de plus en plus préparés physiquement parlant, des joueurs qui souvent ont côtoyé le haut niveau (Fédérale 1, voire PRO D2), donc forcément ça change la donne pour nous. Et tant bien que mal, avec les moyens qui sont les nôtres, je trouve qu’on ne s’en sort pas trop mal, et qu’on peut être assez fiers d’avoir réussi à maintenir le Saint-Savin Sportif à ce niveau, et même, de pouvoir viser plus haut.

Paul sait qu’en toutes circonstances il peut compter sur « ses » gros, et il tient à leur rendre hommage dans son portrait Puissance 15 !

 

Il est toujours très difficile pour les adversaires de venir gagner aux pieds du Côteau de La Rémonde… Peux-tu nous dire pourquoi ? Et selon toi, quelles sont les choses qui, mises bout à bout, font la « marque de fabrique » du Saint-Savin Sportif ?

victoire coupeJe pense que ça doit être dans les gènes de Saint-Savin, car d’un point de vue purement sportif, je peux t’assurer qu’on prépare tous les matchs, que ce soit à domicile ou à l’extérieur, avec la même exigence, la même vigilance, le même rituel… Donc si ça ne vient pas de notre façon de préparer les matchs, il faut aller chercher ailleurs ce qui peut expliquer notre très bon rendement à domicile… Et je crois bien qu’en fait cet « ailleurs » vient tout simplement d’ici… Le clocher (qui touche le terrain…), la ferveur des supporters, l’osmose des joueurs avec le club et le village, le refus d’être aspiré vers le bas et au contraire d’aller encore plus haut… C’est tout ça, et bien plus encore, le « made in Saint-Savin » !

 

Quelle est ton activité professionnelle, et qu’en retiens-tu de plus important ?

logo renault trucksJe travaille depuis 26 ans chez Renault Trucks à Lyon, où j’occupe un poste de Technicien de laboratoire, spécialisé dans la création et l’industrialisation de nouvelles couleurs pour les véhicules. Avant d’arriver là, j’ai été forgé via une très bonne formation « sur le terrain » en atelier de plasturgie, qui m’a fait toucher du doigt ce que pouvait être la difficulté de travailler dans des conditions parfois très difficiles.

 

De par ton parcours, tu connais bien le Nord-Isère et le Lyonnais… Fait-il bon vivre dans ce coin de France, et peux-tu nous indiquer quelques endroits que tu apprécies particulièrement dans cette région ?

Oui, il fait très bon vivre ici… Encore plus en ce moment estival quand on voit ces champs, ces vignes, ces paysages… Je fais bien sûr souvent le parcours entre le Sud-Lyonnais et Saint-Savin, et je me régale du spectacle.

lac venerieu

Le lac de Vénérieu

J’adore la ville de Lyon, car étant natif de sa proche région, c’est une ville que je connais bien. Et puis, je voudrais également mettre à l’honneur le Lac de Vénérieu, qui est un très beau site balnéaire situé entre Bourgoin et Crémieu, et en profiter pour adresser un clin d’œil à Martial Berger, qui ouvre très souvent à notre équipe les portes du complexe et du restaurant « Presdulac – Lac de Vénérieu » qu’il dirige là-bas.

Il y a aussi un deuxième endroit que je souhaiterais recommander à tout le monde : c’est le club-house du Saint-Savin Sportif… Il faut absolument y être les dimanches de match à partir de 11h00 pour y manger et passer un grand moment de convivialité, afin d’être fin prêt à encourager les « Jaune & Noir » à partir de 13h30 et de 15h00 !

 

Tu as reçu le « ballon Puissance 15 » des mains de Serge Marquet, Co-président du Saint-Savin Sportif… A qui le transmets-tu à ton tour ?

Je vais l’envoyer à un copain d’enfance, Richard Fortin, qui a longuement joué avec moi à Meyzieu, et qui vit dorénavant dans les Landes où il produit du foie gras et entraîne là-bas le club de Pomarez.

Et je vais également faire la passe à un garçon emblématique du club, dévoué, et d’une très grande exemplarité pour tous, c’est David Chabert. C’est ma façon de lui dire que je lui suis très reconnaissant de son talent de joueur, et très fier de ce qu’il est. David et le Saint-Savin Sportif, c’est une belle histoire, et j’ai hâte qu’il nous en livre quelques morceaux choisis via son portrait Puissance 15 !

 


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Site Internet du Saint-Savin Sportif


ICONE-CREDITSInterview : Frédéric Poulet
Photos : Photo « Une » de Paul et Juniors Meyzieu : PG / Photo « rugby » du SSS : site internet du Saint-Savin Sportif, Kathia Michallon / Photo Lac Vénérieu : site internet de « Presdulac »

 


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