Vendredi - 04 Décembre 2020

Pascal Vinsonneau / Dirigeant à l’US Tyrosse Rugby Côte Sud


Champion d’Aquitaine Cadets avec Tyrosse, champion de France Juniors avec le Racing Club de France, co-équipier de grands noms du Rugby français sous les couleurs de Dax, et enfin capitaine de l’US Tyrosse qui accéda au Groupe A de 1ère division du Championnat de France… Oui, Pascal Vinsonneau a connu sur le pré beaucoup de ce que peut espérer connaître un jour un joueur de rugby.

Et comme il a l’US Tyrosse vissée au cœur, c’est peu de temps après avoir posé le maillot, qu’il enfila, très jeune, le costume de Président du club à la fougère. Rencontre avec un amoureux des Landes et du Pays Basque, qu’il soit français ou espagnol, qui vit dans son sud-ouest des jours heureux, entouré de ses copains « Bleu & Rouge » de toujours, et qui voue, plus que jamais, un amour inconditionnel à l’US Tyrosse Rugby Côte Sud… Merci Pascal !


ICO-ville-2 Côté Rugby


Bonjour Pascal, ton histoire personnelle avec le rugby, elle a commencé où et quand ?

C’est dans les années 1960, à la faveur d’un nouvel emploi de mon père chez Labat Merle, que j’arrive à Tyrosse. Au début, mon frère et moi jouons au foot, dans l’association du curé de la paroisse, et, bien vite, pour suivre les copains nous n’aurons de cesse, tous les deux, de rejoindre L’UST. Il nous a fallu un petit peu de temps pour y arriver, car le frère de mon père avait pris un mauvais coup au rugby, et mes parents ne souhaitaient pas que nous fassions ce « sport de brutes » (dixit ma mère…).

Quelles ont été les grandes étapes de ton parcours rugbystique ? Quels en sont les meilleurs souvenirs que tu voudrais nous faire partager ?

Mon premier club sera donc l’Union Sportive Tyrossaise. En fait, je commence réellement le rugby en Cadets avec les copains : Dominique Sallefranque, Jean Paul Danguin, Jean-Claude Villenave, André Dubertrand (qui devint international), et tous les autres… Et nous sommes champions d’Aquitaine, en battant Agen à Mont de Marsan, lequel Agen sera champion de France le week-end suivant… Ca, c’est mon premier « grand » souvenir de 3ème ligne et de joueur de rugby !

logo racing club de francePuis arrivent les Juniors… Je pars alors à Paris de 1968 à 1970 pour mes « études », Paris où je partage d’ailleurs une chambre avec Jean Marmande (supporter inconditionnel de toujours du club) qui faisait des études de géomètre. Et c’est donc au Racing Club de France, toujours au poste de 3ème ligne, que je joue avec les Perron, Taffary, Marchal, Magendie, etc… Nous serons champions de France Juniors, ça c’est mon deuxième grand souvenir !

logo us daxDe 1971 à 1972, c’est à Dax que je ferai, grâce à René Dassé (alors Président de l’US Dax), mon service militaire… Et c’est donc à l’US Dax que je signe ma première licence Senior, pour 2 saisons, durant lesquelles je joue avec mon frère, Bertrand, qui a déjà ses marques dans le club, mais aussi avec des noms prestigieux comme les frères Luc, Jean-Pierre Bastiat, Bernard Dutein, Claude Dourthe, Georges Capdepuy… Ce ne sont que des bons souvenirs aussi, et, en particulier, avoir la chance de jouer avec son frère, ce n’est pas donné à tout le monde.

 

Tyrosse-rugby-logoEn 1973, Marcel Touya, chirurgien Bayonnais, arrive à Tyrosse. Grand serviteur de L’UST, il me fait signer à l’US Tyrosse, avec d’ailleurs Firmin Moncet. Et cette saison là, avec Henri Labiano et Michel Castets comme entraineurs, nous passerons du groupe B au groupe A de la 1ère division. J’aurai le plaisir, à plusieurs reprises, d’être capitaine de cette formidable bande de copains : Les frères Alsuguren, Joël Gelez, Jean-Pierre Ladebat, Jean-Francois Bellocq, Michel Duffranc, Gérard Castets, Guy Duces, Claude Bucau, et tous les autres … C’est d’ailleurs avec certains d’entre eux que je partage aujourd’hui, encore et toujours, des moments privilégiés : casse-croûte du vendredi matin au marché, randonnées pédestres (nous avons fait dernièrement le GR 20 en Corse), et sorties multiples autour du rugby ou du toro…

Ma dernière saison de joueur sera la saison 1979 / 80, car je me marie en 1980… ! Mais mon histoire avec le rugby ne s’arrête pas là : Je serai Président de l’US Tyrosse Rugby de 1984 à 1986, à la suite du Président Loulou Laborde, et je deviendrai d’ailleurs, à l’époque, le plus jeune président du groupe A, ce qui me vaudra un article élogieux dans « Sud-Ouest ». Mon plus grand souvenir de Président, c’est le 16ème de finale gagné 3-0 contre Dax, à Biarritz, avec le drop de la « gagne » de Michel Duffranc…

Je serai ensuite Président de la section Omnisports de Tyrosse pendant quelques années, et sans avoir jamais lâché l’UST, je reviens au Comité Directeur du club en 2013, où je suis aujourd’hui membre de la Commission Partenariat et Sponsoring.

 

Quel beau parcours avec l’US Tyrosse Rugby ! Alors pour toi, ce club, que tu connais sous toutes les coutures et depuis bien longtemps, il représente quoi finalement ?

SONY DSCL’US Tyrosse, c’est mon club de toujours, celui dans lequel je me suis le plus épanoui, celui des copains fidèles, avec qui je partage toujours des moments forts autour du rugby, mais aussi en dehors. C’est un club qui véhicule de vraies valeurs dans lequel tout le monde se reconnait et s’investit.

L’US Tyrosse ne peut pas laisser indifférent dès lors qu’on a touché, de près ou de loin, à son organisation et à son « âme ».

 

Tu es membre de la Commission Partenariat du club. Selon toi, que faut-il aujourd’hui pour attirer de plus en plus de partenaires économiques dans l’univers des clubs de rugby en général, et dans celui de l’US Tyrosse en particulier ?

socios-tyrosseLe rugby véhicule des vraies valeurs qui sont d’autant plus visibles aujourd’hui que nous évoluons dans un monde de plus en plus égoïste, dirigé essentiellement par l’argent. C’est donc bien naturellement que la « communication » utilise volontiers l’image de ce sport.

Pour un club et une commune comme Saint-Vincent-de-Tyrosse, c’est encore plus vrai car nous sommes « le plus petit de chez les grands »… Nous n’avons pas beaucoup de moyens financiers, et il n’est pas facile de mobiliser quantité de partenaires dans notre environnement économique, mais nous ne manquons pas d’idées… Comme par exemple les « Socios », qui sont devenus le « Partenaire n°1 » du club.

 

Pascal, pour finir ce « Côté Rugby », tu vas devoir nous délivrer ce qui était peut-être jusque là un secret : Certains de tes anciens co-équipiers (les initiales de l’un d’eux sont « MD »… Mais je ne t’ai rien dit !) m’ont confié que, lorsque tu étais capitaine de l’UST, outre ta bravoure sur le terrain, tu étais également doté d’un charisme naturel, car tu savais particulièrement bien parler à tes compagnons d’armes. Alors on voudrait savoir… Tu leur disais quoi, exactement, juste avant de partir au combat?

Ah… ! Je pense en fait, tout simplement, que j’avais une certaine facilité orale pour demander, avec des mots peut être un peu plus « verts », que chacun se dépasse pour arriver à renverser nos adversaires, qui avaient généralement plus de moyens physiques et financiers que nous. Je savais aussi jouer sur la corde sensible des gars en faisant ressortir leurs egos, en leur faisant aller chercher au plus profond d’eux mêmes ce qu’ils avaient de plus fort et de meilleur à mettre au service de notre équipe… Et ça a marché !

 


ICO-ville-2 Côté Ville


Où es-tu né ?

banniere-sallesJe suis né à Salles, j’ai d’ailleurs eu l’occasion de rencontrer ce club à plusieurs reprises en tant que joueur. Là-bas, mon oncle était dirigeant et trésorier du comité Côte d’Argent.

 

 

Tu vis dans le Sud des Landes… Doit-on te plaindre, où plutôt t’envier ?

C’est un pays béni des Dieux. Ici, c’est le pays du rugby, bien sûr, mais c’est aussi le pays de la « qualité de vie » : le climat y est bon, quoique certaines années un peu pluvieux, et sa situation géographique est exceptionnelle.

Saint-Vincent-de-Tyrosse, c’est un carrefour de l’Europe au milieu des golfs les plus célèbres d’Europe, à deux pas de la mer et du monde de la glisse (Hossegor), mais aussi du Pays Basque, qui offre de nombreuses possibilités de randonnées exceptionnelles.

Et puis enfin, je ne peux pas passer sous silence la proximité du Pays Basque Espagnol, avec toute sa qualité de vie et sa gastronomie, autour des tapas et du vin.

Qu’est-ce que tu aimes en particulier dans cette région ?

pays basqueLa mer avec les plages du littoral landais (les plus belles plages du monde), avec Hossegor notamment.

La forêt Landaise avec ses pins et son territoire qui permet des chasses à l’infini, car ici il n’y a pas de clôtures.

Le Pays Basque avec ses traditions et sa gastronomie

 

Tu es aujourd’hui à la retraite, mais dans quel domaine as-tu exercé ton activité professionnelle ? Le rugby t’a-t-il aidé dans ton parcours ?

J’ai commencé comme Assistant Technico-Commercial dans une entreprise de négoce de bois à Bayonne, puis grâce à mon père et la grande amitié qui le liait à Jean Labat Merle, je suis rentré dans la société Labat Merle. En 1978, je suis passé dans le groupe Seribo qui avait racheté Pantyr. Puis en 1995, j’ai été recruté par le groupe Point P (Société du groupe Saint Gobain) comme responsable des dépôts du Pays basque et sud Landes, avant d’être appelé en 1996 au siège, à la Direction Marketing. J’ai cessé mon activité en 2009.

Tu connais donc bien le secteur du Bois dans lequel tu as fait ta carrière professionnelle. Dans le contexte économique actuel, quels sont selon toi les principaux atouts de ce secteur dans les Landes ?

Les Landes sont bien évidemment connues pour leur forêt, principalement constituée de pins maritimes, sur plus de 950 000 hectares. Les industries du bois représentent toujours une filière économique régionale importante, regroupant la culture sylvicole, les scieries, les papèteries (par exemple, les Papèteries de Gascogne du groupe Gascogne, où encore l’usine de cellulose du pin de Smurfit à Facture), le façonnage et les spécialités du bois (parquets, menuiserie, etc.), l’emballage et la transformation du papier. Par contre, la récolte de la gemme (résine du pin recueillie sur l’arbre), qui reposait sur une collecte exigeant de la main-d’œuvre, a presque totalement disparu au profit de technologies chimiques plus courantes. On trouve ainsi des entreprises de transformation/distillation chimique comme DRT qui utilisent les sous-produits de l’exploitation du pin, pour être utilisés dans différents secteurs d’activité.

Certains disent que lorsqu’ils sont à la retraite, « ils n’arrêtent pas » de faire ceci ou cela, qu’ils sont « débordés »… Toi, tu l’occupes comment ton temps libre ?

Pascal Vinsonneau chasse à courreOui effectivement, en ce qui me concerne, j’ai plutôt une retraite « active » et bien organisée : 2 jours par semaine, d’octobre à mars, je chasse à courre. C’est un vrai sport, et quand on reste à cheval 4 heures à parcourir la lande, ce n’est pas toujours de tout repos. Notre équipage (Rallye Ardilliéres) ne chasse que le chevreuil. Et puis  dans cet environnement il n’y a pas que la chasse : l’entretien des prairies et des chevaux sont également des activités passionnantes.

Le mercredi, je marche au Pays Basque avec mes copains du club de marche. Le vendredi, c’est le jour de marché… Le jour de casse croûte ! Et le dimanche… C’est la journée Rugby, à La Fougère !

Et puis, bien sûr, il y a les bons moments passés en famille…

Bon, et forcément, il y a une musique ou une chanson préférée qui t’accompagne partout où tu vas… On peut savoir laquelle ?

Coté musique mes chansons préférées sont « A whiter Shade of Pale », du groupe Procol Harum (1967), et « Mon vieux », de Daniel Guichard (1974), en souvenir de la disparition de mon papa, un week-end de cette année là, alors que nous étions en déplacement pour jouer contre Grenoble.


ICONE-VIDEOA whiter Shade of Pale – Procol Harum


ICONE-VIDEOMon vieux – Daniel Guichard

 

 

ICONE-WEB

Site Internet de l’US Tyrosse Rugby Côte Sud


ICONE-CREDITSInterview : Frédéric Poulet
Photos : Portrait Pascal : FP et UST 


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2 commentaires
  1. REIX

    26/01/2015 à 11 11 07 0107

    Quel beau parcours ! C’est vraiment émouvant … surtout les chansons à la fin qui illustrent bien que tout rugbyman peut être romantique !
    Cela donne envie de pousser les jeunes à jouer au rugby.
    Mais comment devenir « socio » de l’UST?

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    • Frédéric Poulet

      26/01/2015 à 11 11 43 0143

      Bonjour, oui les rugbymen sont de grands romantiques en fait… enfin pas tous, mais beaucoup ! (à peu près dans la même proportion que la celle de la gent humaine à vrai dire…).
      Pour devenir « socio » de l’UST, c’est très simple : vous contactez l’US Tyrosse par mail à l’adresse suivante : ust-communication@orange.fr et vous leur dites que vous venez de la part de Puissance 15, je crois que ça leur fera très plaisir.
      Merci et bonne continuation, vous êtes de quelle région ?

      Répondre

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