Lundi - 28 Septembre 2020

Mike Tadjer / Talonneur au Rugby Club Massy Essonne


Grâce à une maman d’origine syrienne, et à un papa d’origine portugaise, ce garçon a la grande chance de porter en lui une part d’Orient et une part d’Occident… Nul doute que c’est de là que Mike Tadjer tire sa force et son adresse quand il pousse ou talonne en mêlée, quand il lance en touche, ou quand il combat avec les « Bleu & Noir » dans les rucks endiablés de la PRO D2.

C’est à Massy que Mike est né et qu’il a touché pour la première fois de sa vie un ballon de rugby, et bien des années plus tard, c’est toujours à Massy, sa ville, qu’il continue à pratiquer avec bonheur ce sport auquel il a voué une bonne partie de sa vie… Massy où il aime vivre, entouré de sa famille et de ses potes du rugby et du hand, même si de temps en temps, appelé par « Les Loups », il doit les quitter momentanément! Et c’est parce que pour lui, la famille c’est sacré, qu’on le voit ici porter dans ses bras Wayatt, son petit frère… Merci Mike !

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ICO-ville-2 Côté Rugby


Bonjour Mike, un jour, tu as touché pour la première fois un ballon de rugby… Tu avais quel âge, et c’était où ?

J’étais tout jeune, je devais avoir 8 ans, c’était à Massy. J’étais venu « pour voir », parce que mon grand frère avait lui-même joué… J’ai essayé, et ça a commencé comme ça ! Mon tout premier éducateur, il s’appelait Philippe Conte, d’ailleurs, après toutes ces années, il est toujours au club, et je lui adresse un clin d’œil.

Et depuis ce jour-là, vous avez fait quel parcours, ce ballon ovale et toi, jusqu’à aujourd’hui ?

J’ai fait toute mon école de rugby à Massy, avec qui j’ai été Champion de France en Cadets. Et puis j’ai eu l’honneur de faire partie de l’Equipe de France des -18.

logo racing metroMon premier match en 1ère, je l’ai joué à 18 ans, en n° 8, c’était en play down, contre La Seyne-Sur-Mer. Puis je suis parti au Racing Métro, en Pro D2, où je suis resté 3 ans. La première année s’est très bien passée, mais j’ai eu par la suite une grave blessure aux ischio-jambiers, j’ai dû me faire opérer, et s’en est suivie une longue période de galère.

 

logo fédération rugby portugalAprès m’être rétabli de ma blessure, je suis revenu à Massy, pour la saison 2011/2012, celle de la première montée en PRO D2. Je n’ai pas eu énormément de temps de jeu, mais j’ai eu la chance d’être contacté à ce moment là par le Portugal, pour jouer avec « Os Lobos » (« Les Loups »), la sélection nationale… Pour le mental, ça a été extraordinaire, surtout après les moments difficiles que je venais de passer, et ça m’a beaucoup aidé à reprendre confiance en moi. A ce jour, j’ai porté 6 fois le maillot du Portugal, notamment pour des matchs du Tournoi des VI Nations B.

Et avec Massy, j’ai donc connu depuis 2 montées en PRO D2… Nous sommes actuellement en plein dans la 2ème !


ICONE-VIDEOMike’s Digest avec le Portugal


Jusqu’à présent, quels sont tes meilleurs souvenirs sur le terrain ?

mike tadjer - combat 2 - JDLUn grand souvenir pour moi, c’est le premier match que j’ai joué en PRO D2, avec le Racing, c’était à Agen. C’était ma « première » à ce niveau, j’ai joué 35 minutes, et ça s’est super bien passé pour moi. Au cours de ce match, je me rappelle avoir porté le ballon sur une trentaine de mètres, fait un raffût, puis glissé devant l’arrière agenais… Ce sont des choses que tu ne peux pas oublier et qui te marquent quand tu es jeune joueur !

Ensuite, forcément, c’est la première montée avec Massy… Historique pour nous tous, quelque chose d’énorme !

Et puis, ma première sélection avec le Portugal, mon premier hymne national sur un terrain de rugby… Ca te remue ! C’était contre la Roumanie, à Bucarest, il y avait 20 centimètres de neige sur la ville et ils ont été obligés de déneiger le terrain juste avant le match !

 

Tu joues au talonnage, tu es donc au cœur du cœur de la mêlée… Raconte-nous Mike, la mêlée, c’est vraiment la guerre ?

Oui bien sûr, la « guerre » c’est plutôt dans les rucks qu’elle a lieu, mais la mêlée, c’est vraiment un combat très éprouvant, que ce soit physiquement ou mentalement. C’est devenu un moment « charnière » du match, où on peut prendre le dessus sur l’adversaire sur les 2 aspects, le mental et le physique. Avec une très bonne mêlée, si tu arrives à prendre le dessus plusieurs fois de suite sur l’adversaire, tu peux vraiment faire tourner un match.

Contrairement à ce que certains peuvent peut-être croire, la mêlée est en fait une phase de jeu très technique, bien que ça reste une épreuve de force… Comment se placer, comment pousser… Pour nous, talonneurs et piliers, c’est essentiel !

mike tadjer en mêlée - sports en Essonne

Le Rugby Club Massy Essonne, pour toi, ce club, il représente quoi exactement ? Qu’est-ce qu’il y a ici qui n’existe sans doute pas ailleurs ?

Logo-massy-rugbyFranchement, ce club, c’est surtout une grande famille ! Il n’y a pas de dissociation entre les Pros et les autres membres du club : les Jeunes, les Espoirs, les Féminines, les Entraîneurs, les Dirigeants, les Partenaires… Tout le monde se connaît, se dit bonjour, partage des moments avec les uns ou avec les autres.

C’est un club où il fait bon vivre, et où il y a une très grande communication et beaucoup d’amitié et de convivialité entre toutes les personnes qui le composent, d’où qu’ils viennent, de la banlieue ou de coins plus huppés, de France ou d’ailleurs… Je crois qu’on peut dire que tout ce « melting pot » forme une belle communauté !

Ah Mike, va savoir, le RCME est peut-être un beau laboratoire du monde…
Bon, revenons au terrain pour terminer ce « Côté Rugby » : si un gamin de l’Ecole de Rugby te pose cette question : « Mike, qu’est-ce qu’il faut faire pour devenir un bon talonneur ? »… Tu lui réponds quoi ?

Je lui dirai surtout qu’avant toute chose, il faut savoir être patient…

Il faut gagner des matchs, il faut en perdre, reculer en mêlée, avancer en mêlée, charger, plaquer, etc… C’est un poste qui demande beaucoup de maturité. Il faut bosser, bosser, bosser, et prendre tous les conseils possibles.

Depuis pas mal d’années maintenant, le rugby a énormément évolué, et le poste de talonneur avec.

De nos jours, le talonneur doit être plus affûté, il doit courir plus, plaquer plus, savoir faire des passes après contact, faire des lancers impeccables… Tiens, par exemple, pendant longtemps, je me suis entraîné tout seul, des heures et des heures, à faire des lancers, par tous les temps, avec la pluie, avec le vent, à essayer de viser des marques sur un poteau.


ICO-ville-2 Côté Ville


Où es-tu né, et où as-tu grandi ?

Je suis né à la maternité de l’Hôpital Jacques Cartier, à Massy, d’un papa portugais et d’une maman syrienne. Et j’ai grandi à Massy. J’étais à l’école primaire René Descartes (juste en face de la Maison du Rugby) et ensuite je suis allé au collège Diderot, puis au collège Blaise Pascal (à côté du Stade Ladoumègue).

Massy, pour toi, ça évoque quoi ? Quest-ce que tu aimes ici ?

massy-club-1Massy est une ville en pleine évolution, elle change au fur et à mesure des années, de nouveaux quartiers sont en construction, on voit vraiment les choses se développer ici.

Socialement, beaucoup de choses sont faites pour les jeunes qui sont en galère, par exemple pour occuper ceux qui restent à la cité pendant les vacances scolaires… Je connais bien tout ça, car quand j’étais gamin, j’ai pu moi-même en profiter.

 

Logo Hand MassyJ’aime me balader dans Massy, aller chez ma mère, que je vais voir souvent, elle habite à côté de la Place de France. J’aime passer du temps avec mon père et Wayatt, mon petit frère, et j’adore aussi être avec mes potes du rugby et  du hand (notamment Johan Caron, le capitaine de l’équipe de hand de Massy, qui évolue aussi en Pro D2), on est vraiment un bon groupe de copains. On partage beaucoup dans la vie de tous les jours, sur les réseaux sociaux, etc…

 

Y-a-t-il d’autres régions de France ou du monde pour lesquelles tu as une affection particulière ?

J’aime beaucoup les Etats-Unis, notamment New-York, où j’ai passé une semaine. Je crois que si je n’avais pas le rugby, j’aurais essayé d’aller vivre là-bas. J’adore cette ville, ses buildings d’une taille incroyable, ses lumières sur Time Square, la vie à l’américaine.

Elevador da Bica, Lisbon, PortugalJ’apprécie aussi bien sûr beaucoup le Portugal, où je suis  allé avec mon père quand j’étais gamin, car mes grands-parents ont une maison là-bas, à Paredes, dans le nord du pays, d’où ils sont originaires. Et puis j’ai eu l’occasion d’y retourner aussi avec la Sélection Nationale, du côté de Lisbonne. Le Portugal est un pays très chaleureux, très beau, les gens sont accueillants et vivent simplement et tranquillement.

 

paysage syrieJ’ai aussi eu l’occasion de découvrir la Syrie au cours d’un séjour de 3 semaines. C’est le pays d’où est originaire ma mère, et ma sœur s’y est mariée. Emotionnellement, ça a été très fort, on était dans la famille du côté de ma grand-mère, les gens là-bas n’ont pas grand-chose, et ils te donnent tout, ils sont très « famille », et moi j’adore ça. Grâce à eux, on a visité les montagnes et la campagne syriennes, ce sont des paysages magnifiques.

 

En dehors du Rugby, quel a été jusque là ton parcours de formation et ton parcours professionnel ?

Au niveau formation, j’ai initialement un BP Ventes et un TOEIC d’Anglais. Quand j’étais au Racing, j’ai préparé un Bac Pro Ventes par correspondance, et à mon retour à Massy, avant d’avoir un contrat Pro, j’ai travaillé un temps chez Innovation Group, Partenaire du RCME. Je m’occupais de la mise en place des services à domicile pour les clients qui avaient eu un accident de voiture.

Pour préparer l’avenir et ma reconversion professionnelle suite à ma carrière rugbystique, j’ai pour projet de devenir coach sportif, plutôt dans un contexte de services à la personne (coaching sportif à domicile par exemple)… Pour ça j’ai donc l’intention de préparer un BP JEPS.

Dans tes moments de loisirs, tu aimes faire quoi ? Es-tu artiste, ou pratiques-tu d’autres sports que le rugby ?

Mike et écouteursJe partage donc beaucoup de temps avec mes potes du rugby en dehors du terrain, on joue beaucoup au « Foot à 5 », on adore ça. Sinon, je suis un fan de musique, et j’aime bien chanter.

 

Alors il doit sûrement y avoir une chanson ou une musique qui te trotte souvent dans la tête… Tu nous dis laquelle ?

Il y a une chanson qui est venue à moi pour mes 25 ans, sous la forme d’un DVD accompagné de photos, je l’ai beaucoup écoutée et elle m’a beaucoup ému : c’est « Hold on we’re going home », de Drake.


ICONE-VIDEOHold on we’re going home – Drake


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Site Internet du Rugby Club Massy Essonne


ICONE-CREDITSInterview : Frédéric Poulet
Photos Rugby : RCME – Sports en Essonne – JDL

Photos paysages : Fotolia 


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