Vendredi - 14 Août 2020

Laurent Carayon / Co-Entraîneur de la Réserve du Stade Piscénois


Photo Profil Laurent Carayon

Pour ses 46 ans, les Dieux du Rugby firent à cet homme le plus beau cadeau qu’un papa rugbyman puisse recevoir…

Celui de jouer son dernier match de Championnat aux côtés de son fils ! Il faut dire que la longévité de la carrière de joueur de Laurent Carayon force le respect… Une carrière que ce Biterrois de naissance entama il y a bien longtemps à l’école de rugby du prestigieux Béziers des années 70, avant d’aller rejoindre ses copains Boujanais, avec qui il vivra de belles aventures en Languedoc. Et puis, un jour, la route de ce même Languedoc le conduit jusqu’à Paris, qui lui ouvre à son tour la voie d’une terre inconnue… Mâcon ! … Une terre où il connaîtra le bonheur et qu’il ne quittera que pour mieux renouer avec son berceau héraultais, du côté de Pézenas… Il y a là-bas des gens habillés de Violet & de Blanc avec qui il coule depuis 23 ans des jours heureux en Pays d’Ovalie… Merci Laurent !

 

Bonjour Laurent, tes tous débuts au rugby… Ca remonte à quand ?

panneau beziersJe suis né à Béziers, et c’est à l’AS Biterroise que je débute le rugby dans le milieu des années 70, à l’âge de 6 ans. Mon environnement familial n’était pas spécialement « rugby », et c’est par les copains que je suis rentré dans ce sport et que j’y ai grandi avec eux. Mes premiers éducateurs furent Messieurs Andoque et Vilaplana (le père de Christophe, qui jouera plus tard 2ème ligne à l’ASB), qui nous suivront jusqu’en Minimes.

 

Et ensuite, il s’est passé quoi entre lui et toi ?

logo fondateur as béziersJe fais donc mon école de rugby à l’ASB, et nous sommes Champions de France en Minimes… Avec le temps, j’ai oublié contre qui nous avions gagné… Je me souviens juste que la finale s’était déroulée au Puy en Velay. Je resterai ensuite à l’ASB jusqu’en Cadets, avant de partir avec 5 ou 6 autres joueurs faire ma première année Juniors dans un petit village au nord de Béziers, Boujan-sur-Libron (qui depuis cette époque a fusionné avec Servian, pour devenir le Servian-Boujan Rugby), présidé alors par Michel Bouscaras. Pourquoi Boujan ?… Tout simplement parce qu’un de la bande, Patrick Gomez, était natif de là-bas, et nous l’avons suivi.

laurent carayon Minimes Béziers 1982

1982 : Laurent (5ème joueur en haut en partant de la gauche… ou de la droite !) avec les Minimes de l’AS Béziers

 

boujan sur libronFormé à mes débuts au poste de pilier, j’effectuerai ensuite toute ma carrière rugbystique en 3ème et en 2ème ligne. Je ferai 4 saisons à Boujan, correspondant à mes années Juniors et à ma première année Seniors. Boujan, c’était vraiment « l’esprit village », et en 1988 on sera Champions du Languedoc et Vice-Champions de France de Promotion d’Honneur.

laurent carayon Boujan 1988

1988 : Laurent (avec le bandeau, au dessus du bouclier) est Champion du Languedoc avec Boujan, qui ne tombera ensuite qu’en finale du Championnat de France !

 

logo comité languedocDurant ma période « Boujan », je fais partie de la Sélection du Comité du Languedoc, et en 1989 on part à Paris jouer la finale du Championnat de France des Comités, réservé aux clubs de Séries-Honneur… Et à Jean Bouin, nous serons Champions de France, en battant l’Ile de France. Ce jour là sera particulièrement important pour moi, car à l’issue du match, Alain Gély, qui présidait alors l’AS Mâcon et était lui aussi natif de Béziers, m’a proposé de rejoindre son club, qui à l’époque évoluait en Fédérale 2… Ca me faisait faire un « saut » assez important par rapport au niveau auquel j’avais joué jusque là, et à l’issue d’un week-end passé à panneau maconMâcon où j’ai été très bien reçu… Je signe là-bas ! Quelques mois plus tard, Eric Riso, un 2ème ligne lui aussi issu de Béziers et de Boujan, me rejoint en Saône-et-Loire.

 

logo as maconMon intégration au sein de l’AS Mâcon a été très rapide, grâce à des gens qui m’ont formidablement accueilli, comme Manu Payan par exemple, l’actuel Vice-Président du club. J’ai trouvé là-bas un excellent contexte, un club bien structuré, avec une très bonne mentalité, et j’ai vite été adopté dans cet environnement géographique et sportif qui était nouveau pour moi… A tel point que lors de ma seconde année je serai nommé capitaine, et je le resterai jusqu’à ce que je quitte le club, après avoir effectué 4 saisons sous le maillot Mâconnais, au cours desquelles nous monterons en Division 1 Groupe B2 (ça s’appelait comme ça à l’époque !).

laurent carayon Macon 1991

1991 : C’est sous le maillot de l’AS Mâcon que nous retrouvons Laurent (5ème joueur debout en partant de la gauche)

 

logo pezenasEn 1993, j’ai 25 ans et je signe au Stade Piscénois en n°8, ce qui me permet de retrouver ma région d’origine. A l’époque, Pézenas est présidé par Marc Llary et Jean-Claude Carayon (un homonyne, mais nous ne sommes pas parents), et il évolue en Fédérale 3. Au bout d’une saison on monte, et en 1996, on est Champions de France de Fédérale 2 en battant l’ASPTT Paris à Roanne et après avoir éliminé en ½ finale le favori de la compétition, Vichy, qui avait une équipe monstrueuse. Malheureusement, je ne participerai pas aux phases finales, car je me suis cassé le bras lors du dernier match de poule… Ne pas être sur le terrain avec mes potes dans ces moments là, ça a été très dur pour moi.

1993-2016… Voilà donc 23 ans que je suis à Pézenas… Je suis passé un peu partout dans le club… Joueur, éducateur, puis Président de l’école de rugby… Entraineur de l’Equipe I pendant 2 saisons… Et depuis maintenant 5 saisons, entraîneur de la B !

laurent carayon réserve pezenas

Laurent (en haut à droite), avec l’équipe B du Stade Piscénois.

 

chiffre 7 PixabayDans la mouvance de l’engouement constaté pour le Rugby à 7, j’ai également pris en charge l’entraînement de cette discipline au sein du Stade Piscénois, et pour notre première participation au Championnat de France en 2014, à Châteauroux, nous avons été… Champions de France (niveau Fédérale), après avoir battu Arras en finale.

laurent carayon Pezenas Rugby à 7 2014

2014 : Laurent (debout tout à droite, avec le chapeau) et le Stade Piscénois sont Champions de France à 7 !

J’ai joué en 1ère jusqu’à 40 ans, et ensuite j’ai « dépanné » encore pendant une paire de saisons, avant de me consacrer pas mal à l’Equipe 2 dans laquelle j’ai fait quelques apparitions sur des feuilles de match jusqu’à 46 ans. Cette longévité sur le terrain m’a d’ailleurs permis de jouer un match de Championnat en Equipe 1ère (dont le banc avait été décimé par de nombreuses blessures) avec mon fils, Mathieu… Un pur bonheur de connaître ça pour un papa rugbyman !

 

Si tu devais nous confier 3 « morceaux choisis » de ton long parcours de rugbyman, ce serait lesquels ?

Le titre de Champion de France des Comités gagné en 1989 avec la Sélection du Languedoc reste pour moi un très grand moment… On était quelques-uns de Boujan à faire partie de cette sélection, on jouait à Paris où on était monté en avion, on avait joué en ouverture de la petite finale Agen-Narbonne, on avait été invités ensuite au Parc des Princes pour assister à la finale Toulouse-Toulon et on avait partagé un bon moment avec les stars de l’époque à l’issue du match… On se prenait quasiment pour des Pros ! Et puis c’est ce jour là que j’ai rencontré Alain Gély grâce à qui je me retrouverai quelques mois plus tard à Mâcon où je vivrai une belle tranche de vie rugbystique… Mâcon aussi, où je rencontrerai ma femme, Perfeita , avec qui nous aurons 2 beaux enfants… Oui, j’ai bien fait de me trouver à Paris ce 27 mai 1989 !

laurent carayon Macon-St Claude 1992

1992 : Laurent part au ras de la mêlée Mâconnaise pour défier les Saint-Claudiens

La saison 96 où Pézenas est Champion de France de Fédérale 2 est aussi un grand souvenir pour moi… J’aurais tellement voulu être avec mes collègues sur le terrain pour conquérir ce titre avec eux, si je n’avais pas laissé ce bras dans les poules ! Au coup de sifflet final, nous étions Champions, et David Astruc, un 3ème ligne aile qui ce jour-là jouait n°8, le poste que j’occupais durant toute la saison, m’a donné son maillot… Grand moment d’émotion !

13 Pezenas Laurent Benjamin Mathieu

Laurent et Mathieu sous le même maillot, en compagnie de Benjamin Cros

Et puis j’évoquerai bien sûr le match de Championnat (ça a été ma dernière apparition en 1ère), à Pézenas, contre Castelnaudary, que j’ai eu l’opportunité et le bonheur de jouer avec Mathieu, mon fils, il y a 2 ans… J’avais 46 ans, et je savais qu’une fois que j’aurais fait ça, je pourrais raccrocher les crampons !

 

Tu connais depuis longtemps le Stade Piscénois… Peux-tu nous le présenter dans ses grandes lignes ?

tete de mêlée pézenas 3Le rugby Piscénois aura bientôt 100 ans, puisque c’est en 1919 qu’est officiellement né le club grâce à des étudiants venus de Paris en 1914… Il est aujourd’hui coprésidé par Jean-Claude Salmeron et Yves Roques. Sous nos couleurs « Violet & Blanc », nous évoluons actuellement dans le haut du tableau de la poule 14 de la Fédérale 3, derrière Montélimar, ce qui va nous donner le droit de jouer les phases finales du Championnat de France.

Au niveau culture de club, nous sommes vraiment toujours dans un « esprit village » et familial, où la convivialité est préservée. Nous avons une belle école de rugby, avec près de 300 jeunes en formation… Il y a donc de quoi faire, et de rester optimiste pour l’avenir du club! Pas mal de joueurs jouant ou ayant joué au plus haut niveau sont issus de chez nous, comme Yoann Audrin, Pierre Bérard, Guillaume Taussac, Alain Bousquet, Philippe Gallart, Patrick Fort, Michel Fabre,…

ecole de rugby pézenas

L’école de rugby… Une vraie force sur laquelle le Stade Piscénois peut s’appuyer, et de laquelle de nombreux grands joueurs sont issus.

Notre Equipe 1ère est entraînée par Gilles Tubert et Gabriel Bocca, et j’entraîne donc l’Equipe B, en compagnie de Didier Margalejo. Et nous avons Gilles Verdeil qui s’occupe de la Préparation Physique. La très grande majorité de nos Seniors sortent de l’école de rugby Piscénoise, et c’est une grande fierté pour nous. Nous avons notamment en 1ère un groupe de 5 ou 6 jeunes (dont mon fils, Mathieu, fait partie), qui ont été Champions du Languedoc et Vice-Champions de France Juniors Phliponeau il y a à peine 3 ans.

staff technique pezenas 2015-2016

Le staff des Seniors du Stade Piscénois 2015/2016 au grand complet… de gauche à droite : Laurent, G.Tubert, G.Bocca, G. Verdeil et D. Margalejo!

 

Côté boulot, tu fais quoi ?

logo hérault transportAu tout début de l’histoire, je suis Pâtissier de formation, et j’ai travaillé dans ce secteur d’activité quand j’étais à Béziers et à Mâcon. Puis quand j’ai rejoint Pézenas en 1993, j’ai été embauché au Service des Transports du Conseil Général de l’Hérault, Hérault Transport, et j’y suis toujours aujourd’hui. Je travaille là-bas dans le service qui a en charge l’implantation des arrêts de bus, ce qui m’amène à me déplacer dans toutes les communes héraultaises.

 

Alors justement !… Quand des amis viennent te voir à Pézenas, quels sont les endroits incontournables de la région que tu leur fais visiter ? Et tu les emmènes déjeuner où ?


Pézenas, Hérault (34)


File source: http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Barrou_Neighbourhood,_%C3%89tang_de_Thau,_S%C3%A8te_01.jpg

L’Etang de Thau, vu depuis Sète

Quand tu es à Pézenas, tu es tout près de la mer… Sète, le Cap d’Agde, l’Etang de Thau… avec Mèze, à 20 kms d’ici, pour une dégustation de coquillages… Et à 1heure à peine de chez nous, plus au nord-ouest de l’Hérault, en limite avec le Tarn, tu as aussi la montagne, à La Salvetat-sur-Agout par exemple, dans le Parc naturel du Haut-Languedoc, avec pas mal de lacs aux alentours, comme ceux de la Rabiège ou du Laouzas entre autres… L’Hérault est un département aux paysages et aux ambiances multiples.

Sinon, Pézenas est une ville riche en Histoire et en Culture… Tout le monde sait que le fait que Molière y soit passé et s’y soit arrêté n’y est pas pour rien… Il aimait séjourner ici avec son théatre ! Ceux qui viennent ici peuvent goûter à la spécialité locale, le « petit pâté de Pézenas », appelé aussi le « Petit Scapin de Pézenas » en référence à l’illustre auteur… Un sucré-salé en forme de bobine dont l’histoire raconte qu’il fut ramené des Indes, et dont la farce est faite d’agneau, de graisse de rognon et de sucre roux, le tout parfumé au citron, à la noix de muscade et à la cannelle…

Vue de Pézenas - Wikimedia Commons - Chritian Ferrer - CC BY SA 3.0

Vue générale de Pézenas

Concernant les bonnes tables, il y en a beaucoup ici… Comme par exemple « Chez Paul », restaurant tenu par Romain Dreux, ¾ centre du Stade Piscénois… A Pézenas, les Dreux sont une grande famille du Rugby, de père en fils.

 

Si le rugby n’avait pas existé… Est-ce que ta vie aurait été la même ?

Ah oui, ça c’est une sacrée question !… Si je n’avais pas joué au rugby, ou si le rugby n’avait pas existé…

Ma foi, je me serais sans doute construit autour d’autres choses, parce que j’ai la chance d’avoir beaucoup de centres d’intérêt… La chasse, la pêche… J’aime la nature. Mais je te rassure, je suis vraiment très heureux que le rugby soit rentré dans ma vie depuis très longtemps… Ce sport m’a tellement apporté sur les plans sportif, professionnel et, surtout, humain… Sur ce dernier point je profite de mon portrait « Puissance 15 » pour adresser un gros clin d’œil en particulier à Christian Ubach, que je connais depuis l’âge de 6 ans et de mes tous débuts au rugby à Béziers. On a poussé dans le même quartier, on était dans la même école, et on a commencé le rugby en même temps. Nos routes ovales se sont séparées au moment où je suis parti à Mâcon et lui à Oyonnax, mais c’était pour mieux nous retrouver ensuite à Pézenas… Nous sommes toujours restés très proches et Christian est le parrain de Mathieu… Entre lui et moi, c’est une vieille, longue et belle histoire d’amitié… Dans laquelle le rugby a été un formidable ciment!

 

Laurent, c’est Benjamin Cros qui t’a invité à venir le rejoindre dans la « Melée Puissance 15 »… A qui vas-tu faire la passe à ton tour ?

Je remercie sincèrement Benjamin, que j’ai vu arriver tout jeune à Pézenas il y a une vingtaine d’années, pour sa passe lancée depuis Capestang où il joue maintenant, et c’est avec plaisir que je vais à mon tour transmettre le ballon à Jacques Cancel… Il est celui qui relaie les informations rugbystiques du Stade Piscénois… C’est un homme de communication, quelqu’un d’essentiel pour notre club, et je suis sûr qu’il aura beaucoup de choses passionnantes à nous faire découvrir.

 


ICONE-WEB Site Internet du Stade Piscénois


 

ICONE-CREDITS

Interview : Frédéric Poulet

Photos : Photo de « Une » de Laurent : LC / Photos Rugby de Laurent: Archives de Laurent / Photos du Stade Piscénois : Site Internet du club, photos de Jacques Brulé / Vues Etang de Thau et Pézenas : Wikimedia Commons – Christian Ferrer – CC BY SA 3.0

Eu égard aux droits qui leur seraient associés, nous nous engageons à enlever les illustrations présentes dans cet article, sur simple demande de leurs auteurs.


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