Vendredi - 04 Décembre 2020

Henri Bruyère / Homme de Rugby à Montélimar


Si un lundi après-midi vous êtes en ballade en Drôme Provençale du côté de Pont de Barret, vous risquez fort de croiser cet homme accompagné d’une bande de joyeux compères au cœur « Rouge & Bleu »…

En effet, alors que certains doivent attendre 4 ans pour la jouer, vous apprendrez ci-dessous que c’est tous les lundis que Riquet Bruyère, homme de rugby incontournable à Montélimar, dispute avec ses vieux compagnons d’Ovalie Montiliens une « Coupe du Monde », hebdomadaire celle-là, un peu particulière… Et si vous n’êtes pas de Montélimar ou de Drôme-Ardèche, vous apprendrez aussi que chez les Bruyère, on « naît » rugby, et que l’on « est » ainsi rugby toute sa vie… « Le Palou » avait jadis tracé le sillon et bien préparé le terrain, Riquet a labouré la terre, Franck a semé la graine… Allez Nino, à toi de jouer maintenant… Merci Riquet !

 

Envoyez un message à Riquet Bruyère

 

Bonjour Riquet, dis donc, le rugby et toi, c’est une histoire qui dure depuis combien de temps ? Vous 2, ça a commencé quand et comment ?

riquet et son père Louis

Riquet avec son père, Louis Bruyère, dit « Le Palou »

En fait ça a commencé très tôt, et je peux dire que j’étais déjà rugbyman dans le short de mon paternel, Louis Bruyère : il fut joueur, entraîneur, puis Président, pendant plus de 25 ans, de l’UMS Rugby… Mais aussi Président du Comité de Provence, et dirigeant fédéral du temps d’Albert Ferrasse… Comme tu le vois, je n’ai eu aucun mérite à suivre la voie qui était tracée, et je peux vraiment dire que je suis au club depuis que je suis né, un beau jour de 1949… Je suis « Rouge & Bleu » dans le sang !

J’ai inscrit mon premier essai à l’école de rugby à Sorgues… J’avais 7 ans et je m’en souviens comme si c’était hier. Et j’ai fait mon 1er match en Equipe 1ère à 17 ans, en 1966, avec les héros de mon enfance… Marcel Escommier (qui avait été international A), André Orgeas (il était mon idole), les frères Moro, dont l’un d’entre eux, Jacques, international, est devenu mon beau-frère en épousant ma sœur… C’est lui qui m’a offert mon premier ballon de rugby en 1951, j’avais 2 ans !

 

Alors, depuis tout ce temps, il a dû s’en passer des choses entre toi et lui… Tu nous racontes ?

J’ai commencé ma carrière de joueur à la mêlée, et je l’ai terminée en n°15, mais j’ai occupé à peu près tous les postes des lignes arrières, et je n’ai connu qu’un seul club, l’Union Montilienne Sportive Rugby.

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Riquet ( accroupi, touchant le ballon) et l’équipe Juniors Montilienne Championne de Provence en 65…

 

Riquet equipe 68

…Et Riquet (accroupi avec ballon devant lui) en 68, avec l’Equipe I de l’UMS… Les copains d’abord !

 

riquet action de jeu

En 79, Riquet à l’attaque contre Hagetmau !

Mon premier titre, auquel je tiens car on repense toujours à celui là, fut celui de Champions de Provence Juniors, en 1965. J’ai eu ensuite l’honneur d’être sélectionné en Equipe de France Juniors, contre l’Allemagne, l’Italie et le Pays de Galles (qui comptait dans ses rangs les prestigieux JPR Williams, Derek Quinell, etc…). J’ai également eu une cape d’international B contre la Pologne, et une avec l’Equipe de France de 2ème division, contre la Tchécoslovaquie.

riquet champions de France 79

Champions de France 2ème div. en 79 ! Riquet entouré de Dominique Testard et de J.Louis .Reyes

Et puis, en 1979, nous sommes Champions de France de 2ème division, en battant Sainte-Foy-la-Grande en finale, à Aurillac, sur le score de 15 à 9. Nous étions alors entraînés par Jacky Ferrero, et le Président était Jo Savin, fabricant de nougats… L’épopée « Savin-Ferrero » a été un des grands moments du club. J’ai eu la chance de jouer à cette époque avec tout un tas de gars extraordinaires, et ne pouvant tous les citer, je n’en citerai qu’un, Patrick Biau… Il savait tout faire, c’était un joueur hors-pair, qui ensuite est parti à La Voulte et a été international B et A’. Patrick a entraîné tout jeune, préférant la carrière de coach à la grande Equipe de France…

 

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En 92, Riquet, co-entraîneur de l’UMS avec Dominique Testard

Depuis que j’ai raccroché les crampons, il y a un bon bout de temps maintenant, j’ai toujours été dirigeant de l’UMS. J’en ai été le Président dans les années 90, on était à l’époque en 1ère Division Groupe B. J’ai également été entraîneur, et je suis toujours dirigeant aujourd’hui, même si j’ai pris un peu de recul… Mais j’ai toujours la boule au ventre quand vient 15h00 le dimanche… Que ce soit à domicile ou à l’extérieur, je suis l’équipe sempiternellement !

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En 92, Riquet (1er debout à gauche), alors Président de la Commission Sportive de l’UMS Rugby

 

logo drome ardeche et ffrJe suis également depuis très longtemps dirigeant de Comité (Comité de Provence tout d’abord, puis Comité Drôme-Ardèche depuis 86, date de création de ce comité, auquel Montélimar a été rattaché). Au sein du Comité Drôme-Ardèche, qui compte 51 clubs, je suis actuellement le Président Délégué du compétent et dynamique Président Jean-Marc Patouillard, qui a succédé à mon truculent ami Félix Haddad. Je suis aussi membre fédéral, depuis 1986, et j’ai donc connu la Cité d’Antin, la rue de Liège, et maintenant Marcoussis, et traversé les mandats successifs d’Albert Ferrasse, de Bernard Lapasset et de Pierre Camou… Je fais partie des « anciens »… Bernard Laporte n’apprécierait pas une telle longévité !

 

Tu es un dirigeant « historique » de l’Union Montilienne Sportive Rugby, peux-tu rapidement nous présenter ton club ?

logo umsL’Union Montilienne Sportive Rugby est présidée par Joël Duc, un transporteur connu dans la Vallée du Rhône. Nous jouons en « Rouge & Bleu » sur le Stade Tropenas, et nous évoluons actuellement en Fédérale 3… Et nous comptons bien relever la tête !

On avoisine les 400 licenciés, ce qui nous place en 2ème position en termes d’effectifs dans le Comité Drôme-Ardèche. Club formateur, nos équipes de jeunes marchent bien, et nos valeurs sont solides car ancrées dans un passé tout de même assez glorieux : l’UMS était le 17ème club français en 1947 (c’était sous la présidence de mon père), une équipe alors redoutable (et redoutée !), surtout par son paquet d’avants, et nous avons été Champions de France 3 fois : de 2ème division en 79 et en 84, et de Fédérale B en 85.

 

Tu as beaucoup donné, et tu continues de beaucoup donner au rugby… Que t’a-t-il donné en retour ?

Ca m’a tout donné le rugby… Ce sport incarne pour moi une relation « vraie » entre les hommes,

car tu es dans la vie comme tu es sur le terrain. Je suis fier d’avoir côtoyé et d’avoir été baigné dans ce monde depuis toujours. Bien sûr, il y a le haut niveau, le « gratin », le professionnalisme, que j’admire… Mais il y a aussi le rugby que j’ai dans le sang, qui est tout aussi passionnant et gratifiant, quel que soit le niveau pratiqué. J’ai la chance d’être dirigeant de Comité depuis très longtemps, ce qui me permet de tutoyer des dirigeants de clubs de tous niveaux, qui sont passionnés, et passionnants… Ce sont des personnes extraordinaires.

 

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Avec Nino, la relève des Bruyère est assurée à Montélimar !

C’est vraiment ça que j’aime dans ce sport, c’est son énorme capacité à faciliter la communication entre les hommes… Il représente aussi pour moi un magnifique cocktail d’enthousiasme et d’humilité.

Le rugby fait totalement partie de ma vie. C’est un cadeau que j’ai reçu de mon père, et j’ai eu la chance de voir jouer mon fils, Franck, sous les couleurs de l’UMS… J’attends maintenant avec impatience de voir les promesses de Nino, mon petit-fils, qui a 7 ans et qui est bien entendu inscrit à notre école de rugby. Et je ne peux bien sûr pas ne pas parler de mon neveu, Jean-Louis Moro… Le jour où il a endossé le maillot de l’Equipe 1ère, de nous 2, c’était sûrement moi le plus fier !

 

Tu es aujourd’hui à la retraite, mais quelle était ta profession ?

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Après des études de Droit à la Fac de Grenoble, nous avons fondé avec mon épouse une école de conduite automobile, puis j’ai été associé, avec mon second père, « Ded » (André) Orgeas, dans une agence immobilière, « Montélimar Immobilier ». J’ai cédé cette activité il y a peu de temps à Gérard Pontier, un ancien talonneur, pur montilien, avec qui je collabore toujours de temps en temps… Ainsi, j’ai toujours l’impression de servir à quelque chose !

 

Tu es né et tu as toujours vécu à Montélimar… Si tu étais Ambassadeur de ta ville (ce que tu es en réalité !) et sa région, tu nous dirais quoi pour en vanter les atouts ?

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Originellement « Acunum » au temps des Romains, le nom de « Montélimar » viendra par la suite de « Mont des Adhémar », une famille de seigneurs qui régnait dans le coin au Moyen-âge. Dès le 17ème siècle, notre cité est devenue la capitale mondiale du nougat… Il y avait ici en Provence tous les ingrédients pour le fabriquer : les amandes, le miel, etc… Et le tour de main a fait le reste !

Avec ses 38.000 habitants, Montélimar, située en Drôme Sud, symbolise les « Portes de Provence », avec une situation idéale au carrefour de Rhône-Alpes… Le TGV nous met Paris à 3 heures de temps, et l’autoroute nous offre la Méditerranée et les stations préalpines en 1 heure à peine… Rares sont nos compatriotes qui peuvent bénéficier d’une situation géographique aussi exceptionnelle !

Pour les études, nos jeunes sont à égale distance (c’est-à-dire très proches !) de Lyon, Marseille, Montpellier… Ils ont donc un choix énorme qui s’offre à eux, et qui leur permet de revenir facilement au bercail.

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Au niveau économique, nous bénéficions du 2ème bassin drômois derrière Valence, et nous sommes relativement privilégiés par rapport à beaucoup de régions françaises. Notre tissu est assez varié, en particulier du fait de notre situation géographique stratégique, au carrefour de plusieurs régions, et nous avons développé un secteur logistique (transport, messagerie, entreposage,…) très performant.

Le secteur du tourisme est évidemment aussi un des fleurons de l’économie locale, dont nous bénéficions très largement en compagnie de nos voisins de l’Ardèche méridionale, avec qui nous sommes très complémentaires. Et puis, on est ici au pays du picodon, du vin, de l’agneau, des fruits de la Vallée du Rhône, du nougat… Que des choses excellentes!

 

Bon, et si je viens te voir là-bas, tu me fais visiter quoi, et tu m’emmènes déjeuner où?

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Banquet républicain sur les Allées Provençales montiliennes…

A Montélimar, je te ferai visiter la fabrique de nougat « Suprem’Nougat », les places authentiques du centre-ville, les « Allées Provençales », qui sont un haut lieu de convivialité et de festivités à Montélimar et où d’énormes banquets réunissant des milliers de personnes sont régulièrement organisés.

Et il faudra que tu restes quelques jours, car je t’emmènerai manger au « Grillon » (chez les Courberand), au « Rallye » (chez les Orgeas) et à « La Bourse » (chez les Pagotto), qui sont tous 3 dans Montélimar.

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Et puis on sortira un peu de la ville pour aller « Aux 3 Becs », à Pont de Barret… un bijou de la Drôme Provençale où tous les anciens rugbymen Montiliens de mon époque se retrouvent le lundi midi pour déjeuner, avant d’aller se tirer la bourre à la longue à la « Fontaine Minérale ». Ce lieu est le théâtre d’une véritable « Coupe du Monde de Longue » hebdomadaire, disputée par de valeureux boulistes, tous « anciens Rouge & Bleu », et à qui j’adresse un énorme clin d’œil… Ils forment une extraordinaire équipe, dont j’ai le grand plaisir de te livrer ici la composition :

Piliers : A. Orgeas, J. Dubois, C. Klutte
Talonneurs : G. Pontier, M. Escommier
2ème lignes : P. Gazado, C. Narcisse
Flankers : J. Ferrero, M. Gourju, N. Pessonneaux, R. Roustan
3ème ligne centre : M. Beysson
½ de mêlée : J. Tourneux, M. Prado
½ d’ouverture : J. Babois, P. Revallier, J. Gschaedler
Centres : J. Orgeas, J.L. Pichot, J. Savin, J. Moro
Ailiers : H. Gougnette, J. Pagotto, M. Gavaldon, R. Tosin
Arrière : Ton serviteur, H. Bruyère

 

Ah… Il me tarde de monter vous voir à Pont de Barret ! Bon, Riquet, c’est Jean-Louis Moro, ton neveu, à qui tu as transmis l’amour du rugby, qui t’a invité à rejoindre la « Mêlée Puissance 15 »… Pour qui tapes-tu à suivre à ton tour ?

Je remercie du fond du cœur Jean-Louis de m’avoir fait cette passe symbolique, et à mon tour je vais adresser le ballon à André Chambouleyron, dirigeant à l’UMS depuis la nuit des temps… Il a parcouru la France entière pour recruter et trouver du boulot à des générations de joueurs reconnaissantes… C’était la belle époque du rugby !

Je souhaite également adresser un amical salut à Michel Gavaldon, grand joueur de l’UMS qui a connu un grave problème de santé, ainsi qu’à 2 « anciens » montiliens expatriés qui ont jadis porté le maillot de l’UMS, et qui toute leur vie ont œuvré pour le rugby, et continuent à le faire : René Camps, dit « Néné Camps », devenu dirigeant emblématique de Vendres Lespignan, et Louis Ribot, dit « Loulette », qui, à 4 fois 20 ans bien passés, est toujours en activité au sein de l’école de rugby de Nevers. Louis était mon entraîneur en Juniors quand on a été Champions de Provence, il y a bien longtemps… Tous ces personnages sont des passionnés fous de rugby… Ils mériteraient sans conteste les médailles d’or de la FFR !

 

Et pour clore ce magnifique moment Riquet, on se quitte sur quelle chanson ?

Alors, ça me ferait plaisir d’écouter « Le Vigneron monte à sa vigne » !


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Site Internet de l’Union Montilienne Sportive Rugby


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Site Internet de la Drôme Provençale


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Site Internet de l’Office du Tourisme de Montélimar


ICONE-CREDITSInterview : Frédéric Poulet
Photos : Photo « Une » de Riquet : HB / Photos « rugby » de Riquet : Archives HB et Site Internet de l’UMS / Photo nougat : Site Drôme Provençale / Photo Allées Provençales : Site OT Montélimar / Photos Clés, Camion et Boules : Fotolia 72468726, 7808362, 7421951

 


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