Vendredi - 04 Décembre 2020

Adil Achahbar / Trois-quart à l’A.S. Mâcon et International Marocain


Chaker a découvert la pépite, Maurice et Jean-Louis l’ont polie pour en faire un joyau, et aujourd’hui cet homme fait le bonheur des amoureux du ballon ovale Mâconnais et Marocains…

C’est à Cavaillon, où ses parents s’installèrent en arrivant du Rif, qu’Adil Achahbar suivit un jour son voisin Chaker pour aller rejoindre les jeunes pousses du Stade Union Cavaillonais avec lesquels il sera plusieurs fois champion… L’affaire était lancée pour ce ½ de mêlée aux jambes de feu à qui les Dieux du Rugby avaient concocté un magnifique destin dont les étapes furent Toulouse, Colomiers, Grenoble, Mâcon, Chalon, et à nouveau Mâcon, où il vit des jours heureux… Un destin dans le Championnat Français doublé d’un autre, exaltant, vécu avec les internationaux du XV Marocain, mais aussi et surtout du 7, une discipline qu’il affectionne particulièrement et dans laquelle il excelle… Certains Tongiens en ont fait l’amère expérience en avril dernier du côté de Hong-Kong… Merci Adil !

 

Bonjour Adil… Le début de l’histoire entre le rugby et toi… Ca se passe où et quand ?


Cavaillon, Vaucluse (84)


 

logo su cavaillonJe suis né au Maroc, à Tétouan, et c’est à 1 an que j’arrive en France avec mes parents qui s’installent alors à Cavaillon… C’est là, dans cette ville du Sud du Vaucluse, que mon histoire avec le rugby va commencer, en 1997. J’ai 9 ans, et ça fait plusieurs fois que Chaker, mon voisin me propose d’aller avec lui au rugby, et un jour, enfin, je le suis… Me retrouver au milieu des poussins du S.U. Cavaillonnais de l’époque m’a tout de suite plu, surtout que là-bas, je fais la rencontre d’un éducateur qui va vraiment marquer mon parcours ovale… Maurice Pauzin, trop tôt disparu en 2008. Maurice m’a vraiment pris sous son aile, il m’emmenait aux entraînements, me ramenait, je suis toujours resté en contact avec lui, et jusqu’au bout, il m’a énormément appris sur le rugby et sur l’esprit de ce sport. Il a toujours été mon entraîneur à Cavaillon, dans toutes les catégories, jusqu’à ce que je quitte le club en 2004.

 

Et voilà donc bientôt 20 ans que tu vis une belle histoire avec ce ballon ovale… Tu nous en racontes les principaux chapitres ?

Pixabay - numero 9Formé au poste de n°9, je fais donc mes classes Jeunes sous le maillot rouge & bleu du Stade Union Cavaillonnais, en compagnie d’une sacrée bande de copains, comme Chaker Zeroual, Farid Imoussaten, Than Do Viet, Kamel Fatmi, Thomas Barategui, Housine Arab… Et tous les autres ! On était potes sur le terrain, mais aussi potes dans la vie, et je crois que ça explique les bons résultats obtenus à l’époque… Ensemble, on sera Champions du Vaucluse, Champions de Provence, et en Cadets, sous la houlette de Maurice Pauzin et de Jean-Louis Garcia, on fait une magnifique saison. Jean-Louis, qui s’occupe toujours aujourd’hui des jeunes de Cavaillon, c’est aussi une très belle rencontre offerte par le rugby, et toutes ces années après, nous sommes toujours en contact.

logo comité de provenceEn Cadets, j’ai la chance de faire partie de la Sélection Provence qui, en 2004, gagne le Tournoi des Ovalies d’Avignon réservé aux -16, face à l’Ile de France… C’était la première fois que la Provence remportait cette prestigieuse compétition, et à l’époque ça avait fait un peu de bruit quand même, car beaucoup de joueurs (dont moi !) ont été repérés à cette occasion… C’est comme ça que je suis parti rejoindre les Cadets Toulousains avec 2 de mes copains de Sélection, Julien Laurencich (lui aussi de Cavaillon) et Romain Levigouroux. A l’époque, c’est Maurice Pauzin qui m’a vraiment aidé à prendre cette décision, lourde de conséquences pour mon avenir.

logo stade toulousainL’arrivée à Toulouse n’est pas simple pour le « petit » Cavaillonnais que je suis… je n’ai pas encore 16 ans, je change de ville, je change de région, je change de vie ! C’est la première fois que je m’éloigne de mes parents (ça a été très dur pour ma mère de voir s’éloigner ainsi le 4ème de ses 5 enfants !). Heureusement, je suis accueilli en Haute-Garonne par des gens extraordinaires qui facilitent mon intégration là-bas, en particulier Maxime Boyer, un de mes co-équipiers avec qui je partage aussi le même lycée. Ses parents m’ont accueilli et hébergé chez eux un grand nombre de fois, et j’adresse un grand clin d’œil à Claude et Pascale en souvenir de tout ce qu’ils ont fait pour moi.

panneau aurillacSur le terrain, je mets un peu de temps à m’intégrer et à jouer… Jusqu’au 20 novembre 2004, où, enfin, je fais mon premier match officiel avec les Alamercery Toulousains, à Aurillac. Ce jour là, ça se passe super bien pour moi sur le pré, je gagne mes premiers galons, et je suis définitivement accepté par l’équipe, entraînée alors par Philippe Gleyze et Jean-Michel Giraud. Au total, je ferai 4 saisons au Stade Toulousain, après être passé par les Alamercery, les Crabos et les Reichel (entraînés par Samuel Lacombe et Joël Dupuis)… Et en 2007, c’est pour moi la consécration : j’ai 19 ans et je fais mon premier match en Pro sous le maillot du Stade Toulousain à Ernest-Wallon, face à Biarritz.

année 2008La saison 2007/2008 est une année charnière pour moi… Je change de stature sur le terrain (je crois que c’est l’année où j’ai joué à mon meilleur rugby !), je dois veiller au bon déroulement de mes études, je joue avec les Espoirs qui s’entraînent en opposition de la Une, dont je rejoins l’effectif à 3 occasions dans la saison. A l’époque, c’est le Stade Toulousain des Yannick Jauzion, Cédric Heymans, Jean-Baptiste Elissalde, Bayron Kelleher, Jean Bouilhou, Fabien Pelous, etc… Qui sera d’ailleurs Champion de France 2008.

logo fcg rugbyEt puis, en cette fin d’année 2008, avec la disparition de Maurice Pauzin, je perds vraiment un guide… Maurice venait assister à tous mes matchs depuis Cavaillon et il m’aidait beaucoup dans ma vie personnelle, alors, qu’il parte à ce moment là de ma carrière rugbystique, dans laquelle j’étais en train de passer un cap, ça m’a vraiment déstabilisé… Sur un coup de tête, impatient, appelé par Grenoble qui me propose un contrat Espoirs Pro de 2 ans, je décide de quitter Toulouse. Même si aujourd’hui je ne regrette rien de cette décision, parfois je me dis quand même : « Qu’en aurait-il été si j’étais resté là-bas un an de plus ? ».

adil action jeu grenoble vs la rochelle 2009

2009 : Adil sous le maillot Grenoblois

J’ai 20 ans et je rejoins donc en Isère, une région que je ne connais pas du tout, le groupe Professionnel du FC Grenoble… Au début ça se passe plutôt pas mal pour moi… Je fais de très bons matchs amicaux lors de la reprise, et dès le mois d’août je me sens bien intégré dans le groupe, coaché par Franck Corrihons et Sylvain Bégon. Il y a une saine concurrence au poste de n°9, que je dispute à Pierre Rochette et Thomas Servian, et cette année là, je fais de très belles rencontres, comme celles de Thomas Bianchin (l’actuel talonneur de Pau) et Raphaël Lakafia… On était toujours ensemble tous le 3 et une belle amitié est née entre nous.

 

La saison suivante (2009/2010) est beaucoup plus compliquée pour moi dans le Groupe de la 1ère, et je ferai toute l’année avec les Espoirs Grenoblois, une équipe dans laquelle, aux côtés de garçons comme Benoît Lolito, je retrouve vraiment le plaisir de jouer, une dimension essentielle pour moi dans ce sport… Et cette année-là, nous serons Champions de France, en battant le LOU à Saint-Marcel-Bel-Accueil.

 

logo colomiersPuis je quitte les Alpes, direction… l’U.S. Colomiers, alors coachée par Nicolas Hallinger. Là encore on est 3 au poste de n°9, je fais pas mal de matchs en Pro D2 et je suis titulaire à Carcassonne et à Pau en février… Et puis, un remaniement dans l’encadrement sportif change la donne… Le rideau tombe pour moi jusqu’à la fin de saison… Un moment pas facile à vivre, avec une grosse baisse de moral à la clé !

 

logo as maconC’est alors que Jean-Henri Tubert, le coach de l’AS Mâcon, m’appelle, et me propose de rejoindre son club en Fédérale 1… Et si j’accepte de redescendre d’un niveau, c’est avec enthousiasme que je prends la décision de rejoindre la Saône-et-Loire (une autre région que je ne connaissais pas !) pour me confronter à un nouveau challenge qui me permettra de retrouver du temps de jeu… Et du plaisir.

C’est en n°9 que j’aborde cette saison 2011/2012 avec les « Rouge & Bleu » Mâconnais, poste sur lequel est également positionné Mickaël Campeggia, en provenance du C.S. Bourgoin-Jallieu. En cours de saison, on a un problème d’effectif à l’arrière, et Jean-Henri Tubert me propose le n°15… Bien que je n’aie jamais joué à ce poste, j’accepte, et ça se passe super bien ! C’est même une révélation pour moi… Je me rends compte que ce poste d’arrière me correspond bien, qu’il il me donne le temps de voir les choses en attaque, en défense, et de saisir les opportunités qui en découlent. Cette année là on fait une belle saison… Le club se qualifie pour la 1ère fois, et on doit jouer un 1/8ème de finale du Championnat de France de Fédérale 1 logo ambulance hopital pixabaycontre… Ironie du sort… Colomiers, le club d’où j’arrivais… Alors, je suis super motivé pour les affronter ! Mais le sort s’en mêle à nouveau… Le mercredi avant le match, j’ai une énorme douleur au ventre… Le vendredi je vais aux urgences… Crise d’appendicite… Je ne jouerai pas dimanche contre l’US Colomiers… Un truc de dingue… C’est la vie !

 

Je resterai 3 saisons à Mâcon, 3 magnifiques saisons où on se qualifiera à chaque fois et où le club progresse vraiment, et au cours desquelles j’occuperai également le poste de n°10, devenant ainsi un « polyvalent » des lignes arrières. On fera un ¼ de finale du Championnat de France en 2014, qu’on perdra malheureusement contre Lille.

adil a macon

Adil (au centre de la photo) avec les Mâconnais qui fêtent la victoire dans les vestiaires en compagnie des jeunes de l’école de rugby

 

logo chalonEt puis Chalon-sur-Saône, qui évolue aussi en Fédérale 1 et est coaché par Eric Catino, me fait une belle proposition… J’ai 26 ans, je suis très bien à l’AS Mâcon, mais cette proposition, je peux difficilement la refuser… Alors je prends la décision d’y aller. Je suis promu capitaine en n°10 dès le début de la saison, on a une belle équipe, mais on n’arrive pas à se qualifier, et la saison suivante, 2015/2016, c’est la catastrophe, le club subit d’énormes problèmes financiers et part en vrille… On arrive à jouer jusqu’en décembre, et puis… C’est la fin, tout s’écroule.

En avril 2016, Alain Piguet, le Président de l’AS Mâcon, m’appelle et me propose de revenir jouer au club… Il me propose aussi de passer un Diplôme d’Etat d’Entraîneur, quelque chose qui me tenait vraiment à cœur et qui tenait aussi beaucoup à cœur à mes 2 éducateurs de toujours, Maurice Pauzin et Jean-Louis Garcia… Alors, bien sûr, c’est avec plaisir que je rejoins à nouveau les « Rouge & Bleu » Mâconnais.

 

logo federation maroc rugbyParallèlement à ce parcours dans le Championnat Français, je suis appelé en 2005 par la Fédération Marocaine (par l’intermédiaire de l’ancien Toulousain Karl Janik) pour intégrer l’Equipe Nationale Juniors qui prépare la Coupe d’Afrique des -19 en Namibie… Ce sera ma première expérience internationale. La saison suivante on loupe de justesse (5 à 7, à la dernière seconde du match !) chez nous, contre le Zimbabwé, la qualification à la Coupe du Monde qui se déroulait en Irlande… Grosse déception !

adil sélection maroc 2011action jeu 1

2011 : Adil et le 7 Marocain sont finalistes du Tournoi de Benidorm en Espagne, remporté par les Gallois

En janvier 2007, j’ai 18 ans, je pèse 63 kilos ( !), et je fais partie de l’équipe du Maroc qui, coachée par Claude Saurel, joue la qualification pour la Coupe du Monde… On a un match à gagner… Contre le Portugal, chez lui… On perd 16 à 15 ! Mais cette expérience m’a énormément fait grandir, au contact de grands joueurs comme Djalil Narjissi, Abdellatif Boutaty, Fayçal Boukanoucha, Mohamed Benbouhout… Des gars plus âgés que moi, mais avec qui j’étais vraiment en phase totale et pour lesquels le jeune que j’étais avait énormément de respect.

Sélection maroc a 15

Juillet 2016 : le XV Marocain au Tournoi de Casablanca. Adil (6ème à gauche) est au milieu de ses potes qu’il accompagne pour certains depuis 2007, comme son éternel capitaine Abdellatif Boutaty (au 1er plan) ou encore Loukrassi Mohamed et Nabil Jelti.

adil tunnel 7 vs all blacks

2011 : Adil en tête du 7 Marocain qui s’apprête à affronter les All Blacks au Tournoi de Porth Elisabeth en Afrique du Sud

Et donc depuis 2007, c’est à mon tour d’être aujourd’hui considéré comme un « ancien » (bien que je n’aie que 28 ans !) de l’Equipe Nationale du Maroc… J’ai une trentaine de sélections à mon actif sous le maillot marocain, que ce soit à 15 ou à 7. Malheureusement, on est une Fédération qui ne joue pas beaucoup de matchs internationaux, et c’est pour ça qu’on a du mal à progresser sur l’échiquier mondial, notamment à XV. Par contre, à 7, on a une très belle génération de joueurs, qui a déjà eu l’occasion de participer à de très gros tournois, comme aux qualifications aux World Series à Hong-Kong (où on fait un ¼ de finale et où je suis élu dans la « Seven Team » du Tournoi !), en Afrique du Sud (où on a joué les Blacks !), ou encore à Monaco en juin dernier en vue des qualifications aux J.O. de Rio… Oui, vraiment, je suis convaincu qu’on dispose d’un bon potentiel pour aborder l’avenir, il nous suffit juste de moyens supplémentaires pour y parvenir.

Sélection à 7 Maroc - Photo Paul Lecomte

Avril 2016 : Hong Kong Sevens… Le 7 Marocain ne chutera qu’en ¼ de finale, et Adil (3ème à gauche assis) sera consacré dans la « Seven Team » du Tournoi.

 

Si parmi tous les magnifiques moments que tu as vécus sur la Planète Rugby tu ne devais m’en confier que 3… Des moments que tu as bien ancrés en toi… Ce serait lesquels ?

Ah oui, des moments magnifiques que je dois au rugby, j’en ai tellement ! Ce qui est sûr, c’est que ma saison 2003/2004, avec les Cadets du Stade Union Cavaillonnais, celle-là, elle est gravée au fond de mon cœur… On est toute une génération de potes à jouer ensemble depuis 5 ou 6 ans… On est ensemble au rugby, on est ensemble en dehors du rugby… On vit, on dort, on mange rugby… C’était un grand bonheur de vivre ça collectivement, emmenés par Maurice Pauzin et Jean-Louis Garcia, avec, cerise sur le gâteau, l’obtention des titres de Champions de Vaucluse et de Champions de Provence.

amis d'enfance adil

2003/2004 : Adil (à droite) avec ses potes d’enfance à Cavaillon (de gauche à droite : Kamel Fatmi, Farid Imoussaten, Chaker Zeroual et Than Do Viet)… Champions de Vaucluse et Champions de Provence !

 

ballon stade toulousainAprès, le « grand moment » qui me revient là, c’est mon premier match en TOP 14 avec le Stade Toulousain à Ernest Wallon, contre le Biarritz Olympique… Je n’ai pas encore 19 ans à l’époque… Les coachs me font rentrer à la 60ème minute, et je me retrouve au milieu de gars que j’admire depuis longtemps… Je te laisse imaginer l’émotion.

 

adil dream team du 7

Et oui… Adil est dans la « Dream Team » du Hong-Kong Sevens 2016… Chapeau bas Monsieur !

Et puisque je n’ai le droit ici qu’à 3 souvenirs, je terminerai par le Hong-Kong Seven en juin 2016, avec la Sélection à 7 du Maroc où on joue la qualification pour le World Series… Ce tournoi réunit ce qui se fait de mieux dans le Rugby à 7, une discipline que j’affectionne vraiment, et on y était ! Cette affection pour le 7, je la dois principalement à un homme, Christophe Rouchaléou… Christophe connaît cette pratique de fond en comble, et si j’ai pu évoluer à haut niveau, c’est vraiment grâce à lui et à la science qu’il m’a transmise. Et puis, la prestation que j’ai réalisée à Hong-Kong m’a aussi permis de rejoindre l’équipe des Samuraï, avec laquelle j’ai joué en octobre dernier au Nigeria, où on a gagné le tournoi… Que du bonheur !


ICONE-VIDEOHong-Kong Seven 2016 : Essai d’Adil face au Tonga


 

adil et les samourai

Octobre 2016 : Adil (2ème à gauche au 1er rang) fait partie de la sélection des Samuraï, vainqueurs du tournoi à de Lagos au Nigeria

 

Tu joues à l’AS Mâcon Rugby… Que peux-tu nous dire de ce club dans ses grandes lignes ?

logo as maconPensionnaires de la Fédérale 1, nous sommes entraînés par Roger Ripol (un ancien talonneur de Mâcon avec qui j’ai joué en 2012 et 2013) et Julien Lestang, qui ont pris la succession de Jean-Henri Tubert en début de saison. Nous sommes actuellement dans le haut de la Poule 4 de Fédérale 1, et l’objectif du club, présidé par l’emblématique Alain Piguet, est clairement de terminer dans les 3 premiers et de se qualifier… Nous bataillons ferme pour l’instant avec Strasbourg et Castanet.

equipe 1ère AS Macon saison 2016-2017

Equipe 1ère de l’A.S. Mâcon, saison 2016-2017… Adil est le 5ème à gauche accroupi au 1er rang

 

photo seniors as macon 2On a ici un très beau public, que j’aime beaucoup… Les gens sont fidèles, et nombreux sont ceux que je connais depuis ma première venue ici en 2011. J’essaie de partager au maximum avec les supporters et les nombreux dirigeants et bénévoles du club… L’AS Mâcon, c’est un club où, dès que tu y entres, tu es adopté, car il y règne comme un air de famille, propice à y faire une longue carrière… D’ailleurs, beaucoup de joueurs actuels ont participé à la montée du club en Fédérale 2 en 2010.

L’AS Mâcon, c’est aussi un club où il y a beaucoup d’échanges entre les Seniors et les photo seniors as macon 1catégories Jeunes, à l’image, entre autres, de Nicolas Pommerel, 3ème ligne en Equipe Première et qui est Responsable de l’école de rugby, ou de César Popescu, une ancien joueur qui s’occupe aujourd’hui des U16. J’interviens moi-même au Centre de Formation où je côtoie les U16 et U18… On est ainsi nombreux à être inscris dans le projet du club pour préparer l’avenir.

 

Qu’est-ce que le rugby t’a appris de plus important ?

adil coupe d'afrique juillet 2016

Adil (en bas au centre) avec l’Equipe du Maroc lors de la Coupe d’Afrique en juillet 2016

Franchement, ce qui me vient en premier, c’est la convivialité. Moi qui vient des quartiers et qui a tâté un peu du ballon rond quand j’étais tout gamin, j’ai trouvé dans le rugby quelque chose d’exceptionnel, une ambiance familiale que je n’avais connue nulle part ailleurs. Quand tu joues au rugby, ta relation avec tes coéquipiers ne se limite pas seulement au terrain, elle va bien au-delà, et tu partages beaucoup de choses avec eux dans ta vie de tous les jours… C’est ça que j’adore dans ce sport !

 

Quelle est ton projet professionnel ?

Je suis en cours de formation au CREPS de Voiron pour obtenir mon Diplôme d’Etat d’entraîneur. J’aimerais plus tard pouvoir prendre des responsabilités au niveau du Centre de Formation, car les jeunes, c’est un public qui me va bien. J’aime être au contact de ces gamins qui ont de 16 à 18 ans et qui sont potentiellement les espoirs du club. Ils ne sont pas là par hasard, ils sont hyper motivés, et travailler à leur côté pour les faire progresser est un pur bonheur. Et puis il est important de leur faire comprendre que s’ils doivent bosser leur rugby, ils ne doivent pas oublier en même temps de bosser à l’école, car c’est à cet âge là que l’avenir se dessine vraiment pour eux… C’est une période de la vie qui n’est pas simple, j’en sais quelque chose.

adil coupe d'afrique juillet 2016 vs ile maurice

Adil (en bas à gauche) avec le XV Marocain lors de la Coupe d’Afrique 2016, juste avant d’affronter l’Île Maurice

 

Tu vis à Mâcon, Préfecture de la Saône-et-Loire… Qu’apprécies-tu le plus dans cette région ? Et tes origines étant marocaines, tu essaies d’aller rendre visite le plus souvent possible à tes grands-parents… Dis-nous, c’est comment là-bas, et qu’aimes-tu y faire ?


Mâcon, Saône-et-Loire (71)


J’aime l’ambiance de Mâcon, une ville provinciale qui avec ses 35.000 habitants reste à taille humaine, contrairement aux grandes villes où tu peux vite te retrouver dans l’anonymat. Il y a ici, dans la ville natale de Lamartine, une belle qualité de vie, et, bien sûr, le pays est bien connu pour tous les excellents vins qu’il produit… Même si en ce qui me concerne je ne bois pas de ces délicieux breuvages, je sais indiquer toutes les bonnes adresses aux amis qui viennent me rendre visite ici !

Wikipedia-Quais de Mâcon-CC BY SA 4.0

Vue de Mâcon, depuis la Saône.

 

Quand au Maroc, oui, effectivement, ma famille est originaire des montagnes du Rif, mais je suis né à Tétouan, où j’essaie de retourner régulièrement pour aller rendre visite à mon grand-père paternel, Mohamed, qui est installé là-bas, ainsi qu’à ma grand-mère maternelle, Hadhom, qui elle réside à Larache. Mes grands-parents représentent un lien vital pour moi, j’ai besoin d’aller les retrouver… Sans eux, mes parents ne seraient pas là, et donc moi non plus.


Tétouan, Maroc


Tétouan… Entre Rif et Mer.

J’aime Tétouan, située en bord de mer au nord du Maroc… Pour moi, c’est le Saint-Tropez marocain, et passer l’été là-bas, c’est fantastique. Et j’aime aussi aller séjourner dans le Rif, où tu te retrouves au plus près de la nature… là-bas tu bois l’eau du puits, tu manges les figues fraîches sur l’arbre, et l’électricité n’a été amenée que depuis peu de temps… Je me rappelle que quand j’y allais gamin avec mes parents, ont s’allumait aux bougies. Je suis heureux aujourd’hui de faire découvrir tous ces endroits à Fatima, ma femme.

 

C’est Noureddine Abdelaouhed qui, depuis Arles, t’a fait une belle passe croisée… Quel message lui adresses-tu en retour ? Et puis, maintenant, c’est à ton tour de passer le ballon…

Je remercie sincèrement Noureddine d’avoir pensé à moi pour cette passe symbolique, ça me touche beaucoup. On partage ensemble, entre autres, un magnifique souvenir à l’occasion du Tournoi à 7 de Monbasa, au Kenya, auquel j’avais participé avec l’équipe du Maroc en 2013. Noureddinne Abdelaouhed était le Manager Général de l’équipe, entraînée par Christophe Rouchaléou, et nous avions remporté la Plate en battant en finale le Kenya B sur ses terres… Un bel exploit !

2013 victoire plate kenya 2

2013, Monbasa (Kenya) : Adil (2ème accroupi à droite) remporte la Plate avec le Maroc 7… Noureddine Adbdelaouhed brandit le trophée, et le coach Christophe Rouchaleou (à gauche) ne peut qu’applaudir ses troupes !

Et ce ballon Puissance 15, j’aimerais maintenant pouvoir le transmettre à Thomas Bianchin, que j’ai rencontré lors de mon passage au F.C. Grenoble, et qui joue aujourd’hui à Pau… Je sais qu’il saura le faire fructifier.

 

Adil, si tu veux, on se quitte avec une chanson que tu aimes bien… Tu nous fais écouter quoi ?

La musique que j’apprécie le plus et qui me représente bien, je crois, c’est celle chantée par le public du Rugby Sevens en général, et en particulier celui de Hong-Kong !


ICONE-VIDEOLes chants du Hong-Kong Sevens


 

ICONE-WEB Site Internet de l’A.S. Mâcon Rugby

 

ICONE-CREDITS

Interview : Frédéric Poulet

Photos : Photo de « Une » d’Adil : AA / Photos « Rugby » d’Adil : Archives d’Adil et site Internet de l’AS Mâcon / Chiffre « 9 » e ambulance : Pixabay / Vue Mâcon : Wikipedia-Chabe01-CCBY SA 4.0 / Vue Tetouan: Fotolia 96862703

Eu égard aux droits qui leur seraient associés, nous nous engageons à enlever les illustrations présentes dans cet article, sur simple demande de leurs auteurs.


ICONE-ESPACE

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *